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Esther grec

Qu'est-ce que le livre d'Esther grec?

Si on prend la peine de parler d'un « Esther grec », c'est qu'il y a aussi un « Esther hébreu ». Pourtant, si la plupart des livres de l'Ancien Testament ont été écrits en hébreu, et traduit par la suite en grec dans ce qui constitue la Septante, on ne distingue pratiquement jamais les deux versions : par exemple, on ne parle jamais d'un « Exode hébreu » et d'un « Exode grec ». Pourquoi le faire avec le livre d'Esther? C'est qu'il y a une si grande différence entre la version hébraïque et la version grecque qu'il vaut la peine de la détailler. Mentionnons tout de suite que le texte grec dont nous parlons ici est la version commune (OG : Old Greek) connue d'Origène, et non celle plus courte, appelée texte-alpha selon l'édition de Göttigen (1966).

  1. C'est d'abord six sections ou récits qui sont ajoutés (identifiés par les lettres A à F dans le texte plus bas), si bien que sur les 270 versets du texte grec, 107 n'ont pas de parallèle dans le texte hébreu ou massorétique, i.e. 40%.

  2. Les traductions grecques de la Septante optent parfois pour une traduction serrée, parfois pour une traduction assez libre; la traduction de l'Esther grec ne fait pas exception, mais la liberté qu'elle se donne est plus grande, si bien qu'elle peut omettre des mots ou des phrases entières, par exemple lorsqu'elles apparaissent choquantes (un massacre), ou au contraire ajouter des mots ou des phrases pour clarifier les choses, sans mentionner les cas où elle donne une expansion à certaines scènes.

  3. Enfin, et surtout, la traduction grecque a fait du récit d'Esther un récit vraiment religieux : la version hébraïque ne mentionne jamais Dieu ou le Seigneur, tandis que dans la version grecque on retrouve 24 fois le mot « Dieu », et 23 fois le mot « Seigneur » pour désigner Dieu; pour l'Esther grec, c'est Dieu qui est intervenu pour sauver son peuple. Et de manière parallèle, dans la version hébraïque, personne ne prie, alors que la version grecque nous présente la longue prière d'Esther ainsi que celle de Mardochée. Sans la version grecque, on comprendrait mal ce que fait le récit d'Esther dans la Bible.

Composition

Commençons par regarder la séquence du récit (l'ajout des grandes sections par rapport au texte hébreu est souligné)

  1. Événements annonciateurs de l'avenir autour du Juif Mardochée (A, 1-17)
    1. Mardochée fait un rêve sur ce qui attend son peuple (1-11)
    2. Mardochée dénonce le complot de deux eunuques, suscitant l'inimitié d'Haman (12-17)
    3. Déchéance de la reine Astîn (1, 1-22)
    1. Le roi organise un grand banquet lors de son arrivée à Suse (1, 1-8)
    2. Affrontement avec la reine (1, 9-22)
      1. Le 7e jour, le roi veut présenter à nue la beauté de la reine (1, 9-11)
      2. La reine refuse (1, 12)
      3. Discussion du roi avec ses conseillers sur l'action à prendre : un édit de destitution et recherche d'une nouvelle reine (1, 13-22)
  2. L'arrivée d'Esther comme nouvelle reine (2, 1-23)
    1. Recherche des plus belles filles vierges pour le harem du roi (2, 1-4)
    2. Esther, sous le tutorat de Mardochée, est choisie pour le harem (2, 5-8)
    3. Préparatif d'un an avec huile et crèmes pour toutes les filles (2, 9-12)
    4. Quand Esther est présentée au roi, il en devient amoureux et la fait reine (2, 13-23)
  3. Action d'Haman (3, 1-13; B, 1-7; 3, 14-15)
    1. Devenu grand-vizir, tous se prosternent devant Haman, sauf Mardochée (3, 1-4)
    2. Furieux, Haman prend la décision d'exterminer les Juifs et tire au sort quelle journée, 14e jour du mois d'Adar (3, 5-7)
    3. Haman convainct le roi de son entreprise et faire écrire un décret (3, 8-13)
    4. Copie du décret (B, 1-7)
    5. Promulgation du décret (3, 14-15)
  4. Réaction de Mardochée et Esther
    1. Mardochée prend les habits et l'attitude de deuil (4, 1-3)
    2. Dialogue entre Esther et Mardochée (4, 4-17)
      1. Apprenant l'attitude de Mardochée, Esther lui demande de cesser (4, 4)
      2. À la demande d'Esther, Mardochée l'informe de la situation, puis lui demande de plaider la cause des Juifs auprès du roi (4, 5-9)
      3. Esther fait savoir qu'on ne peut voir le roi sans être invité (4, 10-11)
      4. Mardochée l'avertit qu'elle-même ne pourra pas échapper à la mort (4, 12-14)
      5. Esther demande alors à Mardochée de jeûner pendant trois jours alors qu'elle fera de même (4, 15-17)
    3. Prière de Mardochée (C, 1-11)
      1. Mardochée s'adresse au maîre de l'univers qui connaît tout (C, 1-5)
      2. Il explique que c'est pour honorer Dieu seul qu'il ne s'est pas prosterné devant Haman (C, 6-7)
      3. Maintenant il demande à Dieu d'épargner son peuple (C, 8-11)
    4. Prière d'Esther (C, 12-30)
      1. Esther prend des habits de deuil (C, 12-13)
      2. Elle à demande à Dieu de venir à son aide (C, 14-15)
      3. Après avoir rappelé qu'Il s'est choisi un peuple, elle reconnaît que se peuple a péché (C, 16-18)
      4. Maintenant, elle Lui demande d'intervenir pour ce peuple en détresse (C, 29-23)
      5. Surtout, elle lui demande de mettre les mots justes dans sa bouche face au roi, elle qui a méprisé la gloire royale et qui s'est toujours attachée aux coutumes juives (C, 24-30)
  5. Intervention d'Esther auprès du roi et mort d'Haman (D, 1-16; 5, 3-14; 6, 1-14; 7, 1-10)
    1. Rencontre dramatique d'Esther avec le roi (D, 1-16)
      1. Entrant chez le roi, Esther est foudroyée de son regard (D, 1-7)
      2. Devant Esther évanouie, le roi change d'humeur et cherche à la réconforter (D, 8-16)
    2. La demande d'Esther (5, 3-8)
      1. Le roi demande à Esther d'exprimer sa demande (5, 3)
      2. Esther demande au roi d'organiser un banquet avec Haman (5, 4)
    3. Premier banquet et ses suites (5, 5-14)
      1. Lors du banquet, Esther demande d'avoir un second banquet le lendemain (5, 5-8)
      2. Après le banquet, Haman voit Mardochée et devient furieux (5, 9)
      3. Les siens lui conseillent de créer un gibet et de demander au roi d'y prendre Mardochées (5, 10-14)
    4. Intermède : la nuit d'insomnie du roi et ses suites (6, 1-14)
      1. Insomniaque, le roi lit chronique royale qui racontent comment Mardochée a sauvé sa vie (6, 1-2)
      2. Il apprend aussi que Mardochée n'a jamais vraiment été récompensé (6, 3)
      3. Sur les entrefaites, Haman apparaît chez le roi et se fait demander comment le roi doit honorer quelqu'un (6, 4-6)
      4. S'imaginant qu'il s'agit de lui, Haman décrit ce qu'il faut faire (6, 7-9)
      5. Le roi révèle qu'il s'agit de Mardochée et lui demande de s'exécuter (6, 10)
      6. Haman s'exécute, et de retour chez lui, on lui dit que tout cela est de mauvais augure (6, 11-14)
    5. Second banquet et ses suites (7, 1-10)
      1. Au banquet, le roi demande à Esther ce qu'elle désire (7, 1-2)
      2. Esther parle d'une calomniateur qui a réduit son peuple en esclavage (7, 3-4)
      3. Apprenant qu'il s'agit d'Haman le roi est bouleversé et se retire (7, 5-6)
      4. Quand il revient, il voit Haman effondré sur Esther pour l'implorer, et interprète la scène comme une tentative de viol (7, 7-8)
      5. Haman est pendu au gibet qu'il avait fait construire (7, 9-10)
  6. Dénouement (8, 1-12; E, 1-24; 8, 13-17; 9, 1-32; 10, 1-3)
    1. Le roi remet à Esther et Haman toutes les possessions d'Haman (8, 1-2)
    2. Esther demande au roi d'annuler le décret d'Haman contre les Juifs (8, 3-6)
    3. À la proposition du roi, Esther reçoit la bague du roi pour proclamer un nouveau décret demandant aux gens d'aider les Juifs à éliminer leurs ennemis (8, 7-12)
    4. Copie du décret (E, 1-24)
    5. Publication du décret et jubilation chez les Juifs (8, 13-17)
    6. Exécution du décret et massacre des ennemis des Juifs (9, 1-18)
    7. Institution de la fête des Destinées pour célébrer ce dénouement heureux (9, 19-32)
    8. Mardochée succède au roi (10, 1-3)
  7. Conclusion (F, 1-11)
    1. Interprétation du rêve initial de Mardochée et rappel de la signification de la fête des Destinées (F, 1-10)
    2. Post-Scriptum sur un contributeur et le traducteur (F, 11)

D'après une étude de la langue de ce récit, il s'agit d'une traduction d'un original hébreu. On note en particulier des tournures de phrases hébraïques qui auraient été traduites littéralement :

  • A, 1 (voir aussi 1, 2; 2, 5; 9, 6.12.18) : en Sousois tē polei (dans Suse la ville), un hébraïsme pour dire : la ville de Suse
  • 1, 1 : Kai egeneto meta tous logous toutous en tais hēmerais Artaxerxou (et il arriva après ces choses aux jours d'Artaxerxès), un hébraïsme pour dire : c'était au temps d'Artaxerxès
  • 3, 7 : hēmeran ex hēmeras kai mēna ek mēnos (il tira au sort « le jour parmi les jours et le mois parmi les mois »), un hébraïsme pour dire : il tira au sort le jour et le mois
  • 6, 13 : pesōn pesē (en allant tomber, tu tomberas), un hébraïsme pour dire : tu continueras à tomber
  • 8, 3 : prostheisa elalēsen (en ajoutant elle dit), un hébraïsme pour dire : à nouveau, elle parla

Comme nous l'avons mentionné, le traducteur aurait donné une expansion à l'original hébreu en ajoutant six nouvelles sections que nous avons identifiées par les lettres de l'alphabet :
  • A (Événements annonciateurs, i.e. le songe de Mardochée et sa dénonciation d'un complot),
  • B (la copie du décret contre les Juifs commandé par Haman),
  • C (la prière de Mardochée et Esther),
  • D (la rencontre dramatique d'Esther avec le roi),
  • E (la copie du décret d'Esther pour les Juifs), F (l'interprétation du rêve de Mardochée et la signification de la fête des « Destinées »).
Il y a un consensus chez les biblistes pour dire que les ajouts A, C, D et F étaient originellement en hébreu, tandis que les ajouts B et E (les deux décrets) étaient originellement en grec. On imagine facilement que A (le songe de Mardochée) et F (l'interprétation du songe) proviennent du même auteur. Dans la section C (la prière de Mardochée et d'Esther, on retrouve la même tendance qui explique la création de la prière de Manassé (peut-être fin du 2e s. avant notre ère), où on « judaïse » certains récits et leur inculque une ferveur religieuse.

Mais le raccord dans l'ajout des nouvelles sources est parfois gauche et incohérente. Par exemple, le récit commence avec le chapitre A où Mardochée est déjà un personnage important et où on nous raconte comment il a déjoué un complot ourdi contre le roi. Or, plus loin, au chapitre 2, Mardochée n'est plus qu'un simple citoyen de Suse et ce n'est qu'au chapitre 2, après les noces d'Esther avec le roi qu'il s'est mis à servir à la cour, et ce n'est qu'au chapitre 8, après la mort d'Haman et après que le roi eut appris son lien de sang avec Esther, qu'il est élevé à un rang important. De plus, on nous apprend au chapitre 2, comme si c'était la première fois et en oubliant l'ajout A, que deux eunuques ourdissent un complot pour assassiner le roi, et cette fois, Mardochée informe Esther, et c'est celle-ci qui en informe le roi. Ainsi le traducteur a rapiécé deux sources différentes sans se donner la peine de vraiment les intégrer en un récit cohérent.

Dans la même ligne, on lit au chapitre C, 28 : « Ta servante (Esther) n'a pas mangé à la table de Haman et je n'ai pas honoré le banquet du roi, ni bu le vin des libations »; ainsi, Esther nous assure qu'elle s'est toujours tenue loin de la table royale. Or, plus loin, c'est Esther qui prend l'initiative de faire table commune avec le roi : « Mais Esther répondit : « Pour moi, aujourd'hui, c'est un grand jour. S'il plaît au roi, qu'il vienne, lui avec Haman, au banquet que j'organiserai aujourd'hui » (5, 4). Comme on peut le constater, le traducteur s'est contenté de rapiécer les deux sources sans se soucier de les intégrer en un tout cohérent.

Il faut donc constater qu'en donnant ainsi une expansion au récit hébreu originel, le traducteur grec en fait en quelque sorte oeuvre originale. Il a parcemé le texte hébreu d'autres sources, et même s'il a respecté minutieusement sa source originelle dans 62% des cas, il reste qu'à plusieurs reprises il se donne une certaine liberté :

  • Il hellénise certaines expressions. Par exemple : « maison d'Haman » (hébreu) devient « possessions (hyparchonta) d'Haman » (8, 1); « pour ses ministres et serviteurs » (hébreu) devient « pour amis, pour toutes les autres nations » (1, 3), le mot « amis » étant utilisé en Égypte pour désigner les proches du roi Ptolémée; les noms sont hellénisés, par exemple Yaïr (héb.) devient Jaïros, Shiméï devient Séméias, Qish devient Kisaïas (2,5)

  • Il universalise les perspectives. Ainsi, « pour tous les gens qui se trouvaient à Suse-la-citadelle, du plus important au plus humble, le roi organisa un banquet » (hébreu), devient « le roi organisa pendant six jours, pour les nations qui se trouvaient dans la ville » (1, 5)

  • Il amplifie certaines descriptions. Par exemple, « De la dentelle, de la mousseline, de la pourpre étaient attachées par des cordelières de lin et d'écarlate à des anneaux d'argent et des colonnes d'albâtre ; il y avait des divans d'or et d'argent sur un pavement de jade, d'albâtre, de nacre et de jais. On faisait boire dans des coupes d'or, toutes de formes différentes ; et le vin du royaume coulait à flots, royalement. » (hébreu) devient « La cour avait été décorée de lin et de mousseline tendus sur des cordelières de lin et d'écarlate, sur des chevilles d'or et d'argent, sur des colonnes de marbre et d'albâtre ; il y avait des divans d'or et d'argent sur un pavement d'émeraude, de nacre et de marbre ; puis des couvertures aux broderies chatoyantes, des roses parsemées à la ronde, des coupes d'or et d'argent, une timbale garnie d'escarboucles évaluée à trente mille talents. Il y avait du bon vin à profusion, que le roi lui-même buvait » (1, 6-7).

  • Il ne se gène pas pour amplifier ou exagérer certaines situations, lui donnant un caractère un peu théâtral. Par exemple, pour décrire l'impact du refus de la reine au roi, l'hébreu écrit : « (les femmes des ministres) vont se mettre à répliquer à tous les ministres du roi », mais dans le texte grec on a : « (les dames des ministres) oseront infliger un semblable déshonneur à leurs maris »

  • Par contre, il est allergique à une certaine violence et essaie d'atténuer les scènes trop cruelles de l'original hébreu. Par exemple, dans le décret d'Esther, le texte « Le roi octroie aux Juifs qui sont dans chaque ville de s'unir, de se tenir sur le qui-vive, d'exterminer, de tuer et d'anéantir toute bande armée, d'un peuple ou d'une province, qui les opprimerait, enfants et femmes, et de piller leurs biens » (hébreu) devient sous sa plume : « il prescrivait aux Juifs de suivre leurs propres lois en chaque ville, aussi bien pour se porter secours que pour traiter leurs adversaires et leurs opposants à leur gré » (8, 11); il cherche à atténuer l'ampleur des massacres, si bien que « obtenant de leurs ennemis le repos et tuant 75 000 de ceux qui les détestaient » (hébreu) devient sous sa plume : « en effet ils avaient anéanti 15 000 personnes » (9, 6); c'est tout à fait révélateur qu'il élimine complètement ce verset du texte hébreu, jugé sans doute trop brutal : « Les Juifs frappèrent alors tous leurs ennemis à coups d'épée, tuant et anéantissant. A ceux qui les détestaient, ils firent selon leur bon plaisir » (9, 5)

  • Il modifie l'époque où a lieu la scène. Selon le texte hébreu, le récit se passe sous le roi perse Xerxès (règne de -486 à -484), dont l'épouse était Vati. Par contre, dans le texte grec le roi est Artarxerxès le grand (règne de -465 à -424) et son épouse est Astîn. Pourquoi ce changement d'époque? Faute de données, on est quitte avec des conjectures : peut-être Artarxerxès a-t-il laissé dans la mémoire juive, en particulier ceux d'Alexandrie, une impression plus favorable en raison de son attitude avec les Juifs (par exemple, en 1 Esdras 7, 5, c'est lui qui autorise l'achèvement de la construction du temple). De plus, alors qu'Haman est un Amalécite (Agaguite) d'après le texte hébreu, il est un Macédonien d'après le texte grec (9, 24); pour l'auteur grec, c'est probablement une façon d'associer Alexandre le Grand, le macédonien, et son empire (-334 à -63) au « méchant » Haman.

