Prière à Gethsémani, deuxième partie : Jésus prie le Père
(Mc 14, 35-36; Mt 26, 39; Lc 22, 41-42)


Sommaire

En s’éloignant des disciples, Jésus vit une certaine aliénation dans le fait que les disciples sont incapables de le suivre. Mais le fait que cette distance n’est pas très grande exprime l’idée qu’il demeure en relation avec ses disciples. Chez Marc, la prière est exprimée en forme indirecte, puis en forme directe, une façon d’insister sur cette prière. Cette prière est d’abord centrée sur l’heure, qui a non seulement une signification chronologique, mais aussi eschatologique : la mort de Jésus est associée à la fin des temps, à ce combat ultime contre les forces du mal. Cette prière est également centrée autour de la coupe, une coupe qui ne renvoie pas à la colère de Dieu, mais à la souffrance et à la mort de Jésus, et qui est reliée à la grande épreuve avec une connotation à la fois historique et eschatologique.

Marc met dans la bouche de Jésus le mot « abba », père, une translittération grecque du mot araméen ʼabbāʼ . Dans l’Ancien Testament, l’utilisation de « Père » pour désigner Dieu survient en référence à Israël comme peuple, mais pas dans la prière personnelle de l’individu. À l’inverse, l’usage de « Père » pour s’adresser à Dieu tend à se multiplier dans le Nouveau Testament. Tout cela pointe vers une tradition qui remonte probablement à Jésus lui-même. Quant au contenu de la prière de Jésus, on peut faire un parallèle avec la prière du « Notre Père » que Jésus a laissé à ses disciples. Ainsi, même si les évangélistes n’ont pas reproduit ce qui s’est vraiment passé à Gethsémani ou le contenu historique de la prière de Jésus, la tradition laissée par Jésus sur la prière était suffisante pour qu’on réutilise les mêmes formules lorsqu’il fut confronté à sa propre mort et en intégrant le même type d’obéissance.


  1. Traduction
  2. Commentaire
    1. Jésus va un peu plus loin et est prostré ou pose le genou
    2. La prière concernant l’heure et la coupe
      1. La double prière marcienne dans un discours indirect et direct
      2. L’heure
      3. La coupe
    3. Les autres aspects de la prière
      1. « Abba, Père »
      2. Que la volonté de Dieu se fasse

  1. Traduction

    Les passages parallèles sont soulignés. Les parenthèses carrées [] indiquent des parallèles trouvés dans une autre séquence dans les évangiles.

    Mc 14Mt 26Lc 22Jn 12
    35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s'il était possible, cette heure passât loin de lui.39a Étant allé un peu plus loin, il tomba face contre terre en faisant cette prière: 41 Puis il s'éloigna d'eux d'environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant:27b [Et que dire? Père, sauve-moi de cette heure! Mais c'est pour cela que je suis venu à cette heure. 28a Père, glorifie ton nom!"
    36 Et il disait: "Abba, Père, tout t'est possible: éloigne de moi cette coupe; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux!"39b "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux."42 "Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse!"18, 11 (après la demande de Jésus à Pierre de rentrer le glaive dans son fourreau) La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas? ]

  2. Commentaire

    1. Jésus va un peu plus loin et est prostré ou pose le genou (Marc 14, 35a; Matthieu 26, 39a; Luc 22, 41)

      1. « Étant allé (proerchomai) un peu (mikron) plus loin ». Les deux mots proerchomai et mikron (au sens spatial) sont très peu usités dans le Nouveau Testament.

      2. « Puis il s'éloigna (apospaō) d'eux d'environ (hōsei) un jet de pierre ». Nous avons ici un vocabulaire typiquement lucanien. Le mot apospaō signifie : s’arracher de, s’éloigner de. L’expression « jet de pierre » existe dans le grec classique, mais pas dans la Septante. Ainsi, cette distance signifie que Jésus gardait contact avec ses disciples, sans pouvoir préciser si on pouvait le voir ou l’entendre.

      3. S’éloigner pour prier est attesté dans l’Ancien Testament (voir Abraham en Gn 22,5; ou Moïse en Ex 19, 17), mais chez Marc cela implique aussi une certaine aliénation par rapport à ses disciples qui ne peuvent le suivre. De la même façon, même si le geste de se prosterner est bien connu dans l’Ancien Testament (Lot se prosterne face contre terre devant les deux anges, Gn 19, 1), Marc accentue la détresse de Jésus en disant qu’il tombe par terre. Matthieu adoucit le portrait en reprenant l’image vétérotestamentaire du visage contre terre, tout comme Luc en parlant simplement d’un genou par terre.