  • Enfin, il transforme sa source hébraïque d'un récit « nationaliste » en un récit « religieux ».
    • D'après le récit hébreu, c'est Esther la juive, par son charme, qui réussit d'abord à avoir l'oreille du roi, puis crée une situation où Haman est éliminé et son peuple est sauvé; jamais Dieu n'est mentionné, et le récit est plutôt une glorification du peuple juif dans l'adversité. D'après le récit grec, tout se passe selon la divine providence : le songe de Mardochée au tout début annonce « ce que Dieu avait décidé de faire » (A, 9, 11). Et tout au long du récit, Dieu intervient : c'est Lui qui change le coeur du roi alors qu'elle se présente de lui sans être appelée et qu'il la foudroie de son regard (D, 8), tout comme c'est Lui qui éloigne le sommeil du roi et l'ammène à consulter la chronique royale (6, 1).

    • Même les amis et la femme d'Haman reconnaissent la puissance de Dieu : « Tu ne pourras absolument pas le (Mardochée) repousser, car il y a un Dieu vivant avec lui. » (6, 13).

    • Dans le décret envoyé par Esther, on fait l'éloge de Dieu : « en outre, ils (les Juifs) sont fils du Dieu vivant, le Très-Haut, le Très-Grand, qui gouverne le royaume avec droiture pour nous comme pour nos ancêtres dans les meilleures conditions » (E, 16). Pour les principaux acteurs, Esther et Mardochée, c'est en se tournant vers Dieu par la prière qu'ils seront en mesure de réussir leurs hauts-faits (C, 1-30). Et la conclusion est claire : « Le Seigneur nous a arrachés à tous ces malheurs-là ! Dieu a accompli des signes et des prodiges magnifiques, qui ne se sont pas produits chez les païens ! » (F, 6).

    • De son côté, Esther se présente comme une authentique juive qui évite le contact des païens : « tu sais que j'ai détesté la gloire des sans-Loi (non Juifs), que le lit des païens et de tout étranger me dégoûte (C, 26). Et quand le décret proposé par Esther sera publié, le texte grec nous dit : « Beaucoup de païens se soumettaient à la circoncision et se faisaient juifs par peur des Juifs » (8, 17).

Qui est donc ce traducteur/auteur et quel était son propos et son but? De manière claire, il appartient à la période hellénistique, puisque sa langue est le grec. À la fin de son oeuvre, il nous donne cette indication : « La quatrième année du règne de Ptolémée et de Cléopâtre ». Il s'agit probablement de Ptolémée VIII, vers -114 et de Cléopâtre III. Tout cela nous amène en Égypte, probablement à Alexandrie, le foyer de la diaspora juive. Et à travers la mention du traducteur Lysimaque, l'auteur s'identifie-t-il lui-même? C'est possible.

Mais quelle est l'intention de l'auteur en entreprenant cette oeuvre? Tout d'abord, il faut reconnaître que nous ne sommes pas devant une oeuvre historique. Bien sûr, plusieurs détails sont vraisemblables : la ville de Suse est décrite correctement, les coutumes perses sont bien observées, et le style des lettres royales semblent respecter les conventions de l'époque. Mais il y a trop d'invraisemblance. Tout d'abord, l'existence d'une reine Astî (ou Vasti selon le texte hébreu) ou Esther, ainsi que d'un nommé Mardochée devenu fonctionnaire royal et même successeur du roi, tout cela n'a laissé aucune trace dans l'histoire. Il est de même tout à fait invraisemblable que Mardochée « avait déportés de Jérusalem avec Jékhonias » (A, 3): cette déportation a eu lieu en -587, ce qui donnerait à Mardochée environ 150 ans. Enfin, on n'a aucune trace historique qu'un roi perse ait laissé massacrer par les Juifs 15 000 (75 000 selon le texte hébreu) de ses propres sujets, sans mentionner son invraisemblance.

Si ce n'est pas un récit historique, qu'est-ce donc? Il s'agirait d'un roman historique, i.e. d'un récit fictif dans un cadre historique. On y retrouve en effet le style romancé des nouvelles grecques, avec sa dimension émotive et psychologique. Pensons à la scène dramatique où la reine se rend chez le roi (D, 1-16) qui la foudroie du regard et où la reine s'évanouie deux fois : il y a une forme de suspense. De même, l'insertion de songes dans un récit faisait partie des procédés littéraires du roman grec de l'époque.

Alors, pourquoi avoir écrit ce roman historique? Tout le récit pivote autour d'une date : le 13 d'Adar (si le mois d'Adar commençait le 21 février, nous serions vers le 8 mars). C'est à cette date, déterminée par Haman en tirant au sort, que les Juifs du royaume devaient être exterminés. C'est à cette date, ainsi qu'au jour suivant, que les Juifs ont pu prendre leur revanche, et donc célébrer le retournement des événements en leur faveur. Et la conclusion du récit va dans le même sens : « C'est pourquoi les Juifs, dispersés dans toutes les provinces à l'étranger, célèbrent donc le quatorze Adar comme un jour faste dans la jubilation » (9, 19); il s'agirait d'un récit étyologique pour expliquer la signification d'une fête déjà en vigueur, comme on le précise un peu plus loin : « C'est pourquoi ces jours-là ont été appelés Destinées (Pourim en hébreu) » (9, 26). Et on fait de Mardochée celui qui a instituté cette fête et qui l'a promulgué pour tous les Juifs : « Mardochée mit ces choses par écrit dans un livre qu'il envoya à tous les Juifs qui se trouvaient dans le royaume d'Artaxerxès, aux plus éloignés comme aux plus proches, afin d'instituer la célébration de ces jours fastes, le quatorze et le quinze Adar » (9, 20-21).

Si on se place dans le contexte de la diaspora juive d'Alexandrie où la tentation était grande d'oublier ses traditions et de se fondre dans la culture hellénistique, on comprend l'effort de l'auteur du livre d'Esther grec de raviver la flamme religieuse. Et la juive Esther, en affirmant haut et fort qu'elle n'a cessé de manger kasher et qu'elle ne s'est pas laissée influencer par les non-Juifs (C, 26-28), devient un modèle à suivre. Ici, on retrouve la même atmosphère que le 3e livre des Maccabées et la lettre d'Astarté composés dans le même milieu vers -100 : dans ces deux livres on discerne l'oeuvre d'un juif conservateur qui tente de restaurer dans toute leur force les coutumes juives dans un milieu où le judaïsme est confronté à la culture hellénistique.

L'une de ces coutumes juives est la fête des « Pourim » ou « Destinées ». Tout le récit vient donner la signification de cette fête et invite la communauté juive à y entrer pleinement en la présentant comme la célébration d'un dénouement heureux pour les Juifs, alors qu'ils étaient sur le point d'être massacrés. Mais tout cela semble la récupération d'une fête païenne qui existait en Babylonie. Certains biblistes pensent qu'il s'agissait d'une fête du Nouvel-An (mars) où Mardouk, victorieux du chaos, a les les destins entre ses mains. Mais cette fête pourrait tout simplement provenir du carnaval perse du début d'année en mars. D'ailleurs, chez les Juifs d'aujourd'hui, la célébration des Pourim a des allures de carnaval. Il y a quelque chose d'universel dans ce type de célébration.

Esther grec dans l'histoire

Le livre d'Esther grec est connu de l'historien juif Flavius Josèphe (37 - 100). Nous en avons le témoignage dans son livre Les Antiquités judaïques (livre XI, 184-296), en l'an 93, qui paraphrase le récit d'Esther et fait référence clairement à la version grecque :

  • Le roi se nomme Arthaxerxès, et non Xerxès comme dans la version hébraïque
  • Le roi organise un banquet pour ses amis et les autres nations, et non pour ses ministres et ses serviteurs comme dans la version hébraïque
  • Le conseiller qui propose une déchéance de la reine s'appelle « Moukhaïos », et non Memoukân comme dans la version hébraïque
  • Le mariage du roi et d'Esther est célébré la septième année de son règne dans le douzième mois, appelé Adar, et non le dixième mois, appelé Téveth comme dans la version hébraïque
  • Josèphe paraphrase le contenue de la copie du décret du roi contre les juifs, copie qui n'existe pas dans la version hébraïque
  • L'eunuque qui assure la communication entre Esther et Mardochée s'appelle « Achrathaios », et non « Hatak » comme dans la version hébraïque
  • Josèphe paraphrase la prière de Mardochée et d'Esther qui n'existe pas dans la version hébraïque
  • Il reprend le mélodrame de l'arrivée d'Esther auprès du roi où la reine doit s'appuyer sur l'une de ses servantes alors que tandis que l'autre suivait en portant sa traîne, et où elle s'évanouit, foudroyée par le regard du roi, un mélodrame qui n'existe pas dans la version hébraïque
  • Il pararaphrase le contenu de la copie du décret proposé par Esther pour prévenir le massacre des Juifs et permettre à ceux-ci de triompher de leur ennemis, une copie qui n'existe pas dans la version hébraïque
  • Enfin, tout comme dans la version grecque, Josèphe mentionne le rôle de Dieu et sa providence

Il vaut la peine de noter que Josèphe connaît également la version hébraïque, puisqu'il y fait référence dans la paraphrase du récit d'Esther :

  • La période des noces avec la reine Astîn dure sept jours, et non six jours comme dans la version grecque
  • Les ministres qui entourent le roi pour le conseiller face à l'inconduite de la reine sont au nombre de sept, et non trois comme dans la version grecque
  • Haman est un Amalécite, et non un Macédonien comme dans la version grecque

À lire Josèphe, on a l'impression qu'il se réfère également à un récit populaire qui donne une expansion à certaines scènes et ajoute des détails :

  • Quand Astîn fut tombée en disgrâce, Josèphe nous raconte combien le roi avait un très grand amour pour elle, et supportait difficilement la séparation, passant son temps à se lamenter sur l'impuissance de ses désir, une scène inconnue des versions grecque et hébraïque
  • On apprend que le harem du roi comprenait 400 jeunes filles, un détail inconnu ailleurs
  • Les noces du roi avec Esther durèrent un mois, un détail inconnu ailleurs
  • Les hommes qui protégeaient l'entrée de la salle du roi, pour châtier ceux qui s'en approcheraient sans avoir été appelés, étaient armés de haches, un détail inconnu ailleurs
  • Ce serait Barnabazos qui aurait déjoué le complot des deux eunuques, et aurait averti Mardochée qui, à son tour, aurait informé le roi par l'intermédiaire d'Esther, un détail inconnu ailleurs
  • La femme d'Haman s'appelait « Gazasan », alors que le texte grec parle de « Zōsara », et le texte hébreu de « Zèresh »
  • Les deux uniques qui ont comploté contre le roi s'appelaient : Gabataion et Theodestēn, alors que le texte grec parle de : Gabatha et Tharra, et le texte hébreu de : Bigtân et Tèresh
  • L'eunuque qui mentionne au roi le gibet préparé pour Mardochée par Haman s'appelle « Sabouchadas », alors qu'il s'appelle « Bougathān » dans la version grecque, et « Harbona » dans la version hébraïque
  • Un petit récit est construit autour de l'honneur que doit recevoir Mardochée alors qu'Haman lui demande de revêtir les vêtements d'honneur, un récit inconnu ailleurs

Ainsi, Josèphe semble connaître plusieurs versions du récit d'Esther, un indice de sa grande popularité dans le milieu juif.

Chez les chrétiens des premiers siècles, le livre d'Esther grec semble être considéré comme canonique quand on note comment Clément de Rome (35 – 99; pape de 88 à 99), Athanase d'Alexandrie (296-373), ou Ambroise de Milan (340 – 397) s'y réfèrent. Tout cela sera officialisé en Occident au synode romain de 382, en Orient lors du concile de Constantinople en 692. Les traductions coptes et éthiopiennes d'Esther ont été faites à partir de la version grecque. Mais quand saint Jérôme (347-420), lors de sa traduction latine de la Bible, constate la différence entre la version hébraïque et grecque, il doute de l'authenticité des ajouts de la version grecque et les relègue dans la section des apocryphes avec le titre : additions à Esther. Le livre d'Esther grec est présent dans les trois grands manuscrits : Vaticanus (4e s.), Sinaïticus (4e s.), Alexandrinus (5e s.)

À la renaissance, les discussions reprirent de plus belle sur la valeur du livre d'Esther grec. Martin Luther (1483-1546) trouvait peu de valeur aux deux versions du livre d'Esther, et finalement la version grecque a été reléguée parmi les écrits deutérocanoniques. Par contre, le concile de Trente (1545-1563) reconfirmera la canonicité des deux versions, hébraïque et grecque. De son côté, l'Église orthodoxe n'utilise que la version grecque du livre d'Esther.

Aujourd'hui, les traductions de la Bible ont opté pour des approches différentes. La bible de Maredsous (1950) présente la version hébraïque d'Esther dans la section des livres historiques, après Tobit et Judith, et avant les deux livres des Maccabées, et en faisant suivre à la fin du texte hébreu les six ajouts de la version grecque. La Bible de Jérusalem (BJ, 1973) offre la version hébraïque, mais en y insérant à l'intérieur du texte hébreu les six ajouts de la version grecque. La Traduction OEcuménique de la Bible (TOB, 1978) offre les deux versions, la version hébraïque entre le livre des Lamentations et le livre de Daniel, et la version grecque au tout début des livres deutérocanoniques, avant Judith et Tobit. Le New Revised Standard Version (NRSV, 1989) présente la version hébraïque après les livres d'Esdras et Néhémie, et la version grecque, intitulée : Additions à Esther, dans la section des livres apocryphes et deutérocanoniques, après les livres de Tobit et Judith. La Nouvelle Traduction de la Bible (NTB, 2001) fait le même choix que la TOB pour la version hébraïque, et la version grecque est également placée au tout début des livres apocryphes et deutérocanoniques.

-André Gilbert, mars 2019

Références :


Sommaire

Chapitre A (1-17)D'après l'auteur, la scène se passe à Suse (une ville importante de l'Élam, aujourd'hui Shush en Iran; voir la carte et Suse dans la région de l'Élam), vers le 21 mars de l'an 462 av. l'ère moderne, au temps du roi perse Artaxerxès I (-464 à -424). Mardochée est un Juif, fonctionnaire à la cour du roi. Il aurait été parmi les Juifs déportés de Jérusalem par Nabuchodonosor en l'an -587. Or, une nuit, ce Mardochée fait un rêve où s'affrontent deux dragons, et derrière eux, deux nations; l'une de ces nations est juste et, sur le point d'être anéantie, crie vers Dieu, et de ce cri, sort une petite source, puis un fleuve large, et en même temps, une lumière se lève en plus du soleil, tandis que les humbles sont élevés et dévorent les nobles. À son réveil, Mardochée garde secret son rêve et cherche à le comprendre.

Or, un jour, Mardochée entend les deux eunuques du roi comploter contre lui. Il dénonce ces deux hommes qui se font aussitôt arrêter, et reçoit des cadeux du roi. Par contre, Haman, un noble du roi, lui en veut et cherche à nuire à tout le peuple juif.