    2. La prière concernant l’heure et la coupe (Marc 14, 35b-36; Matthieu 26, 39b; Luc 22, 42)

      1. La double prière marcienne dans un discours indirect et direct

        1. Les deux textes sur la prière de Jésus présentent un certain parallélisme.
          v. 35v. 36
          il priait pour que,Et il disait:
          s'il était possible,Abba, Père, tout t'est possible:
          cette heure passât loin de lui.éloigne de moi cette coupe

          Les deux versets reflètent sans doute une tradition préévangélique. Cette répétition constitue un style narratif efficace, car le premier verset introduit le deuxième pour obtenir toute notre attention et insister sur le sérieux de la situation. Marc a recours à ce procédé tout au long de la scène de Gethsémani.

        2. La prière indirecte est tempérée par la condition « s’il était possible », tandis que la prière directe est nuancée par : « pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Cette condition et cette nuance sont requises par le fait même que Jésus a annoncé auparavant ses souffrances et sa crucifixion comme volonté de Dieu. Certains biblistes ont vu un problème avec cette prière de Jésus qui veut éviter ce qui l’attend. En fait, ils ont mal compris la relation entre la prière et la volonté divine : la prière exprime la confiance en l’amour de Dieu et au fait qu’il écoutera et y répondra si cela correspond à sa Providence. On a plusieurs exemples dans l’Ancien Testament, comme la prière de Moïse à la suite de l’incident du veau d’or (Exode 32, 10-14), ou celle de David dans ce même jardin des Oliviers demandant de pouvoir retourner à Jérusalem (2 Samuel 15, 25-26).

      2. L’heure (Marc 14, 35)

        1. Dans cette prière indirecte, la condition « s’il était possible » exprime le désir de se réconcilier avec le plan de Dieu annoncé dans les prédictions précédentes. Ce plan est exprimé sous le vocable « heure » que n’a pas inventé Marc, mais qu’il a probablement trouvé dans sa tradition préévangélique : car non seulement il est apparu plus tôt dans un passage eschatologique où Jésus avoue ne pas connaître l’heure choisi par Dieu (13, 32), un indice d’un passage qui pourrait remonter au Jésus historique, mais il se retrouve également ailleurs dans le Nouveau Testament chez des auteurs qui n’ont pas connu Marc (voir par exemple Jean 2,4; Romains 13, 11).

        2. Jusqu’où peut-on donner au vocable d’heure une connotation eschatologique en plus de sa connotation historique? Chez le prophète Daniel, l’heure a clairement une dimension eschatologique où elle décrit la fin des temps avec les tribulations et l’intervention de l’archange Michel pour délivrer son peuple (voir Daniel 11, 35.40; 12, 1, 4). Chez Marc 13, 32-33, l’heure s’accompagnait des signes eschatologiques. Mais peut-on également associer l’heure de la mort de Jésus à l’heure eschatologique? Oui, parce que le ministère de Jésus a été présenté comme un long combat contre le démon et les forces du mal, et que sa mort sera décrite comme le fait pour le Fils de l'homme d’être livré aux mains des pécheurs; ce combat avec les pécheurs, une forme de guerre sainte, est un aspect de la venue du Règne.

      3. La coupe (Marc 14, 36 et parallèles)

        1. La Septante a utilisé le mot grec potērion (coupe) par traduire habituellement le mot hébreu kôs. La plupart du temps, « coupe » a un sens symbolique, et il renvoie avant tout à la coupe de la colère. Cette perception est très répandue dans le Proche Orient ancien, et on la retrouve dans l’Ancien Testament où le coupable doit boire la colère ou la punition de Dieu (Is 51, 17; Jr 25, 15-16; 51, 7; Ez 23, 33; Ps 75, 9). Cela pose un problème avec Jésus : comment pourrait-il être coupable ou objet de la colère de Dieu?

        2. Marc 10, 38-39 présente cette scène où Jésus pose à Jean et à Jacques cette question : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé? » Ici, impossible d’associer la coupe à la colère de Dieu. L’explication la plus simple est d’y voir la coupe de la souffrance que Jésus a déjà commencé à boire, une coupe qui aura son point culminant dans l’angoisse de la mort comme criminel. Ainsi, Jacques et Jean sont appelés à être plongés dans les eaux de l’affliction dans leur proclamation du Règne de Dieu.

        3. Aussi, en Marc 14, 36, la coupe est associée à cette morte horrible qui fait partie de la grande épreuve. On peut voir des éléments traditionnels de la colère de Dieu dans le fait que le contexte apocalyptique nous présente le grand combat des derniers temps où Dieu vaincra finalement le mal. Ainsi, la coupe, tout comme l’heure, est reliée à la grande épreuve qui a une connotation à la fois historique et eschatologique.

        4. Jésus avait déjà fait référence à la coupe lors de son dernier repas (14, 23-24) : « prenant une coupe, il rendit grâces… Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude». Jésus y exprime son don total de lui-même. Regretterait-il ce don total à Gethsémani? Comme tout être humain, Jésus y apprend l’obéissance à la volonté de Dieu à travers la souffrance.