Chapitre 1 (1-22)Le roi perse Artaxerxès, lors de la 3e année de son règne (en l'en -461), organisa un grand banquet de 190 jours dans la ville royale de Suse pour les nobles de Perse et de Médie parmi ses amis et la multitude d'étrangers, afin d'étaler la splendeur de ses richesses. Cette période de noce fut prolongée par un festin de six jours dans la cour du palais royal qui avait été décorée pour l'occasion par les tissus les plus fins, les meubles les plus riches. Le vin coulait à flot. De son côté, la reine Astîn avait organisé un festin équivalent pour les femmes. Or, le septième jour, sous l'effet du vin, le roi demande à ses sept eunuques d'aller chercher la reine pour exposer à nue sa beauté devant tous. La reine refuse. Furieux, le roi demande l'avis de ses trois principaux ministres. L'un d'eux fit remarquer que, non seulement la reine n'avait pas exécuté une décision du roi transmise par des eunuques, mais son geste pourrait être une mauvaise influence sur les autres dames des ministres perses et mèdes, et celles-ci oseront peut-être infliger un semblable déshonneur à leurs maris. Aussi, Astîn devrait perdre son titre de reine et être remplacée par une femme meilleure qu'elle. Tout cela devrait être promulgué sous la forme d'un décret dans tout le royaume, afin que toutes les femmes entourent d'égards leurs maris, du plus pauvre au plus riche. La recommandation plut au roi qui s'exécuta.
Chapitre 2 (1-23)Une fois les relations rompues avec Astîn, on chercha dans le royaume des femmes vierges les plus belles pour faire partie du harem du roi. Parmi elles, celle qui plaira au roi, deviendra reine. Or, à Suse, il y avait un Juif du nom de Mardochée, qui avait été déportée de Jérusalem par Nabuchodonosor. Il était le tuteur d'une orpheline du nom d'Esther, la fille de son oncle Aminadab. Comme elle était belle, elle fit partie du contingent amené à l'eunuque Gaï. Et elle plut à ce dernier qui lui réserva un traitement de faveur dans le harem. Mais personne ne savait qu'elle était juive. Selon la coutume dans les préparatifs pour rencontrer le roi, les jeunes filles du harem se frottaient d'abord pendant six mois avec l'huile de myrrhe, puis avec des baumes et des crèmes de beauté les six mois suivants, avant de rencontrer le roi pour une première nuit; habituellement, cette première rencontre n'avait pas de suite. Quand Esther vint pour sa première nuit avec le roi vers le 21 mars de l'an -457, elle plut immédiatement au roi qui mit sur sa tête le diadème royal. Alors, pendant sept jours, on célébra les noces, tandis que Mardochée devint fonctionnaire royal. Pendant ce temps, deux eunuques royaux prirent ombrage de la promotion de Mardochée et planifièrent le meurtre du roi. Ayant eu vent du complot, Mardochée informa Esther qui transmit la nouvelle au roi. Les deux eunuques furent pendus, tandis qu'on consigna dans les registres royaux les bons offices de Mardochée.
Chapitre 3 (1-13)Par la suite, un nommé Haman le Bougaïos gravit les échelons de la cour et devint un ministre important. Selon la consigne du roi, on devait se prosterner sur son passage. Mais Mardochée s'y refusa. Mis au courant de la situation et apprenant qu'il était Juif, Haman devint furieux et se résolut de faire disparaître la race juive. En l'an -452, il tira au sort la date de l'anéantissement de tous les juifs, et le sort tomba sur le mois de mars de l'année suivante. Haman informa le roi que la nation juive avait des lois incompatibles avec les lois royales, et qu'il fallait les anéantir; en retour, il promet au roi une some de dix mille talents d'argent (i.e. 60 000 000 jours de salaire, ou 6 000 000 000$; voir la monnaie dans la Bible). Le roi est d'accord sur le projet, mais lui demande de garder son argent. C'est ainsi que les fonctionnaires communiquèrent au début d'avril aux généraux et aux ministres des 127 provinces, de l'Inde à l'Éthiopie, le décret du roi de faire disparaître la nation juive et de piller leurs bien pour le mois de mars prochain.
Chapitre B (1-7)Copie du décret du roi. On informe les ministres et les préfets des 127 provinces du royaume que le roi cherche sans cesse à rendre son royaume civilisé et praticable, et à restaurer la paix. Et dans ce but, après avoir consulté Haman, son ministre le plus important, il doit régler la situation d'un peuple malveillant opposé par ses lois à toutes les ordonnances royale et qui se met à part en suivant des lois étrangères, commettant les pires méfaits. Suivant donc l'avis du grand-vizir et pour que le royaume retrouve sa stabilité, il ordonne que tous ceux qui seront signalés par Haman soit anéantis radicalement, y compris femmes et enfants, sans aucune pitié ni ménagement, pour le mois de mars.
Chapitre 3 (14-15)Le décret du roi fut promulgué partout dans le royaume, même à Suse, alors qu'Haman et le roi étaient ivres.
Chapitre 4 (1-17)Apprenant la situation, Mardochée se mit en habit de deuil et cria dans la ville : « On supprime une nation innocente », mais ne franchit pas la porte royale, étant impur par son deuil. Comme tout le royaume se mit en deuil pour les Juifs, ses demoiselles d'honneur et ses eunuques informèrent Esther de ce qui se passait. Bouleversée, elle envoya des vêtements à Mardochée pour qu'il délaisse ses habits de deuil. Après le refus de ce dernier, elle demande à l'un des eunuques de communiquer avec Mardochée pour comprendre la situation. C'est ainsi qu'elle apprend le décret du roi sur l'anéantissement des Juifs et reçoit la demande de Mardochée d'intercéder auprès du roi en faveur des Juifs. Dans sa réponse, Esther mentionne que le roi de l'a pas appelé auprès de lui depuis trente jours et qu'il est téméraire d'aller le voir sans avoir été appelé. La réplique de Mardochée ne se fait pas attendre : comme Juive, qu'elle ne s'imagine pas qu'elle pourra échapper au sort commun, et surtout, si elle est arrivée à la royauté, n'est pas pour vivre la mission qui l'attend? Alors Esther demande une chose à Mardochée : que tous les Juifs de Suse se mettent à jeûner, comme elle le fera avec ses demoiselles d'honneur, et alors elle sera prête à aller voir le roi au risque de sa vie.
Chapitre C (1-30)Mardochée pria Dieu ainsi : Celui qui a créé le ciel et la terre est le Seigneur de tout, et à qui rien ne peut résister, Il sait également tout, et donc sait que, s'il ne s'est pas prosterner devant Haman, c'est simplement pour ne pas mettre la gloire d'homme au-dessus de la gloire de Dieu; c'est maintenant le temps d'empêcher que Son peuple soit détruit, ce peuple qu'Il a sauvé d'Égypte, afin que ce même peuple puisse continuer à lui chanter des hymnes.

De son côté, Esther revêtit également les habits de deuil et pria Dieu ainsi : à Celui qui est le Seul, elle demande de venir à son secours, elle qui est seule; devant Celui qui a choisi Israël parmi toutes les nations pour en faire son peuple, elle reconnaît que ce peuple a péché en se tournant vers les cultes païens, mais Lui demande d'intervenir contre le projet terrible de faire disparaître Son peuple au profit d'une nation qui glorifie les idoles et un roi mortel, et en conséquence Le prie d'infliger un châtiment exemplaire au chef de ce projet, tout en donnant à elle-même le courage et les mots justes pour affronter le roi; Il sait que sa servante déteste tout ce qui est contraire à la Loi juive, le lit et les banquets des païens, tout comme le diadème qu'elle porte, si bien qu'elle est malheureuse depuis qu'elle est reine; alors qu'Il l'arrache des mains des païens et de sa peur.

Chapitre D (1-16)Trois jours plus tard, après son jeûne, Esther revêtit ses habits d'apparat, puis, après avoir invoqué Dieu, se rendit auprès du roi, s'appuyant sur une des deux demoiselles d'honneur, tandis que l'autre suivait en portant sa traîne. Quand le roi, assis sur son trône et revêtu de ses plus beaux habits, vit entrer Esther, il la foudroya du regard. Esther s'effondre dans les bras de sa demoiselle d'honneur. Aussitôt, par l'intervention de Dieu, le roi devient tout inquiet et prend Esther dans ses bras pour la réconforter et lui dit d'avoir confiance, car son ordonnance ne concerne que le commun des mortels; il demande donc de parler. Alors qu'elle exprime ses sentiments sur la grandeur et la gloire du roi, elle s'effondre de nouveau.
Chapitre 5 (3-14)Bouleversé, le roi demande à Esther d'exprimer son désir, lui promettant jusqu'à la moitié de son royaume. Alors Esther demande qu'Haman soit présent au banquet qu'elle organisera la journée même avec le roi. Or, à la fin de ce banquet, le roi réitère son offre de lui donner tout ce qu'elle demande. Esther lui signifie simplement de revenir avec Haman au banquet du lendemain. Quittant la table du roi, Haman voit Mardochée dans la cour et devient furieux. Appelant ses amis et sa femme, il explique que même s'il est comblé de richesses et d'honneurs, il ne peut être heureux, car fréquenter la table du roi l'oblige à voir Mardochée dans la cour. On lui propose d'abattre un arbre de 25 mètres pour construire un gibet, et de demander le lendemain au roi d'y prendre Mardochée.
Chapitre 6 (1-14)Cette nuit-là, Dieu ne permit pas que le roi trouve le sommeil. Alors ce dernier se mit à lire les annales royales et tomba sur le passage où Mardochée avait sauvé le roi de la mort planifié par deux eunuques. S'informant sur la faveur reçue par Mardochée pour son geste, il apprit qu'on ne lui avait rien décerné. Sur les entrefaites, Haman arrive dans la cour royale avec l'intention de demander la tête de Mardochée. Le roi demande de le faire venir et lui pose la question : que devrait-il faire pour quelqu'un qu'il désire honorer? S'imaginant qu'il s'agit de lui-même, Haman propose de le revêtir d'un vêtement de lin que portent les rois et de le faire monter sur un cheval royal pour parcourir la ville, alors qu'on crierait : ainsi en sera-t-il pour tout homme que le roi honore. Alors le roi lui révèle que c'est Mardochée, le Juif, qu'il désire ainsi honorer. Haman doit donc s'exécuter selon ce qui a été proposé. De retour à la maison et abattu, il raconte tout à sa femme et à ses amis. Ces derniers l'avertissent que c'est le début de sa déchéance, car le Dieu vivant est avec Mardochée.
Chapitre 7 (1-10)Puis, ce fut le temps du second banquet organisé par la reine. De nouveau, le roi demande à Esther d'exprimer son désir, lui promettant jusqu'à la moitié de son royaume. Alors, Esther rappelle que son peuple a été soumis à l'esclavage et au pillage à cause d'un calomniateur qui est indigne d'être à la cour royale. Quand le roi s'informe de qui il s'agit, elle répond : Haman. Le roi quitte précipitamment la table pour le jardin, tandis qu'Haman, bouleversé, effondré sur le divan, implore la reine par des supplications. Revenu du jardin et voyant Haman avec Esther, il accuse l'homme de vouloir violer sa femme, et apprenant d'un eunuque l'existence du gibet préparé par Haman, il l'y fait pendre.
Chapitre 8 (1-12)Le jour même, le roi remit à Esther toutes les possessions d'Haman, et apprenant le lien de parenté entre Esther et Mardochée, il remit à ce dernier la bague qu'il avait enlevée à Haman. Alors Esther demanda au roi d'écarter de son peuple tout le malheur voulu par Haman et de révoquer les lettres envoyées dans tout le royaume. Mais le roi lui dit qu'il lui était impossible de contester ce qu'il avait déjà écrit, mais lui proposa plutôt d'écrire en son nom et de cacheter ses lettres avec la bague royale. C'est ainsi qu'à la mi-avril, les secrétaires s'attelèrent à la tâche d'écrire des lettres pour tout le royaume, prescrivant aux Juifs de suivre leurs propres lois, aussi bien pour se porter secours que pour traiter leurs adversaires et leurs opposants à leur gré pour un seul jour, celui le 13e jour du mois d'Ader (première semaine de mars).
Chapitre E (1-24)Copie de la lettre. Le roi s'adresse d'abord aux ministres des 127 provinces. Il évoque la situation des gens qui, enivrés par la générosité de leurs bienfaiteurs, ont nourri des ambitions excessives au point de se retourner contre leurs bienfaiteurs. Et bien souvent, ces gens, mal conseillés, de sont rendus coupables du sang innocent et ont exercé indignement le pouvoir. C'est le cas de Haman, un Macédonien, qui était devenu grand-vizir, et dans son orgueil, il a voulut anéantir Mardochée, autrefois sauveur du roi, ainsi qu'Esther et toute la nation juive. C'est ignorer que les Juifs ne sont pas des malfaiteurs, mais ils s'administrent par des lois très justes, et ils sont fils du Dieu vivant, le très-haut. Aussi, il ne faut pas tenir compte des lettres envoyées précédemment Haman, qui est maintenant pendu au gibet. Enfin, quand cette lettre sera publiée, il faut prêter main-forte aux Juifs pour repousser ceux qui s'attaqueront à deux le 13 du mois d'Adar (début mars). Ce jour-là sera donc célébré comme une grande fête pour rappeler le salut du roi et de tous les partisans des Perses. Ceux-qui n'obéiront pas à cette lettre seront sévèrement punis.
Chapitre 8 (13-17)On demande que les copies de cette lettre soient bien affichées dans tout le royaume, afin que le 13 du mois d'Adar les Juifs reçoivent l'aide voulue. Quant à Mardochée, il revêtit des habits royaux et toute la population de Suse était en liesse, de même que tous les Juifs du royaume. L'impact fut si grand que des païens, par peur de représailles, se convertir au Judaïsme en se faisant circoncire.
Chapitre 9 (1-32)Quand vint le 13 du mois d'Adar, les Juifs s'exécutèrent comme le permettait la lettre royale et tuèrent 500 hommes ainsi que certains notables, puis se livrèrent au pillage. Quand le roi demanda à Esther que devait-il faire d'autre, elle répondit qu'il fallait pendre les dix fils d'Haman, ce qui fut fait. Et le lendemain, le 14 du mois d'Adar, les Juifs tuèrent trois cents autres hommes. Ailleurs dans le royaume, les Juifs reçurent l'aide voulue le 13 d'Adar pour massacrer 15 000 personnes, avant de se reposer et fêter le lendemain, 14 d'Adar. À Suse, c'est le 15 du mois d'Adar qu'on se reposa et fêta.

Mardochée décida d'instituer le 14 et le 15 du mois d'Adar comme des jours de fête, afin de célébrer la victoire des Juifs sur leurs ennemis et leur renversement de situation où ils sont passés du deuil à la joie, du tourment à un jour faste. Dans ce but, il écrivit à l'ensemble des Juifs pour qu'ils se remémorent les exactions d'Haman et son triste destin ainsi que celui de ses enfants. C'est pourquoi ces jours-là seront appelés « Purim », i.e. « Destinées », car le destin juif est passé de la souffrance à la joie. Et ils seront célébrés de génération en génération, et partout dans le royaume. Par écrit, la reine Esther et Mardochée confirmèrent qu'il s'agissait d'une institution perpétuelle.

Chapitre 10 (1-3)Toute la puissance et les richesses du roi Artaxerxès ont été mises par écrit dans le livre des rois de Perse et Médie. Puis, Mardochée succéda au roi et, à son tour, fut glorifié pour sa grandeur.
Chapitre F (1-11)Mardochée nous donne l'interprétation de son rêve du début. Le fleuve, c'est Esther que le roi a épousée et faite reine. Les deux dragons, c'est Haman et Mardochée. L'une des nations c'est celle qui s'est rassemblée pour anéantir l'autre nation, celle des Juifs. À la suite du cri de ces derniers, le Seigneur est intervenu pour accomplir des signes et des prodiges. Il a donc fait deux sorts, un pour les païens, un autre pour Son peuple. Au jour établi par Dieu pour son jugement, il a rendu justice à son héritage. Depuis, les Juifs se rassemblent le 14 et le 15 du mois d'Adar (début mars) pour manifester à perpétuité leur joie.

C'est le prêtre et lévite Dosithos qui a apporté la lettre sur les « Destinées » la quatrième année du règne de Ptolémée (peut-être Ptolémée VIII, vers -114) et de Cléopâtre (peut-être Cléopâtre III, né en -160, morte en -101). Cette lettre aurait été traduite en grec par Lysimaque.


Note :

  • En plus du texte grec d'Esther et de sa traduction par le comité de la Traduction oecuménique de la Bible (TOB), nous avons ajouté une troisième colonne, la traduction française du texte hébreu par la TOB
  • Le texte grec de la Septante comporte des ajouts au texte hébreu: ces ajouts sont signalés par une numérotation alphabétique du chapitre (A - F); on notera que le texte grec a parfois esquivé certains versets de l'hébreu, ce que nous avons signalé par une case vide.

Texte intégral

VersetTexte grecTraduction française (TOB)Traduction de l'hébreu

Chapitre A

1Ἔτους δευτέρου βασιλεύοντος Ἀρταξέρξου τοῦ μεγάλου τῇ μιᾷ τοῦ Νισα ἐνύπνιον εἶδεν Μαρδοχαῖος ὁ τοῦ Ιαιρου τοῦ Σεμειου τοῦ Κισαιου ἐκ φυλῆς Βενιαμιν,La deuxième année du règne d'Artaxerxès le Grand, le premier jour de Nisan, Mardochée eut un songe. Descendant de Jaïros, de Séméias, de Kisaïas, issu de la tribu de Benjamin,
2ἄνθρωπος Ιουδαῖος οἰκῶν ἐν Σούσοις τῇ πόλει, ἄνθρωπος μέγας θεραπεύων ἐν τῇ αὐλῇ τοῦ βασιλέως·Mardochée était un Juif résidant à Suse ; c'était un personnage important qui servait à la Cour du Roi.
3ἦν δὲ ἐκ τῆς αἰχμαλωσίας, ἧς ᾐχμαλώτευσεν Ναβουχοδονοσορ ὁ βασιλεὺς Βαβυλῶνος ἐξ Ιερουσαλημ μετὰ Ιεχονιου τοῦ βασιλέως τῆς Ιουδαίας.Or il faisait partie de ceux que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait déportés de Jérusalem avec Jékhonias, le roi de Judée.
4καὶ τοῦτο αὐτοῦ τὸ ἐνύπνιον· καὶ ἰδοὺ φωναὶ καὶ θόρυβος, βρονταὶ καὶ σεισμός, τάραχος ἐπὶ τῆς γῆς·Mardochée eut ce songe : Voici clameurs et tumulte, grondements et séisme, bouleversement sur la terre.
5καὶ ἰδοὺ δύο δράκοντες μεγάλοι ἕτοιμοι προῆλθον ἀμφότεροι παλαίειν, καὶ ἐγένετο αὐτῶν φωνὴ μεγάλη·Voici deux grands dragons, ils s'avancent, prêts tous deux à lutter. Ils poussent un grand cri ;
6καὶ τῇ φωνῇ αὐτῶν ἡτοιμάσθη πᾶν ἔθνος εἰς πόλεμον ὥστε πολεμῆσαι δικαίων ἔθνος.à leur cri, chaque nation s'apprête au combat, de façon à faire la guerre à une nation de justes.
7καὶ ἰδοὺ ἡμέρα σκότους καὶ γνόφου, θλῖψις καὶ στενοχωρία, κάκωσις καὶ τάραχος μέγας ἐπὶ τῆς γῆς·Voici jour de ténèbres et d'obscurité, détresse et anxiété, oppression et grand bouleversement sur la terre.
8καὶ ἐταράχθη δίκαιον πᾶν ἔθνος φοβούμενοι τὰ ἑαυτῶν κακὰ καὶ ἡτοιμάσθησαν ἀπολέσθαι καὶ ἐβόησαν πρὸς τὸν θεόν.Elle est bouleversée, la nation juste tout entière, épouvantée de ses malheurs ; on s'apprête à être anéanti,
9ἀπὸ δὲ τῆς βοῆς αὐτῶν ἐγένετο ὡσανεὶ ἀπὸ μικρᾶς πηγῆς ποταμὸς μέγας, ὕδωρ πολύ·on crie vers Dieu. Or, de ce cri, sort, comme d'une petite source, un fleuve large, une eau abondante.
10k φῶς καὶ ὁ ἥλιος ἀνέτειλεν, καὶ οἱ ταπεινοὶ ὑψώθησαν καὶ κατέφαγον τοὺς ἐνδόξους.Une lumière se lève en plus du soleil. Alors les humbles sont élevés et dévorent les nobles.
11καὶ διεγερθεὶς Μαρδοχαῖος ὁ ἑωρακὼς τὸ ἐνύπνιον τοῦτο καὶ τί ὁ θεὸς βεβούλευται ποιῆσαι, εἶχεν αὐτὸ ἐν τῇ καρδίᾳ καὶ ἐν παντὶ λόγῳ ἤθελεν ἐπιγνῶναι αὐτὸ ἕως τῆς νυκτός.Une fois éveillé, Mardochée, qui avait vu ce songe et ce que Dieu avait décidé de faire, garda cela dans son coeur et, jusqu'à la nuit, il eut le désir de le comprendre par tous les moyens.
12καὶ ἡσύχασεν Μαρδοχαῖος ἐν τῇ αὐλῇ μετὰ Γαβαθα καὶ Θαρρα τῶν δύο εὐνούχων τοῦ βασιλέως τῶν φυλασσόντων τὴν αὐλὴνPuis Mardochée se tint au repos à la Cour en compagnie de Gabatha et de Tharra, les deux eunuques royaux qui gardaient la cour.
13ἤκουσέν τε αὐτῶν τοὺς λογισμοὺς καὶ τὰς μερίμνας αὐτῶν ἐξηρεύνησεν καὶ ἔμαθεν ὅτι ἑτοιμάζουσιν τὰς χεῖρας ἐπιβαλεῖν Ἀρταξέρξῃ τῷ βασιλεῖ, καὶ ὑπέδειξεν τῷ βασιλεῖ περὶ αὐτῶν·Il les entendit alors parler de leurs machinations et chercha à savoir de quoi ils s'occupaient : il apprit qu'ils s'apprêtaient à porter la main sur le roi Artaxerxès. Il les dénonça au roi.
14καὶ ἐξήτασεν ὁ βασιλεὺς τοὺς δύο εὐνούχους, καὶ ὁμολογήσαντες ἀπήχθησαν.Le roi interrogea les deux eunuques qui, après avoir avoué, furent arrêtés.
15καὶ ἔγραψεν ὁ βασιλεὺς τοὺς λόγους τούτους εἰς μνημόσυνον, καὶ Μαρδοχαῖος ἔγραψεν περὶ τῶν λόγων τούτων·Le roi fit mettre ces faits par écrit pour qu'on en garde mémoire ; Mardochée aussi les mit par écrit.
16καὶ ἐπέταξεν ὁ βασιλεὺς Μαρδοχαίῳ θεραπεύειν ἐν τῇ αὐλῇ καὶ ἔδωκεν αὐτῷ δόματα περὶ τούτων.Puis le roi donna ordre à Mardochée de rester au service de la Cour, et il le gratifia de cadeaux pour ce qu'il venait d'accomplir.
17καὶ ἦν Αμαν Αμαδαθου Βουγαῖος ἔνδοξος ἐνώπιον τοῦ βασιλέως· καὶ ἐζήτησεν κακοποιῆσαι τὸν Μαρδοχαῖον καὶ τὸν λαὸν αὐτοῦ ὑπὲρ τῶν δύο εὐνούχων τοῦ βασιλέως.Il y avait aussi Haman le Bougaïos, fils de Hamadathos, noble du roi. Pour l'affaire des deux eunuques royaux, celui-ci chercha à nuire à Mardochée et à son peuple.

Chapitre 1

1Καὶ ἐγένετο μετὰ τοὺς λόγους τούτους ἐν ταῖς ἡμέραις Ἀρταξέρξου – οὗτος ὁ Ἀρταξέρξης ἀπὸ τῆς Ἰνδικῆς ἑκατὸν εἴκοσι ἑπτὰ χωρῶν ἐκράτησενC'était au temps d'Artaxerxès. Cet Artaxerxès régna sur cent vingt-sept provinces depuis l'Inde.C'était au temps de Xerxès. Ce Xerxès régna sur cent vingt-sept provinces depuis l'Inde jusqu'à la Nubie.
2ἐν αὐταῖς ταῖς ἡμέραις, ὅτε ἐθρονίσθη ὁ βασιλεὺς Ἀρταξέρξης ἐν Σούσοις τῇ πόλει,A cette époque-là, lorsque le roi Artaxerxès vint prendre place sur son trône de la ville de Suse,A cette époque-là, lorsque le roi Xerxès vint prendre place sur son trône royal de Suse-la-citadelle,
3ἐν τῷ τρίτῳ ἔτει βασιλεύοντος αὐτοῦ δοχὴν ἐποίησεν τοῖς φίλοις καὶ τοῖς λοιποῖς ἔθνεσιν καὶ τοῖς Περσῶν καὶ Μήδων ἐνδόξοις καὶ τοῖς ἄρχουσιν τῶν σατραπῶν.la troisième année de son règne, il organisa un banquet pour ses amis, pour toutes les autres nations, pour les nobles parmi les Perses et les Mèdes, et pour les superpréfets.la troisième année de son règne, il organisa un banquet pour tous ses ministres et serviteurs. L'armée de Perse et de Médie, les nobles et les ministres des provinces vinrent devant lui.
4καὶ μετὰ ταῦτα μετὰ τὸ δεῖξαι αὐτοῖς τὸν πλοῦτον τῆς βασιλείας αὐτοῦ καὶ τὴν δόξαν τῆς εὐφροσύνης τοῦ πλούτου αὐτοῦ ἐπὶ ἡμέρας ἑκατὸν ὀγδοήκοντα,Puis, cent quatre-vingts jours durant, il leur montra la richesse de son royaume et la splendeur de ses riches plaisirs.Longtemps, cent quatre-vingts jours durant, il montra la richesse de sa gloire royale et la splendeur de sa grande magnificence.
5ὅτε δὲ ἀνεπληρώθησαν αἱ ἡμέραι τοῦ γάμου, ἐποίησεν ὁ βασιλεὺς πότον τοῖς ἔθνεσιν τοῖς εὑρεθεῖσιν εἰς τὴν πόλιν ἐπὶ ἡμέρας ἓξ ἐν αὐλῇ οἴκου τοῦ βασιλέωςAprès la période de noce, le roi organisa pendant six jours, pour les nations qui se trouvaient dans la ville, un festin dans la cour du palais royal.Après cette période, pour tous les gens qui se trouvaient à Suse-la-citadelle, du plus important au plus humble, le roi organisa un banquet de sept jours, dans la cour du jardin du palais.
6κεκοσμημένῃ βυσσίνοις καὶ καρπασίνοις τεταμένοις ἐπὶ σχοινίοις βυσσίνοις καὶ πορφυροῖς ἐπὶ κύβοις χρυσοῖς καὶ ἀργυροῖς ἐπὶ στύλοις παρίνοις καὶ λιθίνοις· κλῖναι χρυσαῖ καὶ ἀργυραῖ ἐπὶ λιθοστρώτου σμαραγδίτου λίθου καὶ πιννίνου καὶ παρίνου λίθου καὶ στρωμναὶ διαφανεῖς ποικίλως διηνθισμέναι, κύκλῳ ῥόδα πεπασμένα·La cour avait été décorée de lin et de mousseline tendus sur des cordelières de lin et d'écarlate, sur des chevilles d'or et d'argent, sur des colonnes de marbre et d'albâtre ; il y avait des divans d'or et d'argent sur un pavement d'émeraude, de nacre et de marbre ; puis des couvertures aux broderies chatoyantes, des roses parsemées à la ronde,De la dentelle, de la mousseline, de la pourpre étaient attachées par des cordelières de lin et d'écarlate à des anneaux d'argent et des colonnes d'albâtre ; il y avait des divans d'or et d'argent sur un pavement de jade, d'albâtre, de nacre et de jais.
7ποτήρια χρυσᾶ καὶ ἀργυρᾶ καὶ ἀνθράκινον κυλίκιον προκείμενον ἀπὸ ταλάντων τρισμυρίων· οἶνος πολὺς καὶ ἡδύς, ὃν αὐτὸς ὁ βασιλεὺς ἔπινεν.des coupes d'or et d'argent, une timbale garnie d'escarboucles évaluée à trente mille talents. Il y avait du bon vin à profusion, que le roi lui-même buvait.On faisait boire dans des coupes d'or, toutes de formes différentes ; et le vin du royaume coulait à flots, royalement.
8ὁ δὲ πότος οὗτος οὐ κατὰ προκείμενον νόμον ἐγένετο, οὕτως δὲ ἠθέλησεν ὁ βασιλεὺς καὶ ἐπέταξεν τοῖς οἰκονόμοις ποιῆσαι τὸ θέλημα αὐτοῦ καὶ τῶν ἀνθρώπων.Ce festin fut sans restriction : ainsi l'avait voulu le roi et il avait ordonné aux maîtres d'hôtel d'agir selon son désir et celui de chacun.La règle était de boire sans contrainte, car le roi avait ordonné à tous les maîtres d'hôtel d'agir selon le bon plaisir de chacun.
9καὶ Αστιν ἡ βασίλισσα ἐποίησε πότον ταῖς γυναιξὶν ἐν τοῖς βασιλείοις, ὅπου ὁ βασιλεὺς Ἀρταξέρξης.Astîn, la reine, avait également organisé un festin pour les femmes dans le palais royal, là où était le roi Artaxerxès.Vasti, la reine, avait également organisé un banquet pour les femmes dans le palais royal du roi Xerxès.
10ἐν δὲ τῇ ἡμέρᾳ τῇ ἑβδόμῃ ἡδέως γενόμενος ὁ βασιλεὺς εἶπεν τῷ Αμαν καὶ Βαζαν καὶ Θαρρα καὶ Βωραζη καὶ Ζαθολθα καὶ Αβαταζα καὶ Θαραβα, τοῖς ἑπτὰ εὐνούχοις τοῖς διακόνοις τοῦ βασιλέως Ἀρταξέρξου,Le septième jour, le roi était gai ; il dit alors à Haman, Bazân, Tharra, Bôrazè, Zatholtha, Abataza et Tharaba –les sept eunuques au service du roi Artaxerxès –Le septième jour, le roi était gai, à cause du vin. Il dit à Mehoumân, Bizta, Harbona, Bigta et Avagta, Zétar et Karkas – les sept eunuques au service du roi Xerxès –
11εἰσαγαγεῖν τὴν βασίλισσαν πρὸς αὐτὸν βασιλεύειν αὐτὴν καὶ περιθεῖναι αὐτῇ τὸ διάδημα καὶ δεῖξαι αὐτὴν πᾶσιν τοῖς ἄρχουσιν καὶ τοῖς ἔθνεσιν τὸ κάλλος αὐτῆς, ὅτι καλὴ ἦν.de faire venir la reine devant lui pour la faire trôner, la ceindre du diadème et montrer aux ministres et aux nations sa beauté ; c'est qu'elle était belle !de faire venir Vasti la reine, devant le roi, avec le diadème royal, pour montrer aux peuples et aux ministres sa beauté : c'est qu'elle était belle à regarder !
12καὶ οὐκ εἰσήκουσεν αὐτοῦ Αστιν ἡ βασίλισσα ἐλθεῖν μετὰ τῶν εὐνούχων. καὶ ἐλυπήθη ὁ βασιλεὺς καὶ ὠργίσθηMais la reine Astîn refusa de venir avec les eunuques. Alors, vexé, le roi se mit en colère.Mais la reine Vasti refusa de venir selon l'ordre du roi transmis par les eunuques. Alors le roi se mit dans une grande colère et s'enflamma de fureur.
13καὶ εἶπεν τοῖς φίλοις αὐτοῦ Κατὰ ταῦτα ἐλάλησεν Αστιν, ποιήσατε οὖν περὶ τούτου νόμον καὶ κρίσιν.Il dit à ses amis : « C'est ainsi qu'a répondu Astîn ? Eh bien ! statuez et jugez sur ce cas. »Or toute affaire royale devait aller devant tous les spécialistes de la loi et du droit ;
14καὶ προσῆλθεν αὐτῷ Αρκεσαιος καὶ Σαρσαθαιος καὶ Μαλησεαρ οἱ ἄρχοντες Περσῶν καὶ Μήδων οἱ ἐγγὺς τοῦ βασιλέως οἱ πρῶτοι παρακαθήμενοι τῷ βασιλεῖPuis s'approchèrent de lui Arkésaïos, Sarsathaïos et Malèséar, ministres des Perses et des Mèdes, qui se tenaient près du roi, siégeant en premier aux côtés du roi.et il y avait près du roi Karshena, Shétar, Admata, Tarshish, Mèrès, Marsena, Memoukân – les sept ministres de Perse et de Médie – , admis à voir le roi et siégeant au premier rang dans le royaume.
15καὶ ἀπήγγειλαν αὐτῷ κατὰ τοὺς νόμους ὡς δεῖ ποιῆσαι Αστιν τῇ βασιλίσσῃ, ὅτι οὐκ ἐποίησεν τὰ ὑπὸ τοῦ βασιλέως προσταχθέντα διὰ τῶν εὐνούχων.Ils lui indiquèrent, d'après les lois, ce qu'il fallait faire à la reine Astîn, attendu qu'elle n'avait pas exécuté les décisions du roi transmises par les eunuques.Donc, le roi dit aux astrologues : « D'après la loi, que faire à la reine Vasti, attendu qu'elle n'a pas exécuté la parole du roi Xerxès transmise par les eunuques ? »
16καὶ εἶπεν ὁ Μουχαιος πρὸς τὸν βασιλέα καὶ τοὺς ἄρχοντας Οὐ τὸν βασιλέα μόνον ἠδίκησεν Αστιν ἡ βασίλισσα, ἀλλὰ καὶ πάντας τοὺς ἄρχοντας καὶ τοὺς ἡγουμένους τοῦ βασιλέωςMoukhaïos prit alors la parole en présence du roi et des ministres : « Ce n'est pas seulement le roi que la reine Astîn a bafoué, mais aussi tous les ministres et tous les gouverneurs royaux.Memoukân prit alors la parole en présence du roi et des ministres : « Ce n'est pas seulement le roi que Vasti, la reine, a bafoué, mais tous les ministres et tous les peuples de toutes les provinces du roi Xerxès.
17[καὶ γὰρ διηγήσατο αὐτοῖς τὰ ῥήματα τῆς βασιλίσσης καὶ ὡς ἀντεῖπεν τῷ βασιλεῖ]. ὡς οὖν ἀντεῖπεν τῷ βασιλεῖ Ἀρταξέρξῃ,– Le roi leur avait en effet rapporté les paroles de la reine et la manière dont elle lui avait répliqué. De la même façon qu'elle a répliqué au roi Artaxerxès,Car la conduite de la reine filtrera jusqu'à toutes les femmes, les poussant à mépriser leurs maris, en disant : “Le roi Xerxès avait dit de faire venir devant lui Vasti, la reine, mais elle n'est pas venue !”
18οὕτως σήμερον αἱ τυραννίδες αἱ λοιπαὶ τῶν ἀρχόντων Περσῶν καὶ Μήδων ἀκούσασαι τὰ τῷ βασιλεῖ λεχθέντα ὑπ αὐτῆς τολμήσουσιν ὁμοίως ἀτιμάσαι τοὺς ἄνδρας αὐτῶν.c'est ainsi que toutes les autres dames des ministres perses et mèdes, dès qu'elles auront appris sa réponse au roi, oseront infliger un semblable déshonneur à leurs maris.Et dès aujourd'hui les femmes des ministres de Perse et de Médie, qui ont entendu parler de la conduite de la reine, vont se mettre à répliquer à tous les ministres du roi. Et à ce mépris correspondra la colère.
19εἰ οὖν δοκεῖ τῷ βασιλεῖ, προσταξάτω βασιλικόν, καὶ γραφήτω κατὰ τοὺς νόμους Μήδων καὶ Περσῶν· καὶ μὴ ἄλλως χρησάσθω, μηδὲ εἰσελθάτω ἔτι ἡ βασίλισσα πρὸς αὐτόν, καὶ τὴν βασιλείαν αὐτῆς δότω ὁ βασιλεὺς γυναικὶ κρείττονι αὐτῆς.S'il plaît au roi, qu'il produise une ordonnance royale qui sera inscrite dans les lois des Mèdes et des Perses. Qu'il n'y ait pas d'autre procédure ! Et que la reine ne s'approche plus du roi, qui donnera son titre de reine à une femme meilleure qu'elle !S'il plaît au roi, que sorte de sa part une ordonnance royale, qui sera inscrite dans les lois de Perse et de Médie et sera irrévocable, selon laquelle “Vasti ne viendra plus en présence du roi Xerxès, qui donnera son titre de reine à une autre meilleure qu'elle.”
20καὶ ἀκουσθήτω ὁ νόμος ὁ ὑπὸ τοῦ βασιλέως, ὃν ἐὰν ποιῇ, ἐν τῇ βασιλείᾳ αὐτοῦ, καὶ οὕτως πᾶσαι αἱ γυναῖκες περιθήσουσιν τιμὴν τοῖς ἀνδράσιν ἑαυτῶν ἀπὸ πτωχοῦ ἕως πλουσίου.Et que retentisse la loi établie par le roi, qu'il fera appliquer dans son royaume. Ainsi, toutes les femmes entoureront d'égards leurs maris, du plus pauvre au plus riche. »Et le décret que le roi aura rendu retentira dans tout son royaume – et il est grand ! Alors toutes les femmes entoureront d'égards leurs maris, du plus important au plus humble. »
21καὶ ἤρεσεν ὁ λόγος τῷ βασιλεῖ καὶ τοῖς ἄρχουσι, καὶ ἐποίησεν ὁ βασιλεὺς καθὰ ἐλάλησεν ὁ Μουχαιος·La chose plut au roi et aux ministres. Aussi le roi agit-il suivant les propos de Moukhaïos.La chose plut au roi et aux ministres. Aussi le roi agit-il suivant les paroles de Memoukân.
22καὶ ἀπέστειλεν εἰς πᾶσαν τὴν βασιλείαν κατὰ χώραν κατὰ τὴν λέξιν αὐτῶν ὥστε εἶναι φόβον αὐτοῖς ἐν ταῖς οἰκίαις αὐτῶν.Il envoya des lettres dans tout le royaume suivant chaque province selon sa langue, de sorte que les gens avaient peur dans leurs maisons.Il expédia des lettres à toutes les provinces royales, à chaque province selon son écriture et à chaque peuple selon sa langue, pour que tout homme soit maître chez soi et parle la langue de son peuple.