        5. Matthieu et Luc ont tenté d’adoucir ce portrait très dur du Jésus de Marc et ont omis cette prière sur l’heure dans le discours indirect. Regardons de plus près la prière sur la coupe où le ton s'adoucit constamment.

          Mc 14, 36aMt 26, 39bLc 22, 42a
          Abba, Père, tout t'est possible Mon Père, s'il est possible Père, si tu veux

          Luc utilise abondamment « vouloir » (boulomai), (sur les 37 utilisations dans le NT, 16 fois dans son évangile et les Actes) où c’est Dieu qui est sujet. Ce mot véhicule chez lui l’idée d’une décision divine préétablie. Ainsi, son Jésus cherche à s’enquérir sur la direction du plan divin.

        6. Jean élimine complètement cette demande d’éviter l’heure, au point de demander à Pierre de ranger son glaive, car pour lui l’heure est celle de glorification du Fils de l’homme.

    3. Les autres aspects de la prière

      1. « Abba, Père »

        1. Tous les évangélistes ont recours au mot « Père » (patēr) dans la prière de Jésus, et Marc ajoute abba, la translittération grecque du mot araméen ʼabbāʼ. Ce dernier dérive de ʼab (père), lorsqu’il se retrouve à l’état emphatique irrégulier, pour rendre l’expression grecque ho patēr, un nominatif utilisé de manière vocative. Dans tout le NT, il apparaît seulement trois fois : Marc 14, 36; Galates 4, 6; Romains 8, 15.

        2. Dans un manuscrit de la mer Morte (4Q372), nous avons un exemple de quelqu’un qui s’adresse à Dieu avec « Mon Père » (ʼābî). Dans la Septante, cette traduction grecque de l’Ancien Testament, on peut relever plusieurs cas où on s’adresse à Dieu avec l’expression « Père » ou « Mon Père », et c’est le cas pour Jésus dans les évangiles. Aussi, on ne peut pas simplement assumer qu’à chaque fois que Jésus s’adresse à Dieu comme son Père, il s’agit du mot araméen ʼabbāʼ. Quand on regarde la période qui s’étant de 200 ans av. J.-C. à deux cents après, on note qu’il est normal pour un enfant de s’adresser à son père avec ʼăbî (mon père). Mais il n’y a aucune donnée dans la littérature judaïque pour appuyer l’idée que ʼabbāʼ était utilisé pour s’adresser à Dieu dans une prière personnelle.

        3. Jésus s’est-il vraiment adressé à Dieu avec l’expression « Père »? Dans l’Ancien Testament, l’utilisation de « Père » pour désigner Dieu survient en référence à Israël comme peuple (Deutéronome 32, 6 : Est-ce là ce que vous rendez à Yahvé? Peuple insensé, dénué de sagesse! N'est-ce pas lui ton père (ʾābîkā), qui t'a procréé, lui qui t'a fait et par qui tu subsistes? voir aussi Is 63, 16). Quand on se tourne vers le NT, on se rend compte que son usage tend à se multiplier : 3 fois en Marc, 4 fois dans la source Q, 4 fois dans le matériel spécial de Luc et 3 fois dans celui de Matthieu, et 100 fois chez Jean. Cette attestation multiple pointe vers une tradition préévangélique. Il est donc plausible que nous soyons devant une pratique mémorable et historique qui remonte à Jésus lui-même. Mais on ne pas pour autant y voir la signification christologique du Fils unique de Dieu, qui présuppose un long développement théologique.

        4. Peut-on aller jusqu’à dire que nous sommes devant les paroles mêmes de Jésus. Certains biblistes le croient en s’appuyant sur l’épitre aux Hébreux 5, 7-8 : « C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété, tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance ». On oublie de distinguer entre une demande d’être sauvé de la mort (Hébreux), et celle d’être sauvé de l’heure (Gethsémani). Néanmoins, on peut reconnaître que nous sommes devant une ancienne tradition d’un Jésus en prière.

        5. Enfin, on peut observer que Marc s’est éloigné des paroles mêmes de Jésus, car Jésus n’a certainement pas prié en même temps en araméen et en grec. Mais cette prière reflète une forme araméenne que Jésus a probablement utilisée, et qui a été translittérée en grec pour servir à la prière chrétienne. Le fait même qu’on la retrouve chez saint Paul suggère que Marc a mis sur les lèvres de Jésus une formule connue de prière chrétienne hellénistique. Cela est confirmé par l’expression qui suit : tout t'est possible, car elle est typique de la prière gréco-romaine, comme on le voit dans la Septante chez Zacharie 8, 6 : « Voici ce que dit le Seigneur tout-puissant : Si en ces jours cela est impossible aux yeux de ceux qui sont restés de ce peuple » (le texte hébreu dit plutôt : « Ainsi parle Yahvé Sabaot. Si c'est un miracle aux yeux du reste de ce peuple »).