Chapitre 2

1Καὶ μετὰ τοὺς λόγους τούτους ἐκόπασεν ὁ βασιλεὺς τοῦ θυμοῦ καὶ οὐκέτι ἐμνήσθη τῆς Αστιν μνημονεύων οἷα ἐλάλησεν καὶ ὡς κατέκρινεν αὐτήν.Après ces événements, une fois sa fureur calmée, le roi ne fit plus mention d'Astîn, gardant en mémoire ses déclarations et la manière dont il l'avait condamnée.Après ces événements, une fois que la fureur du roi Xerxès fut calmée, il se souvint de Vasti, de ce qu'elle avait fait, et de ce qui avait été décidé à son sujet.
2καὶ εἶπαν οἱ διάκονοι τοῦ βασιλέως Ζητηθήτω τῷ βασιλεῖ κοράσια ἄφθορα καλὰ τῷ εἴδει·Les officiels à son service dirent alors : « Qu'on cherche pour le roi des jeunes filles, vierges et belles à regarder.Les courtisans à son service dirent alors : « Qu'on cherche pour le roi des jeunes filles, vierges et belles à regarder.
3καὶ καταστήσει ὁ βασιλεὺς κωμάρχας ἐν πάσαις ταῖς χώραις τῆς βασιλείας αὐτοῦ, καὶ ἐπιλεξάτωσαν κοράσια παρθενικὰ καλὰ τῷ εἴδει εἰς Σουσαν τὴν πόλιν εἰς τὸν γυναικῶνα, καὶ παραδοθήτωσαν τῷ εὐνούχῳ τοῦ βασιλέως τῷ φύλακι τῶν γυναικῶν, καὶ δοθήτω σμῆγμα καὶ ἡ λοιπὴ ἐπιμέλεια·Que le roi institue des commissaires dans toutes les provinces de son royaume et qu'ils choisissent des jeunes filles vierges et belles à regarder, pour les amener dans la ville de Suse au harem. Qu'elles soient alors confiées à l'eunuque royal, gardien des femmes. Qu'on donne des crèmes de beauté et qu'on pourvoie à leurs autres soins.Que le roi établisse des commissaires dans toutes les provinces de son royaume pour ramasser toutes les jeunes filles vierges et belles à regarder, dans Suse-la-citadelle, au harem, sous l'autorité d'Hégué, l'eunuque royal gardien des femmes. Et qu'on leur donne des crèmes de beauté.
4καὶ ἡ γυνή, ἣ ἂν ἀρέσῃ τῷ βασιλεῖ, βασιλεύσει ἀντὶ Αστιν. καὶ ἤρεσεν τῷ βασιλεῖ τὸ πρᾶγμα, καὶ ἐποίησεν οὕτως.La femme qui plaira au roi régnera à la place d'Astîn. » La chose plut au roi qui agit de la sorte.La jeune fille qui plaira au roi régnera à la place de Vasti. » La chose plut au roi qui agit de la sorte.
5Καὶ ἄνθρωπος ἦν Ιουδαῖος ἐν Σούσοις τῇ πόλει, καὶ ὄνομα αὐτῷ Μαρδοχαῖος ὁ τοῦ Ιαιρου τοῦ Σεμειου τοῦ Κισαιου ἐκ φυλῆς Βενιαμιν,Il y avait dans la ville de Suse un Juif nommé Mardochée, descendant de Jaïros, de Séméias, de Kisaïas, issu de la tribu de Benjamin ;Il y avait à Suse-la-citadelle un Juif nommé Mardochée descendant de Yaïr, de Shiméï, de Qish, un Benjaminite
6ὃς ἦν αἰχμάλωτος ἐξ Ιερουσαλημ, ἣν ᾐχμαλώτευσεν Ναβουχοδονοσορ βασιλεὺς Βαβυλῶνος.c'était un déporté, il venait de Jérusalem que Nabuchodonosor, roi de Babylone, avait emmenée en déportation.qui avait fait partie de ceux que, de Jérusalem, Nabuchodonosor le roi de Babylone avait déportés avec Yoyakîn, le roi de Juda.
7καὶ ἦν τούτῳ παῖς θρεπτή, θυγάτηρ Αμιναδαβ ἀδελφοῦ πατρὸς αὐτοῦ, καὶ ὄνομα αὐτῇ Εσθηρ· ἐν δὲ τῷ μεταλλάξαι αὐτῆς τοὺς γονεῖς ἐπαίδευσεν αὐτὴν ἑαυτῷ εἰς γυναῖκα· καὶ ἦν τὸ κοράσιον καλὸν τῷ εἴδει.Or il était tuteur d'une enfant, une fille de son oncle Aminadab ; elle se nommait Esther. Elle avait perdu ses parents et Mardochée l'avait élevée pour en faire sa femme. La jeune fille était belle à regarder.Or il était tuteur de Myrte – c'est Esther – sa cousine, car elle n'avait ni père, ni mère. La jeune fille avait un corps splendide et elle était belle à regarder. A la mort de son père et de sa mère, Mardochée l'avait adoptée pour fille.
8καὶ ὅτε ἠκούσθη τὸ τοῦ βασιλέως πρόσταγμα, συνήχθησαν κοράσια πολλὰ εἰς Σουσαν τὴν πόλιν ὑπὸ χεῖρα Γαι, καὶ ἤχθη Εσθηρ πρὸς Γαι τὸν φύλακα τῶν γυναικῶν.Après la proclamation de l'ordonnance du roi, on rassembla de nombreuses jeunes filles dans la ville de Suse sous l'autorité de Gaï. Esther fut donc amenée à Gaï, le gardien des femmes.Après la proclamation de l'ordonnance du roi et de son décret, et le ramassage de nombreuses jeunes filles à Suse-la-citadelle sous l'autorité d'Hégué, Esther fut emmenée au palais, sous l'autorité d'Hégué, le gardien des femmes.
9καὶ ἤρεσεν αὐτῷ τὸ κοράσιον καὶ εὗρεν χάριν ἐνώπιον αὐτοῦ, καὶ ἔσπευσεν αὐτῇ δοῦναι τὸ σμῆγμα καὶ τὴν μερίδα καὶ τὰ ἑπτὰ κοράσια τὰ ἀποδεδειγμένα αὐτῇ ἐκ βασιλικοῦ καὶ ἐχρήσατο αὐτῇ καλῶς καὶ ταῖς ἅβραις αὐτῆς ἐν τῷ γυναικῶνι·La jeune fille lui plut et gagna sa faveur. Il se dépêcha de lui donner les crèmes de beauté et son régime, ainsi que les sept filles les plus remarquables venant pour elle du palais. Il la traita bien, elle et ses demoiselles d'honneur, dans le harem.La jeune fille lui plut et gagna sa faveur. Il se dépêcha de lui donner ses crèmes de beauté et son régime, et de lui donner les sept filles les plus remarquables du palais. Puis il la transféra, elle et ses filles, dans le meilleur appartement du harem.
10καὶ οὐχ ὑπέδειξεν Εσθηρ τὸ γένος αὐτῆς οὐδὲ τὴν πατρίδα, ὁ γὰρ Μαρδοχαῖος ἐνετείλατο αὐτῇ μὴ ἀπαγγεῖλαι.Esther n'avait révélé ni sa race ni sa patrie, car Mardochée lui avait interdit de le faire.Esther n'avait révélé ni son peuple ni sa parenté, car Mardochée lui avait interdit de le faire.
11καθ ἑκάστην δὲ ἡμέραν ὁ Μαρδοχαῖος περιεπάτει κατὰ τὴν αὐλὴν τὴν γυναικείαν ἐπισκοπῶν τί Εσθηρ συμβήσεται.D'ailleurs, chaque jour, Mardochée se promenait près de la cour des femmes, guettant ce qui arriverait à Esther.Chaque jour, Mardochée se promenait devant la cour du harem pour savoir comment allait Esther et comment on la traitait.
12οὗτος δὲ ἦν καιρὸς κορασίου εἰσελθεῖν πρὸς τὸν βασιλέα, ὅταν ἀναπληρώσῃ μῆνας δέκα δύο· οὕτως γὰρ ἀναπληροῦνται αἱ ἡμέραι τῆς θεραπείας, μῆνας ἓξ ἀλειφόμεναι ἐν σμυρνίνῳ ἐλαίῳ καὶ μῆνας ἓξ ἐν τοῖς ἀρώμασιν καὶ ἐν τοῖς σμήγμασιν τῶν γυναικῶν,Au terme de douze mois, le moment était venu pour une jeune fille de s'approcher du roi. La période des préparatifs se déroulait ainsi : pendant six mois, elle se frottait avec de l'huile de myrrhe, puis pendant six mois avec des baumes et des crèmes de beauté féminines.Lorsqu'une des jeunes filles avait fini d'observer le règlement de douze mois imposé aux femmes, arrivait son tour d'aller près du roi Xerxès. La période du massage se déroulait ainsi : pendant six mois avec de l'huile de myrrhe, puis pendant six mois avec des baumes et des crèmes de beauté féminines.
13καὶ τότε εἰσπορεύεται πρὸς τὸν βασιλέα· καὶ ὃ ἐὰν εἴπῃ, παραδώσει αὐτῇ συνεισέρχεσθαι αὐτῇ ἀπὸ τοῦ γυναικῶνος ἕως τῶν βασιλείων.Elle allait alors près du roi. Celui qu'il avait mandaté permettait à la jeune fille de l'accompagner depuis le harem jusqu'aux appartements royaux.Voici alors comment la jeune fille allait près du roi : on lui donnait tout ce qu'elle demandait à emporter avec elle du harem au palais.
14δείλης εἰσπορεύεται καὶ πρὸς ἡμέραν ἀποτρέχει εἰς τὸν γυναικῶνα τὸν δεύτερον, οὗ Γαι ὁ εὐνοῦχος τοῦ βασιλέως ὁ φύλαξ τῶν γυναικῶν, καὶ οὐκέτι εἰσπορεύεται πρὸς τὸν βασιλέα, ἐὰν μὴ κληθῇ ὀνόματι.Le soir, elle allait ; le matin, elle se retirait dans le second harem dont Gaï, l'eunuque royal, était le gardien. Elle n'allait plus alors près du roi, à moins qu'elle ne soit appelée nommément.Le soir, elle allait ; le matin, elle revenait dans un second harem, sous l'autorité de Shaashgaz, l'eunuque royal gardien des maîtresses. Elle n'ira plus près du roi à moins que le roi ne la désire, et qu'elle ne soit appelée nommément.
15ἐν δὲ τῷ ἀναπληροῦσθαι τὸν χρόνον Εσθηρ τῆς θυγατρὸς Αμιναδαβ ἀδελφοῦ πατρὸς Μαρδοχαίου εἰσελθεῖν πρὸς τὸν βασιλέα οὐδὲν ἠθέτησεν ὧν αὐτῇ ἐνετείλατο ὁ εὐνοῦχος ὁ φύλαξ τῶν γυναικῶν· ἦν γὰρ Εσθηρ εὑρίσκουσα χάριν παρὰ πάντων τῶν βλεπόντων αὐτήν.Quand Esther, la fille d'Aminadab l'oncle de Mardochée, eut rempli les délais pour s'approcher du roi, elle n'avait refusé aucun des ordres de l'eunuque gardien des femmes. De fait, Esther gagnait la faveur de tous ceux qui la voyaient.Quand, pour Esther, la fille d'Avihaïl, l'oncle de Mardochée qui l'avait adoptée, arriva le tour d'aller près du roi, elle ne demanda rien d'autre que ce qu'avait indiqué Hégué, l'eunuque royal gardien des femmes. Esther gagnait la bienveillance de tous ceux qui la voyaient.
16καὶ εἰσῆλθεν Εσθηρ πρὸς Ἀρταξέρξην τὸν βασιλέα τῷ δωδεκάτῳ μηνί, ὅς ἐστιν Αδαρ, τῷ ἑβδόμῳ ἔτει τῆς βασιλείας αὐτοῦ.Esther s'approcha donc du roi Artaxerxès le douzième mois, c'est-à-dire en Adar, la septième année du règne.Esther fut donc emmenée près du roi Xerxès, à son palais royal, le dixième mois, c'est-à-dire au mois de Téveth, la septième année du règne.
17καὶ ἠράσθη ὁ βασιλεὺς Εσθηρ, καὶ εὗρεν χάριν παρὰ πάσας τὰς παρθένους, καὶ ἐπέθηκεν αὐτῇ τὸ διάδημα τὸ γυναικεῖον.Et le roi tomba amoureux d'Esther qui gagna sa faveur plus que toutes les jeunes filles. Il lui mit alors le diadème de son épouse.Et le roi tomba amoureux d'Esther plus que de toutes les femmes, et elle gagna sa bienveillance et sa faveur plus que toutes les jeunes filles. Il mit alors le diadème royal sur sa tête et il la fit reine à la place de Vasti.
18καὶ ἐποίησεν ὁ βασιλεὺς πότον πᾶσι τοῖς φίλοις αὐτοῦ καὶ ταῖς δυνάμεσιν ἐπὶ ἡμέρας ἑπτὰ καὶ ὕψωσεν τοὺς γάμους Εσθηρ καὶ ἄφεσιν ἐποίησεν τοῖς ὑπὸ τὴν βασιλείαν αὐτοῦ.Puis pour tous ses amis et tous les puissants, le roi organisa un festin pendant sept jours, et il célébra ses noces avec Esther. Il accorda un dégrèvement à tous les sujets de son royaume.Puis, pour tous ses ministres et serviteurs, le roi organisa un grand banquet, le banquet d'Esther. Il accorda un dégrèvement aux provinces et il octroya un don, royalement.
19ὁ δὲ Μαρδοχαῖος ἐθεράπευεν ἐν τῇ αὐλῇ.Mardochée servait à la Cour.Lors d'un second ramassage de jeunes filles, Mardochée se tenait assis à la porte royale.
20ἡ δὲ Εσθηρ οὐχ ὑπέδειξεν τὴν πατρίδα αὐτῆς· οὕτως γὰρ ἐνετείλατο αὐτῇ Μαρδοχαῖος φοβεῖσθαι τὸν θεὸν καὶ ποιεῖν τὰ προστάγματα αὐτοῦ, καθὼς ἦν μετ αὐτοῦ, καὶ Εσθηρ οὐ μετήλλαξεν τὴν ἀγωγὴν αὐτῆς.Esther n'avait pas révélé sa patrie ; c'est que Mardochée lui avait fait cette recommandation : craindre Dieu et accomplir ses commandements – comme lorsqu'elle était avec lui. Esther ne changea pas de conduite.Esther n'avait révélé ni sa parenté ni son peuple, comme Mardochée le lui avait commandé : Esther exécutait la parole de Mardochée, comme lorsqu'elle était sous sa tutelle.
21Καὶ ἐλυπήθησαν οἱ δύο εὐνοῦχοι τοῦ βασιλέως οἱ ἀρχισωματοφύλακες ὅτι προήχθη Μαρδοχαῖος, καὶ ἐζήτουν ἀποκτεῖναι Ἀρταξέρξην τὸν βασιλέα.Les deux eunuques royaux qui étaient chefs des gardes du corps avaient pris ombrage de l'avancement de Mardochée et ils cherchaient à tuer le roi Artaxerxès.A cette époque-là, alors que Mardochée était assis à la porte royale, deux eunuques royaux, Bigtân et Tèresh, de la garde du seuil, furent exaspérés et cherchèrent à porter la main sur le roi Xerxès.
22καὶ ἐδηλώθη Μαρδοχαίῳ ὁ λόγος, καὶ ἐσήμανεν Εσθηρ, καὶ αὐτὴ ἐνεφάνισεν τῷ βασιλεῖ τὰ τῆς ἐπιβουλῆς.Mais l'affaire fut connue de Mardochée ; il en informa Esther qui découvrit au roi les éléments de la conspiration.Mais l'affaire fut connue de Mardochée qui informa Esther, la reine ; Esther la dit au roi au nom de Mardochée.
23ὁ δὲ βασιλεὺς ἤτασεν τοὺς δύο εὐνούχους καὶ ἐκρέμασεν αὐτούς· καὶ προσέταξεν ὁ βασιλεὺς καταχωρίσαι εἰς μνημόσυνον ἐν τῇ βασιλικῇ βιβλιοθήκῃ ὑπὲρ τῆς εὐνοίας Μαρδοχαίου ἐν ἐγκωμίῳ.Le roi interrogea les deux eunuques, qui furent pendus. En éloge, le roi ordonna d'enregistrer ces faits dans la Bibliothèque Royale pour garder le souvenir des bons offices de Mardochée. L'affaire fut instruite et se trouva avérée... Les deux furent pendus à un gibet. Et cela fut enregistré dans le livre des Annales en présence du roi.

Chapitre 3

1Μετὰ δὲ ταῦτα ἐδόξασεν ὁ βασιλεὺς Ἀρταξέρξης Αμαν Αμαδαθου Βουγαῖον καὶ ὕψωσεν αὐτόν, καὶ ἐπρωτοβάθρει πάντων τῶν φίλων αὐτοῦ.Après ces événements, le roi Artaxerxès donna une haute situation à Haman le Bougaïos, fils de Hamadathos ; il l'éleva et le fit siéger au premier rang de ses amis.Après ces événements, le roi Xerxès donna une haute situation à Haman, le fils de Hammedata, un Agaguite ; il l'éleva et le fit siéger au-dessus de tous les ministres qui étaient avec lui.
2καὶ πάντες οἱ ἐν τῇ αὐλῇ προσεκύνουν αὐτῷ, οὕτως γὰρ προσέταξεν ὁ βασιλεὺς ποιῆσαι· ὁ δὲ Μαρδοχαῖος οὐ προσεκύνει αὐτῷ.Tous les courtisans se prosternaient devant lui, comme le roi l'avait en effet commandé. Mais Mardochée ne se prosternait pas devant Haman.Tous les serviteurs du roi présents à la porte royale s'agenouillaient et se prosternaient devant Haman, comme le roi l'avait commandé à son sujet. Mais Mardochée ne s'agenouillait pas et ne se prosternait pas.
3καὶ ἐλάλησαν οἱ ἐν τῇ αὐλῇ τοῦ βασιλέως τῷ Μαρδοχαίῳ Μαρδοχαῖε, τί παρακούεις τὰ ὑπὸ τοῦ βασιλέως λεγόμενα;Les courtisans du roi dirent alors à Mardochée : « Pourquoi ne tiens-tu pas compte de ce qui a été dit par le roi ? »Les serviteurs du roi présents à la porte royale dirent alors à Mardochée : « Pourquoi transgresses-tu le commandement du roi ? »
4καθ ἑκάστην ἡμέραν ἐλάλουν αὐτῷ, καὶ οὐχ ὑπήκουεν αὐτῶν· καὶ ὑπέδειξαν τῷ Αμαν Μαρδοχαῖον τοῖς τοῦ βασιλέως λόγοις ἀντιτασσόμενον· καὶ ὑπέδειξεν αὐτοῖς ὁ Μαρδοχαῖος ὅτι Ιουδαῖός ἐστιν.Chaque jour, ils lui en parlaient, mais lui ne les écoutait pas. Alors ils informèrent Haman que Mardochée s'opposait à ce qu'avait dit le roi. Mardochée leur avait révélé qu'il était juif.Ils lui en parlaient chaque jour, mais lui ne les écoutait pas. Alors ils informèrent Haman, pour voir si les affirmations de Mardochée tiendraient : en effet il leur avait révélé qu'il était juif.
5καὶ ἐπιγνοὺς Αμαν ὅτι οὐ προσκυνεῖ αὐτῷ Μαρδοχαῖος, ἐθυμώθη σφόδραLorsqu'il apprit que Mardochée ne se prosternait pas devant lui, Haman fut rempli de fureurVoyant que Mardochée ne s'agenouillait pas et ne se prosternait pas devant lui, Haman fut rempli de fureur.
6καὶ ἐβουλεύσατο ἀφανίσαι πάντας τοὺς ὑπὸ τὴν Ἀρταξέρξου βασιλείαν Ιουδαίους.et il résolut de faire disparaître tous les Juifs du royaume d'Artaxerxès.Mais il dédaigna de porter la main sur Mardochée seulement, car on lui avait révélé quel était le peuple de Mardochée. Haman chercha à exterminer le peuple de Mardochée, à savoir tous les Juifs présents dans tout le royaume de Xerxès.
7καὶ ἐποίησεν ψήφισμα ἐν ἔτει δωδεκάτῳ τῆς βασιλείας Ἀρταξέρξου καὶ ἔβαλεν κλήρους ἡμέραν ἐξ ἡμέρας καὶ μῆνα ἐκ μηνὸς ὥστε ἀπολέσαι ἐν μιᾷ ἡμέρᾳ τὸ γένος Μαρδοχαίου, καὶ ἔπεσεν ὁ κλῆρος εἰς τὴν τεσσαρεσκαιδεκάτην τοῦ μηνός, ὅς ἐστιν Αδαρ.Il prit un décret la douzième année du règne d'Artaxerxès et il tira au sort le jour, puis le mois, de façon à anéantir en une seule journée la race de Mardochée. Le sort tomba sur le quatorzième jour du mois d'Adar.Le premier mois, c'est-à-dire au mois de Nisan, la douzième année du roi Xerxès, on tira au Destin, c'est-à-dire au sort, devant Haman, en passant d'un jour à l'autre et d'un mois à l'autre : douzième mois ! C'est-à-dire le mois d'Adar.
8καὶ ἐλάλησεν πρὸς τὸν βασιλέα Ἀρταξέρξην λέγων Ὑπάρχει ἔθνος διεσπαρμένον ἐν τοῖς ἔθνεσιν ἐν πάσῃ τῇ βασιλείᾳ σου, οἱ δὲ νόμοι αὐτῶν ἔξαλλοι παρὰ πάντα τὰ ἔθνη, τῶν δὲ νόμων τοῦ βασιλέως παρακούουσιν, καὶ οὐ συμφέρει τῷ βασιλεῖ ἐᾶσαι αὐτούς·Alors Haman dit au roi Artaxerxès : « Il y a une nation dispersée au milieu des nations dans tout ton royaume. Leurs lois sont fort différentes de celles de toutes les nations, et ils ne tiennent pas compte des lois royales. Le roi n'a pas intérêt à les laisser tranquilles.Alors Haman dit au roi Xerxès : « Il y a un peuple particulier, dispersé et séparé au milieu des peuples dans toutes les provinces de ton royaume. Leurs lois sont différentes de celles de tout peuple, et ils n'exécutent pas les lois royales. Le roi n'a pas intérêt à les laisser tranquilles.
9εἰ δοκεῖ τῷ βασιλεῖ, δογματισάτω ἀπολέσαι αὐτούς, κἀγὼ διαγράψω εἰς τὸ γαζοφυλάκιον τοῦ βασιλέως ἀργυρίου τάλαντα μύρια.S'il plaît au roi, qu'il décide de les anéantir. Quant à moi, j'inscrirai sur le compte du Trésor royal une somme de dix mille talents d'argent. »S'il plaît au roi, on écrira pour les anéantir. Et je compterai dix mille pièces d'argent entre les mains des fonctionnaires pour les faire rentrer au Trésor. »
10καὶ περιελόμενος ὁ βασιλεὺς τὸν δακτύλιον ἔδωκεν εἰς χεῖρα τῷ Αμαν σφραγίσαι κατὰ τῶν γεγραμμένων κατὰ τῶν Ιουδαίων.Alors le roi ôta sa bague et la mit dans la main de Haman pour qu'il appose le sceau sur les lettres contre les Juifs.Alors le roi enleva son anneau de son doigt et le donna à Haman, le fils de Hammedata, l'Agaguite, oppresseur des Juifs.
11καὶ εἶπεν ὁ βασιλεὺς τῷ Αμαν Τὸ μὲν ἀργύριον ἔχε, τῷ δὲ ἔθνει χρῶ ὡς βούλει.Puis le roi dit à Haman : « Garde l'argent ! et traite cette nation à ton gré. »Puis le roi dit à Haman : « L'argent, on te l'abandonne, et aussi le peuple pour lui faire ce qu'il te plaira. »
12καὶ ἐκλήθησαν οἱ γραμματεῖς τοῦ βασιλέως μηνὶ πρώτῳ τῇ τρισκαιδεκάτῃ καὶ ἔγραψαν, ὡς ἐπέταξεν Αμαν, τοῖς στρατηγοῖς καὶ τοῖς ἄρχουσιν κατὰ πᾶσαν χώραν ἀπὸ Ἰνδικῆς ἕως τῆς Αἰθιοπίας, ταῖς ἑκατὸν εἴκοσι ἑπτὰ χώραις, τοῖς τε ἄρχουσι τῶν ἐθνῶν κατὰ τὴν αὐτῶν λέξιν δι Ἀρταξέρξου τοῦ βασιλέως.Les secrétaires royaux furent alors convoqués le treize du premier mois et ils écrivirent suivant les ordres de Haman aux généraux et aux ministres de chaque province depuis l'Inde jusqu'à l'Ethiopie, aux cent vingt-sept provinces et aux chefs des nations, selon leur langue, au nom du roi Artaxerxès.Les secrétaires royaux furent alors convoqués au premier mois, le treize, et l'on écrivit, en conformité totale avec les ordres de Haman, aux préfets royaux, aux gouverneurs de chaque province et aux chefs de chaque peuple, à chaque province selon son écriture et à chaque peuple selon sa langue. On écrivit au nom du roi Xerxès et on cacheta avec l'anneau royal.
13καὶ ἀπεστάλη διὰ βιβλιαφόρων εἰς τὴν Ἀρταξέρξου βασιλείαν ἀφανίσαι τὸ γένος τῶν Ιουδαίων ἐν ἡμέρᾳ μιᾷ μηνὸς δωδεκάτου, ὅς ἐστιν Αδαρ, καὶ διαρπάσαι τὰ ὑπάρχοντα αὐτῶν.Puis on envoya des porteurs de dépêches dans le royaume d'Artaxerxès pour faire disparaître la race juive en un seul jour du douzième mois, c'est-à-dire Adar, et pour piller leurs biens. Puis par des courriers on expédia les lettres à toutes les provinces royales pour exterminer, tuer et anéantir tous les Juifs, jeunes et vieux, enfants et femmes, en un seul jour, le treize du douzième mois, c'est-à-dire le mois d'Adar, et pour piller leurs biens.

Chapitre B

1τῆς δὲ ἐπιστολῆς ἐστιν τὸ ἀντίγραφον τόδε Βασιλεὺς μέγας Ἀρταξέρξης τοῖς ἀπὸ τῆς Ἰνδικῆς ἕως τῆς Αἰθιοπίας ἑκατὸν εἴκοσι ἑπτὰ χωρῶν ἄρχουσι καὶ τοπάρχαις ὑποτεταγμένοις τάδε γράφειDe cette lettre, voici la copie : « Le Grand Roi Artaxerxès, aux ministres et préfets subalternes des cent vingt-sept provinces depuis l'Inde jusqu'à l'Ethiopie, écrit ce qui suit :
2Πολλῶν ἐπάρξας ἐθνῶν καὶ πάσης ἐπικρατήσας οἰκουμένης ἐβουλήθην, μὴ τῷ θράσει τῆς ἐξουσίας ἐπαιρόμενος, ἐπιεικέστερον δὲ καὶ μετὰ ἠπιότητος ἀεὶ διεξάγων, τοὺς τῶν ὑποτεταγμένων ἀκυμάτους διὰ παντὸς καταστῆσαι βίους, τήν τε βασιλείαν ἥμερον καὶ πορευτὴν μέχρι περάτων παρεξόμενος ἀνανεώσασθαί τε τὴν ποθουμένην τοῖς πᾶσιν ἀνθρώποις εἰρήνην.« Moi qui étends mon empire sur nombre de nations et ma puissance sur la terre entière, j'ai voulu – sans me laisser griser par l'orgueil du pouvoir, mais au contraire en gouvernant toujours avec bienveillance et assez de modération – maintenir en tout temps sans remous la vie de mes sujets, rendre le royaume civilisé et praticable jusqu'aux frontières, restaurer la paix à laquelle tous les hommes aspirent.
3πυθομένου δέ μου τῶν συμβούλων πῶς ἂν ἀχθείη τοῦτο ἐπὶ πέρας, σωφροσύνῃ παρ ἡμῖν διενέγκας καὶ ἐν τῇ εὐνοίᾳ ἀπαραλλάκτως καὶ βεβαίᾳ πίστει ἀποδεδειγμένος καὶ δεύτερον τῶν βασιλειῶν γέρας ἀπενηνεγμένος Αμαν« Lorsque j'ai consulté mes conseillers pour savoir comment atteindre ces objectifs, celui qui, parmi nous, s'est distingué par la sagesse, qui a constamment donné la preuve de ses bons offices et d'une fidélité sûre, qui a obtenu le titre de second personnage du royaume, Haman,
4ἐπέδειξεν ἡμῖν ἐν πάσαις ταῖς κατὰ τὴν οἰκουμένην φυλαῖς ἀναμεμεῖχθαι δυσμενῆ λαόν τινα τοῖς νόμοις ἀντίθετον πρὸς πᾶν ἔθνος τά τε τῶν βασιλέων παραπέμποντας διηνεκῶς διατάγματα πρὸς τὸ μὴ κατατίθεσθαι τὴν ὑφ ἡμῶν κατευθυνομένην ἀμέμπτως συναρχίαν.nous a montré que, parmi toutes les tribus répandues sur la terre, se trouve mêlée une espèce de peuple malveillant, opposé par ses lois à toute nation, des gens qui rejettent continuellement les ordonnances royales pour que ne s'établisse pas le gouvernement commun que nous dirigeons avec droiture et de façon irréprochable.
5διειληφότες οὖν τόδε τὸ ἔθνος μονώτατον ἐν ἀντιπαραγωγῇ παντὶ διὰ παντὸς ἀνθρώπῳ κείμενον διαγωγὴν νόμων ξενίζουσαν παραλλάσσον καὶ δυσνοοῦν τοῖς ἡμετέροις πράγμασιν τὰ χείριστα συντελοῦν κακὰ καὶ πρὸς τὸ μὴ τὴν βασιλείαν εὐσταθείας τυγχάνειν·« Ayant donc saisi que cette nation est la seule à se placer en une continuelle opposition à tout homme, qu'elle se met à part en se conduisant selon des lois étrangères, et que, hostile à nos affaires, elle commet les pires méfaits – et cela, afin que le royaume ne trouve pas de stabilité :
6προστετάχαμεν οὖν τοὺς σημαινομένους ὑμῖν ἐν τοῖς γεγραμμένοις ὑπὸ Αμαν τοῦ τεταγμένου ἐπὶ τῶν πραγμάτων καὶ δευτέρου πατρὸς ἡμῶν πάντας σὺν γυναιξὶ καὶ τέκνοις ἀπολέσαι ὁλορριζεὶ ταῖς τῶν ἐχθρῶν μαχαίραις ἄνευ παντὸς οἴκτου καὶ φειδοῦς τῇ τεσσαρεσκαιδεκάτῃ τοῦ δωδεκάτου μηνὸς Αδαρ τοῦ ἐνεστῶτος ἔτους,en conséquence, nous ordonnons que ceux que vous signale par écrit Haman, préposé aux affaires et pour nous un second père, que tous ceux-là soient anéantis radicalement, y compris femmes et enfants, par l'épée de leurs ennemis, sans aucune pitié ni ménagement, le quatorzième jour du douzième mois (Adar) de la présente année,
7ὅπως οἱ πάλαι καὶ νῦν δυσμενεῖς ἐν ἡμέρᾳ μιᾷ βιαίως εἰς τὸν ᾅδην κατελθόντες εἰς τὸν μετέπειτα χρόνον εὐσταθῆ καὶ ἀτάραχα παρέχωσιν ἡμῖν διὰ τέλους τὰ πράγματα.de façon que les opposants d'hier et d'aujourd'hui, précipités violemment aux enfers, en un seul jour, nous assurent pour le temps à venir des affaires définitivement stables et sans bouleversement. »