      2. Que la volonté de Dieu se fasse

        Voici la liste des références à la volonté de Dieu. Les parenthèses carrées [] indiquent les mots qui ne se retrouvent pas dans le texte grec, mais qu’il faut ajouter en français pour traduire le sens.
        Marc 14, 36pourtant (alla), pas ce que je veux, mais (alla) ce que tu [veux]
        Matthieu 26, 39Cependant (plēn), non pas comme je veux, mais (alla) comme tu [veux]
        Matthieu 26, 42que ta volonté (thelēma) soit faite (ginomai)
        Luc 22, 42asi tu veux
        Luc 22, 42bCependant (plēn), que ce ne soit pas ma volonté (thelēma), mais (mais) la tienne qui se fasse (ginomai)

        1. Il y a un certain parallélisme entre Matthieu et Luc, non seulement en ce qu’ils évitent un « mais » (alla) initial, mais ils utilisent tous les deux les mots « volonté » (thelēma) et « arrive / se fasse » (ginomai). Il s’agirait ici de l’influence sur les évangélistes d’une tradition orale commune sur la prière.

        2. La prière du « Notre Père » faisait certainement partie de cette tradition. Chez Matthieu, nous avons « Notre Père », mais chez Luc simplement « Père » avec un impératif, ce qui est probablement la version originelle. Cela est suivi de trois demandes parallèles (deux chez Luc indiquées par un astérisque) : *Que ton nom soit saint
          *Que ton règne vienne
          Que ta volonté soit faite, comme au ciel ainsi sur la terre

          Le texte grec contient des aoristes au passif, un passif qui indique que c’est Dieu qui agit, posant une action eschatologique qui permettra de reconnaître la sainteté de son nom (Ézéchiel 36, 22-23) et mettra en œuvre sa volonté. Il y a un parallèle clair entre la troisième demande et la prière concernant la coupe à Gethsémani.

        3. Chez Jean, Jésus prie en disant : « Père, glorifie ton nom » (12, 28a). Cette demande est très près de la première demande du « Notre Père » de Matthieu et Luc (que ton nom soit saint). Aussi, peut-on affirmer que la prière de Jésus à Gethsémani tant chez les synoptiques que chez Jean trouve un parallèle avec les formes anciennes de la prière chrétienne dont le « Notre Père » nous donne un écho.

        4. Enfin, la sixième et dernière demande du « Notre Père » chez Matthieu comporte deux requêtes (une chez Luc indiquée par un astérisque) : * Et ne nous soumets pas à l’épreuve (peirasmos)
          mais délivre-nous du Mauvais.

          Déjà, Jésus avait demandé à ses disciples de prier pour ne pas entrer dans l’épreuve lors du dernier repas dans les synoptiques, et Jean 17, 15 nous présente Jésus qui prie le Père pour ses disciples afin qu’Il les garde du Mauvais.

        5. Il faut reconnaître que tous ces parallèles ne sont pas accidentels. Le « Notre Père » avait probablement déjà une forme bien développée dans la prière des premiers chrétiens, une forme provenant sans doute d’une formulation associée à Jésus lui-même. Ici, Jésus demande d’éviter le peirasmos, la venue de l’heure, la coupe à boire, et espère la venue du règne, mais d’une autre façon. Il est futile de se demander si, à Gethsémani, les disciples étaient assez près de Jésus pour entendre sa prière : les chrétiens connaissaient assez bien comment Jésus priait, car leurs prières traditionnelles remontaient à Jésus, reflétant son style et ses valeurs.

        6. L’auditoire de Matthieu et Luc a devant elle un Jésus qui leur a montré à prier, et utilise lui-même les mêmes formules lorsqu’il est confronté à sa propre mort, et ainsi elle est appelée à son tour à dire « Père » en s’adressant à Dieu et à essayer d’intégrer dans sa vie le même type d’obéissance. L’auditoire de Marc, elle qui doit affronter sa propre épreuve, peut s’identifier à ce Jésus qui dit : « éloigne de moi cette coupe » après avoir demandé à Jacques et Jean s’ils étaient capables de la boire, sachant que tout est possible pour Dieu et que Jésus dira finalement « pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Enfin, l’auditoire de Jean, qui vient d’être expulsée des synagogues et affronte la persécution juive, est appelée à confesser Jésus sans ambiguïté, et donc reprend la prière de Jésus : « Père, glorifie ton nom ».

 

Brown v.1: Acte 1, scène 1 - #5. Prière à Gethsémani, deuxième partie : Jésus prie le Père pp 163-178 (version anglaise).


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