Chapitre 3

14τὰ δὲ ἀντίγραφα τῶν ἐπιστολῶν ἐξετίθετο κατὰ χώραν, καὶ προσετάγη πᾶσι τοῖς ἔθνεσιν ἑτοίμους εἶναι εἰς τὴν ἡμέραν ταύτην.Les copies des lettres furent promulguées dans chaque province, et ordre fut donné à toutes les nations de se tenir prêtes au jour dit.Copie de l'écrit serait promulguée comme décret dans chaque province et communiquée à tous les peuples, pour qu'ils soient prêts au jour dit.
15ἐσπεύδετο δὲ τὸ πρᾶγμα καὶ εἰς Σουσαν· ὁ δὲ βασιλεὺς καὶ Αμαν ἐκωθωνίζοντο, ἐταράσσετο δὲ ἡ πόλις.L'affaire fut menée bon train, même à Suse. Et tandis que le roi et Haman s'enivraient, la ville était bouleversée.Sur l'ordre du roi, les courriers sortirent à toute vitesse, et le décret fut promulgué à Suse-la-citadelle. Le roi et Haman s'assirent pour boire ; et la ville de Suse fut désemparée.

Chapitre 4

1Ὁ δὲ Μαρδοχαῖος ἐπιγνοὺς τὸ συντελούμενον διέρρηξεν τὰ ἱμάτια αὐτοῦ καὶ ἐνεδύσατο σάκκον καὶ κατεπάσατο σποδὸν καὶ ἐκπηδήσας διὰ τῆς πλατείας τῆς πόλεως ἐβόα φωνῇ μεγάλῃ Αἴρεται ἔθνος μηδὲν ἠδικηκός.Apprenant les faits, Mardochée déchira ses habits, se revêtit d'un sac, répandit sur lui de la cendre et, se précipitant à travers la grand-rue de la ville, il criait d'une voix forte : « On supprime une nation innocente ! »Apprenant tout ce qui s'était passé, Mardochée déchira ses habits ; il se revêtit d'un sac et de cendre, il sortit au milieu de la ville, il poussa un grand cri amer.
2καὶ ἦλθεν ἕως τῆς πύλης τοῦ βασιλέως καὶ ἔστη· οὐ γὰρ ἦν ἐξὸν αὐτῷ εἰσελθεῖν εἰς τὴν αὐλὴν σάκκον ἔχοντι καὶ σποδόν.Puis il alla jusqu'à la porte royale et il se tint là ; car il ne lui était pas permis d'entrer dans la cour, couvert d'un sac et de cendre.Puis il alla jusque devant la porte royale, car revêtu d'un sac, personne ne pouvait franchir la porte royale.
3καὶ ἐν πάσῃ χώρᾳ, οὗ ἐξετίθετο τὰ γράμματα, κραυγὴ καὶ κοπετὸς καὶ πένθος μέγα τοῖς Ιουδαίοις, σάκκον καὶ σποδὸν ἔστρωσαν ἑαυτοῖς.Or en chaque province où les lettres avaient été promulguées, c'était des lamentations, des coups sur la poitrine, un grand deuil pour les Juifs, qui s'étendirent sur le sac et la cendre.Or, en chaque province où l'ordonnance du roi et son décret étaient parvenus, c'était un grand deuil pour les Juifs : jeûne, larmes, lamentations ; sac et cendre étaient le lit de beaucoup.
4καὶ εἰσῆλθον αἱ ἅβραι καὶ οἱ εὐνοῦχοι τῆς βασιλίσσης καὶ ἀνήγγειλαν αὐτῇ, καὶ ἐταράχθη ἀκούσασα τὸ γεγονὸς καὶ ἀπέστειλεν στολίσαι τὸν Μαρδοχαῖον καὶ ἀφελέσθαι αὐτοῦ τὸν σάκκον, ὁ δὲ οὐκ ἐπείσθη.Les demoiselles d'honneur et les eunuques de la reine vinrent la mettre au courant. En entendant ce qui se passait, elle fut bouleversée. Puis elle envoya des vêtements pour que Mardochée s'habille et enlève son sac. Mais il n'y consentit pas.Les filles d'Esther et ses eunuques vinrent la mettre au courant. La reine eut une crise de désespoir. Puis elle envoya des vêtements pour que Mardochée s'habille et enlève son sac. Mais il n'accepta pas.
5ἡ δὲ Εσθηρ προσεκαλέσατο Αχραθαῖον τὸν εὐνοῦχον αὐτῆς, ὃς παρειστήκει αὐτῇ, καὶ ἀπέστειλεν μαθεῖν αὐτῇ παρὰ τοῦ Μαρδοχαίου τὸ ἀκριβές·Alors Esther appela Hakhrathaïos, son eunuque qui se tenait à sa disposition, et elle l'envoya prendre pour elle des informations exactes auprès de Mardochée.Alors Esther appela Hatak, l'un des eunuques du roi qu'il avait mis à sa disposition, et elle le manda vers Mardochée pour savoir ce qui se passait et pourquoi.
6Hatak sortit pour rencontrer Mardochée, sur la place de la ville qui était en face de la porte royale.
7ὁ δὲ Μαρδοχαῖος ὑπέδειξεν αὐτῷ τὸ γεγονὸς καὶ τὴν ἐπαγγελίαν, ἣν ἐπηγγείλατο Αμαν τῷ βασιλεῖ εἰς τὴν γάζαν ταλάντων μυρίων, ἵνα ἀπολέσῃ τοὺς Ιουδαίους·Alors Mardochée lui révéla ce qui était arrivé et la promesse que Haman avait faite au roi, concernant les dix mille talents pour le Trésor, afin d'anéantir les Juifs.Alors Mardochée lui révéla tout ce qui lui était arrivé, et combien d'argent Haman avait proposé de compter pour le trésor royal, en échange de l'anéantissement des Juifs.
8καὶ τὸ ἀντίγραφον τὸ ἐν Σούσοις ἐκτεθὲν ὑπὲρ τοῦ ἀπολέσθαι αὐτοὺς ἔδωκεν αὐτῷ δεῖξαι τῇ Εσθηρ καὶ εἶπεν αὐτῷ ἐντείλασθαι αὐτῇ εἰσελθούσῃ παραιτήσασθαι τὸν βασιλέα καὶ ἀξιῶσαι αὐτὸν περὶ τοῦ λαοῦ μνησθεῖσα ἡμερῶν ταπεινώσεώς σου ὡς ἐτράφης ἐν χειρί μου, διότι Αμαν ὁ δευτερεύων τῷ βασιλεῖ ἐλάλησεν καθ ἡμῶν εἰς θάνατον· ἐπικάλεσαι τὸν κύριον καὶ λάλησον τῷ βασιλεῖ περὶ ἡμῶν καὶ ῥῦσαι ἡμᾶς ἐκ θανάτου.Il lui remit aussi une copie de ce qu'on avait promulgué à Suse pour leur anéantissement, afin qu'il la montre à Esther. De plus, il lui déclara qu'il commandait à Esther d'aller chez le roi, de lui demander grâce et de le supplier pour son peuple. – « Rappelle-toi les jours de ton humble condition, comment tu as été nourrie de ma main ; car Haman, qui est le second personnage, a parlé au roi contre nous pour nous faire mourir. Invoque le Seigneur ! Parle au roi à notre sujet ! Arrache-nous à la mort ! »Il lui remit aussi une copie du texte du décret promulgué à Suse pour leur extermination, afin qu'il le montre à Esther, la mette au courant et lui commande d'aller près du roi, de lui demander grâce et de le supplier en face pour son peuple.
9εἰσελθὼν δὲ ὁ Αχραθαῖος ἐλάλησεν αὐτῇ πάντας τοὺς λόγους τούτους.Hakhrathaïos vint rapporter à Esther toutes ces paroles.Hatak vint mettre Esther au courant des paroles de Mardochée.
10εἶπεν δὲ Εσθηρ πρὸς Αχραθαῖον Πορεύθητι πρὸς Μαρδοχαῖον καὶ εἰπὸν ὅτιAlors Esther dit à Hakhrathaïos : « Va dire à Mardochée :Alors Esther manda Hatak vers Mardochée en lui disant :
11Τὰ ἔθνη πάντα τῆς βασιλείας γινώσκει ὅτι πᾶς ἄνθρωπος ἢ γυνή, ὃς εἰσελεύσεται πρὸς τὸν βασιλέα εἰς τὴν αὐλὴν τὴν ἐσωτέραν ἄκλητος, οὐκ ἔστιν αὐτῷ σωτηρία· πλὴν ᾧ ἐκτείνει ὁ βασιλεὺς τὴν χρυσῆν ῥάβδον, οὗτος σωθήσεται· κἀγὼ οὐ κέκλημαι εἰσελθεῖν πρὸς τὸν βασιλέα, εἰσὶν αὗται ἡμέραι τριάκοντα.Toutes les nations du royaume savent bien que quiconque, homme ou femme, va près du roi dans la cour intérieure sans être appelé, n'a aucune chance de salut – sauf celui à qui le roi tend le sceptre d'or : celui-là sera sauvé. Quant à moi, cela fait trente jours que je n'ai pas été appelée à m'approcher du roi... »« Tous les serviteurs du roi et le peuple des provinces royales savent bien que quiconque, homme ou femme, va près du roi dans la cour intérieure sans être appelé, il n'y a pour lui qu'une loi : la mise à mort – sauf si le roi lui tend le sceptre d'or, auquel cas il peut vivre. Quant à moi, cela fait trente jours que je n'ai pas été appelée à aller près du roi... »
12καὶ ἀπήγγειλεν Αχραθαῖος Μαρδοχαίῳ πάντας τοὺς λόγους Εσθηρ.Hakhrathaïos mit Mardochée au courant de toutes les paroles d'Esther.On mit Mardochée au courant des paroles d'Esther.
13καὶ εἶπεν Μαρδοχαῖος πρὸς Αχραθαῖον Πορεύθητι καὶ εἰπὸν αὐτῇ Εσθηρ, μὴ εἴπῃς σεαυτῇ ὅτι σωθήσῃ μόνη ἐν τῇ βασιλείᾳ παρὰ πάντας τοὺς Ιουδαίους·Mardochée répondit alors à Hakhrathaïos : « Va lui dire, à Esther : Ne te dis pas que, seule dans le royaume, à la différence de tous les Juifs, tu en réchapperas.Alors, pour rétorquer à Esther, Mardochée dit : « Ne t'imagine pas qu'étant dans le palais, à la différence de tous les Juifs tu en réchapperas.
14ὡς ὅτι ἐὰν παρακούσῃς ἐν τούτῳ τῷ καιρῷ, ἄλλοθεν βοήθεια καὶ σκέπη ἔσται τοῖς Ιουδαίοις, σὺ δὲ καὶ ὁ οἶκος τοῦ πατρός σου ἀπολεῖσθε· καὶ τίς οἶδεν εἰ εἰς τὸν καιρὸν τοῦτον ἐβασίλευσας;Car si en cette occasion tu fais la sourde oreille, c'est d'un autre endroit qu'il y aura secours et protection pour les Juifs, tandis que toi et ta famille vous serez anéantis. Or qui sait ? si c'était pour une occasion comme celle-ci que tu es arrivée à la royauté... ? »Car si en cette occasion tu persistes à te taire, soulagement et délivrance surgiront pour les Juifs d'un autre endroit, tandis que toi et ta famille vous serez anéantis. Or, qui sait ? Si c'était pour une occasion comme celle-ci que tu es arrivée à la royauté... ? »
15καὶ ἐξαπέστειλεν Εσθηρ τὸν ἥκοντα πρὸς αὐτὴν πρὸς Μαρδοχαῖον λέγουσαEsther renvoya celui qui était venu auprès d'elle, et elle fit dire à Mardochée :Pour rétorquer à Mardochée, Esther dit :
16Βαδίσας ἐκκλησίασον τοὺς Ιουδαίους τοὺς ἐν Σούσοις καὶ νηστεύσατε ἐπ ἐμοὶ καὶ μὴ φάγητε μηδὲ πίητε ἐπὶ ἡμέρας τρεῖς νύκτα καὶ ἡμέραν, κἀγὼ δὲ καὶ αἱ ἅβραι μου ἀσιτήσομεν, καὶ τότε εἰσελεύσομαι πρὸς τὸν βασιλέα παρὰ τὸν νόμον, ἐὰν καὶ ἀπολέσθαι με ᾖ.« Va réunir les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi : ne mangez pas, ne buvez pas, pendant trois jours, ni jour ni nuit. Moi de même, avec mes demoiselles d'honneur, je me priverai de nourriture. Sur ce, en dépit de la loi, j'irai près du roi, même si je dois être anéantie. »« Va réunir tous les Juifs qui se trouvent à Suse et jeûnez pour moi : ne mangez pas, ne buvez pas pendant trois jours, ni jour ni nuit. Moi de même, avec mes filles, je jeûnerai ainsi. Sur ce, en dépit de la loi, j'irai près du roi ; et si je dois périr, je périrai. »
17Καὶ βαδίσας Μαρδοχαῖος ἐποίησεν ὅσα ἐνετείλατο αὐτῷ Εσθηρ,Mardochée s'en alla faire tout ce qu'Esther lui avait commandé.Mardochée s'écarta, et il fit tout comme Esther le lui avait commandé.

Chapitre C

1καὶ ἐδεήθη κυρίου μνημονεύων πάντα τὰ ἔργα κυρίου καὶ εἶπενIl pria le Seigneur, en rappelant toutes les oeuvres du Seigneur, et il dit :
2Κύριε κύριε βασιλεῦ πάντων κρατῶν, ὅτι ἐν ἐξουσίᾳ σου τὸ πᾶν ἐστιν, καὶ οὐκ ἔστιν ὁ ἀντιδοξῶν σοι ἐν τῷ θέλειν σε σῶσαι τὸν Ισραηλ· « Seigneur, Seigneur, Roi de toutes les puissances : Puisque l'univers est en ton pouvoir, alors tu n'as pas d'opposant quand tu désires sauver Israël ;
3ὅτι σὺ ἐποίησας τὸν οὐρανὸν καὶ τὴν γῆν καὶ πᾶν θαυμαζόμενον ἐν τῇ ὑπ οὐρανὸνpuisque c'est toi qui as fait le ciel et la terre et toutes les merveilles qu'elle contient sous le ciel,
4καὶ κύριος εἶ πάντων, καὶ οὐκ ἔστιν ὃς ἀντιτάξεταί σοι τῷ κυρίῳ. alors tu es le Seigneur de tout et il n'y a personne qui te résistera à toi, le Seigneur.
5σὺ πάντα γινώσκεις· σὺ οἶδας, κύριε, ὅτι οὐκ ἐν ὕβρει οὐδὲ ἐν ὑπερηφανίᾳ οὐδὲ ἐν φιλοδοξίᾳ ἐποίησα τοῦτο, τὸ μὴ προσκυνεῖν τὸν ὑπερήφανον Αμαν,Toi, tu connais tout. Toi, tu sais bien, Seigneur, que ce n'est ni par démesure ni par orgueil ni par ambition que j'ai fait cela : ne pas me prosterner devant Haman l'orgueilleux.
6ὅτι ηὐδόκουν φιλεῖν πέλματα ποδῶν αὐτοῦ πρὸς σωτηρίαν Ισραηλ· Car je consentirais à lui lécher les pieds pour le salut d'Israël.
7ἀλλὰ ἐποίησα τοῦτο, ἵνα μὴ θῶ δόξαν ἀνθρώπου ὑπεράνω δόξης θεοῦ, καὶ οὐ προσκυνήσω οὐδένα πλὴν σοῦ τοῦ κυρίου μου καὶ οὐ ποιήσω αὐτὰ ἐν ὑπερηφανίᾳ.Mais j'ai fait cela pour ne pas mettre la gloire d'un homme au-dessus de la gloire de Dieu ; je ne me prosternerai devant personne sauf devant toi, mon Seigneur ; et ce ne sera pas par orgueil.
8καὶ νῦν, κύριε ὁ θεὸς ὁ βασιλεὺς ὁ θεὸς Αβρααμ, φεῖσαι τοῦ λαοῦ σου, ὅτι ἐπιβλέπουσιν ἡμῖν εἰς καταφθορὰν καὶ ἐπεθύμησαν ἀπολέσαι τὴν ἐξ ἀρχῆς κληρονομίαν σου·Et maintenant Seigneur Dieu, Roi, Dieu d'Abraham, épargne ton peuple, car on jette les yeux sur nous pour nous détruire, ils ont mis leur ardeur à anéantir ce qui est ton patrimoine depuis les origines.
9μὴ ὑπερίδῃς τὴν μερίδα σου, ἣν σεαυτῷ ἐλυτρώσω ἐκ γῆς Αἰγύπτου·Ne méprise pas ton lot, que tu as racheté pour toi du pays d'Egypte.
10ἐπάκουσον τῆς δεήσεώς μου καὶ ἱλάσθητι τῷ κλήρῳ σου καὶ στρέψον τὸ πένθος ἡμῶν εἰς εὐωχίαν, ἵνα ζῶντες ὑμνῶμέν σου τὸ ὄνομα, κύριε, καὶ μὴ ἀφανίσῃς στόμα αἰνούντων σοι. Prête l'oreille à ma prière. Sois favorable à ce qui est de ton ressort et change notre deuil en réjouissance afin que, vivants, nous chantions des hymnes à ton nom, Seigneur, et ne fais pas disparaître ceux dont la bouche te loue. »
11καὶ πᾶς Ισραηλ ἐκέκραξαν ἐξ ἰσχύος αὐτῶν, ὅτι θάνατος αὐτῶν ἐν ὀφθαλμοῖς αὐτῶν.Tout Israël criait de toutes ses forces, parce qu'ils voyaient qu'ils allaient mourir.
12Καὶ Εσθηρ ἡ βασίλισσα κατέφυγεν ἐπὶ τὸν κύριον ἐν ἀγῶνι θανάτου κατειλημμένη Esther la reine, en proie à un combat mortel, chercha refuge auprès du Seigneur.
13καὶ ἀφελομένη τὰ ἱμάτια τῆς δόξης αὐτῆς ἐνεδύσατο ἱμάτια στενοχωρίας καὶ πένθους καὶ ἀντὶ τῶν ὑπερηφάνων ἡδυσμάτων σποδοῦ καὶ κοπριῶν ἔπλησεν τὴν κεφαλὴν αὐτῆς καὶ τὸ σῶμα αὐτῆς ἐταπείνωσεν σφόδρα καὶ πάντα τόπον κόσμου ἀγαλλιάματος αὐτῆς ἔπλησε στρεπτῶν τριχῶν αὐτῆς Après avoir enlevé ses habits d'apparat, elle revêtit des habits de détresse et de deuil ; à la place des parfums de luxe, elle se couvrit la tête de cendre et de saletés ; elle humilia durement son corps et, tout ce qu'elle parait joyeusement, elle le recouvrit de ses cheveux emmêlés.
14καὶ ἐδεῖτο κυρίου θεοῦ Ισραηλ καὶ εἶπεν Κύριέ μου ὁ βασιλεὺς ἡμῶν, σὺ εἶ μόνος· βοήθησόν μοι τῇ μόνῃ καὶ μὴ ἐχούσῃ βοηθὸν εἰ μὴ σέ, Elle priait le Seigneur Dieu d'Israël en disant : « Mon Seigneur, notre Roi, Toi, tu es le Seul ! Porte-moi secours, à moi qui suis seule et n'ai d'autre secours que toi ;
15ὅτι κίνδυνός μου ἐν χειρί μου. car je vais jouer avec le danger.
16ἐγὼ ἤκουον ἐκ γενετῆς μου ἐν φυλῇ πατριᾶς μου ὅτι σύ, κύριε, ἔλαβες τὸν Ισραηλ ἐκ πάντων τῶν ἐθνῶν καὶ τοὺς πατέρας ἡμῶν ἐκ πάντων τῶν προγόνων αὐτῶν εἰς κληρονομίαν αἰώνιον καὶ ἐποίησας αὐτοῖς ὅσα ἐλάλησας. Moi, dès ma naissance, j'ai entendu dire dans la tribu de mes pères que toi, Seigneur, tu as pris Israël d'entre toutes les nations et nos pères d'entre tous leurs ancêtres pour qu'ils deviennent un patrimoine perpétuel, que tu as réalisé aussi pour eux tout ce que tu avais dit.
17καὶ νῦν ἡμάρτομεν ἐνώπιόν σου, καὶ παρέδωκας ἡμᾶς εἰς χεῖρας τῶν ἐχθρῶν ἡμῶν, Et maintenant, nous avons péché devant toi et tu nous as livrés aux mains de nos ennemis
18ἀνθ ὧν ἐδοξάσαμεν τοὺς θεοὺς αὐτῶν· δίκαιος εἶ, κύριε. parce que nous avons glorifié leurs dieux. Tu es juste, Seigneur !
19καὶ νῦν οὐχ ἱκανώθησαν ἐν πικρασμῷ δουλείας ἡμῶν, ἀλλὰ ἔθηκαν τὰς χεῖρας αὐτῶν ἐπὶ τὰς χεῖρας τῶν εἰδώλων αὐτῶν Mais maintenant, l'âpreté de notre esclavage ne leur a pas suffi ; au contraire, ils ont fait un pacte avec leurs idoles
20ἐξᾶραι ὁρισμὸν στόματός σου καὶ ἀφανίσαι κληρονομίαν σου καὶ ἐμφράξαι στόμα αἰνούντων σοι καὶ σβέσαι δόξαν οἴκου σου καὶ θυσιαστήριόν σου pour abolir ce que ta bouche a décrété, faire disparaître ton patrimoine, fermer la bouche de ceux qui te louent, éteindre la gloire de ta Maison ainsi que ton Autel,
21καὶ ἀνοῖξαι στόμα ἐθνῶν εἰς ἀρετὰς ματαίων καὶ θαυμασθῆναι βασιλέα σάρκινον εἰς αἰῶνα.ouvrir la bouche des nations pour vanter du vide et admirer à perpétuité un roi mortel.
22μὴ παραδῷς, κύριε, τὸ σκῆπτρόν σου τοῖς μὴ οὖσιν, καὶ μὴ καταγελασάτωσαν ἐν τῇ πτώσει ἡμῶν, ἀλλὰ στρέψον τὴν βουλὴν αὐτῶν ἐπ αὐτούς, τὸν δὲ ἀρξάμενον ἐφ ἡμᾶς παραδειγμάτισον.Ne livre pas ton sceptre, Seigneur, à ceux qui n'existent pas ; qu'ils ne se moquent pas de notre chute. Mais retourne contre eux leur projet et, celui qui a pris la tête des opérations contre nous, inflige-lui un châtiment exemplaire.
23μνήσθητι, κύριε, γνώσθητι ἐν καιρῷ θλίψεως ἡμῶν καὶ ἐμὲ θάρσυνον, βασιλεῦ τῶν θεῶν καὶ πάσης ἀρχῆς ἐπικρατῶν·Rappelle-toi, Seigneur ; fais-toi connaître au moment de notre détresse. Quant à moi, donne-moi du courage, Roi des dieux et Maître de toute autorité.
24δὸς λόγον εὔρυθμον εἰς τὸ στόμα μου ἐνώπιον τοῦ λέοντος καὶ μετάθες τὴν καρδίαν αὐτοῦ εἰς μῖσος τοῦ πολεμοῦντος ἡμᾶς εἰς συντέλειαν αὐτοῦ καὶ τῶν ὁμονοούντων αὐτῷ·Mets dans ma bouche un langage mélodieux en présence du lion et change son coeur pour qu'il déteste celui qui nous fait la guerre, pour qu'il achève celui-ci ainsi que ses partisans.
25ἡμᾶς δὲ ῥῦσαι ἐν χειρί σου καὶ βοήθησόν μοι τῇ μόνῃ καὶ μὴ ἐχούσῃ εἰ μὴ σέ, κύριε.Arrache-nous à eux par ta main et porte-moi secours, moi qui suis seule et qui n'ai que toi, Seigneur. Tu as connaissance de tout :
26πάντων γνῶσιν ἔχεις καὶ οἶδας ὅτι ἐμίσησα δόξαν ἀνόμων καὶ βδελύσσομαι κοίτην ἀπεριτμήτων καὶ παντὸς ἀλλοτρίου.tu sais que j'ai détesté la gloire des sans-Loi, que le lit des païens et de tout étranger me dégoûte.
27σὺ οἶδας τὴν ἀνάγκην μου, ὅτι βδελύσσομαι τὸ σημεῖον τῆς ὑπερηφανίας μου, ὅ ἐστιν ἐπὶ τῆς κεφαλῆς μου ἐν ἡμέραις ὀπτασίας μου· βδελύσσομαι αὐτὸ ὡς ῥάκος καταμηνίων καὶ οὐ φορῶ αὐτὸ ἐν ἡμέραις ἡσυχίας μου.Toi tu sais la contrainte que je subis : il me dégoûte, l'insigne orgueilleux que j'ai sur la tête les jours où je suis en représentation ; il me dégoûte comme une serviette périodique et je ne le porte pas les jours où je suis au repos.
28καὶ οὐκ ἔφαγεν ἡ δούλη σου τράπεζαν Αμαν καὶ οὐκ ἐδόξασα συμπόσιον βασιλέως οὐδὲ ἔπιον οἶνον σπονδῶν·Ta servante n'a pas mangé à la table de Haman et je n'ai pas honoré le banquet du roi, ni bu le vin des libations.
29καὶ οὐκ ηὐφράνθη ἡ δούλη σου ἀφ ἡμέρας μεταβολῆς μου μέχρι νῦν πλὴν ἐπὶ σοί, κύριε ὁ θεὸς Αβρααμ.Ta servante n'a pas trouvé le bonheur depuis que j'ai changé de condition jusqu'à maintenant, sauf auprès de toi, Seigneur, Dieu d'Abraham.
30ὁ θεὸς ὁ ἰσχύων ἐπὶ πάντας, εἰσάκουσον φωνὴν ἀπηλπισμένων καὶ ῥῦσαι ἡμᾶς ἐκ χειρὸς τῶν πονηρευομένων· καὶ ῥῦσαί με ἐκ τοῦ φόβου μου.Dieu, qui as puissance sur tous, écoute la voix des désespérés, arrache-nous à la main des pervers et arrache-moi à ma peur. »

Chapitre D

1Καὶ ἐγενήθη ἐν τῇ ἡμέρᾳ τῇ τρίτῃ, ὡς ἐπαύσατο προσευχομένη, ἐξεδύσατο τὰ ἱμάτια τῆς θεραπείας καὶ περιεβάλετο τὴν δόξαν αὐτῆςAu bout de trois jours, voici ce qui arriva : Lorsqu'elle eut cessé de prier, elle enleva ses habits de pénitente pour se draper dans sa gloire.
2καὶ γενηθεῖσα ἐπιφανὴς ἐπικαλεσαμένη τὸν πάντων ἐπόπτην θεὸν καὶ σωτῆρα παρέλαβεν τὰς δύο ἅβραςPuis, dans tout son éclat solennel, après avoir invoqué Dieu qui voit tout et qui sauve, elle prit avec elle les deux demoiselles d'honneur.
3καὶ τῇ μὲν μιᾷ ἐπηρείδετο ὡς τρυφερευομένη, Sur l'une, elle s'appuyait comme alanguie,
4ἡ δὲ ἑτέρα ἐπηκολούθει κουφίζουσα τὴν ἔνδυσιν αὐτῆς, tandis que l'autre suivait en portant sa traîne.
5καὶ αὐτὴ ἐρυθριῶσα ἀκμῇ κάλλους αὐτῆς, καὶ τὸ πρόσωπον αὐτῆς ἱλαρὸν ὡς προσφιλές, ἡ δὲ καρδία αὐτῆς ἀπεστενωμένη ἀπὸ τοῦ φόβου. Elle était toute rougissante, au comble de sa beauté, elle avait la mine souriante comme une amoureuse, mais le coeur serré par la peur.
6καὶ εἰσελθοῦσα πάσας τὰς θύρας κατέστη ἐνώπιον τοῦ βασιλέως, καὶ αὐτὸς ἐκάθητο ἐπὶ τοῦ θρόνου τῆς βασιλείας αὐτοῦ καὶ πᾶσαν στολὴν τῆς ἐπιφανείας αὐτοῦ ἐνεδεδύκει, ὅλος διὰ χρυσοῦ καὶ λίθων πολυτελῶν, καὶ ἦν φοβερὸς σφόδρα. Après avoir franchi toutes les portes, elle se tint devant le roi. Lui, il était assis sur son trône royal, revêtu de tous les atours de ses solennelles apparitions, tout couvert d'or et de pierres précieuses ; il inspirait une grande terreur.
7καὶ ἄρας τὸ πρόσωπον αὐτοῦ πεπυρωμένον δόξῃ ἐν ἀκμῇ θυμοῦ ἔβλεψεν, καὶ ἔπεσεν ἡ βασίλισσα καὶ μετέβαλεν τὸ χρῶμα αὐτῆς ἐν ἐκλύσει καὶ κατεπέκυψεν ἐπὶ τὴν κεφαλὴν τῆς ἅβρας τῆς προπορευομένης. Il leva alors son visage que la gloire enflammait, et, au comble de la fureur, il jeta un regard. La reine s'effondra ; dans son état de faiblesse, elle changea de couleur et inclina sa tête sur celle de la demoiselle d'honneur qui la précédait.
8καὶ μετέβαλεν ὁ θεὸς τὸ πνεῦμα τοῦ βασιλέως εἰς πραύτητα, καὶ ἀγωνιάσας ἀνεπήδησεν ἀπὸ τοῦ θρόνου αὐτοῦ καὶ ἀνέλαβεν αὐτὴν ἐπὶ τὰς ἀγκάλας αὐτοῦ, μέχρις οὗ κατέστη, καὶ παρεκάλει αὐτὴν λόγοις εἰρηνικοῖς καὶ εἶπεν αὐτῇOr Dieu changea l'esprit du roi pour l'amener à la douceur. Inquiet, celui-ci bondit de son trône et la prit dans ses bras jusqu'à ce qu'elle se remît. Il la réconfortait par des paroles apaisantes :
9Τί ἐστιν, Εσθηρ; ἐγὼ ὁ ἀδελφός σου, θάρσει,« Qu'y a-t-il, Esther ? Je suis ton frère : aie confiance ! lui dit-il.
10οὐ μὴ ἀποθάνῃς, ὅτι κοινὸν τὸ πρόσταγμα ἡμῶν ἐστιν· Tu ne mourras pas ; notre ordonnance concerne le commun.
11πρόσελθε. Approche ! »
12καὶ ἄρας τὴν χρυσῆν ῥάβδον ἐπέθηκεν ἐπὶ τὸν τράχηλον αὐτῆς καὶ ἠσπάσατο αὐτὴν καὶ εἶπεν Λάλησόν μοι.Il leva alors le sceptre d'or, le lui posa sur le cou, puis il l'embrassa et dit : « Parle-moi. »
13καὶ εἶπεν αὐτῷ Εἶδόν σε, κύριε, ὡς ἄγγελον θεοῦ, καὶ ἐταράχθη ἡ καρδία μου ἀπὸ φόβου τῆς δόξης σου· Elle lui répondit : « Je t'ai vu, Seigneur, tel un ange de Dieu, et mon coeur a été bouleversé de peur par ta gloire ;
14ὅτι θαυμαστὸς εἶ, κύριε, καὶ τὸ πρόσωπόν σου χαρίτων μεστόν. car tu es admirable, Seigneur, et ton visage est plein de grâces. »
15ἐν δὲ τῷ διαλέγεσθαι αὐτὴν ἔπεσεν ἀπὸ ἐκλύσεως αὐτῆς, Mais, tandis qu'elle parlait, elle s'effondra de faiblesse.
16καὶ ὁ βασιλεὺς ἐταράσσετο, καὶ πᾶσα ἡ θεραπεία αὐτοῦ παρεκάλει αὐτήν.Le roi était bouleversé et toute sa suite la réconfortait.

Chapitre 5

1Au bout de trois jours, voici ce qui arriva. Esther mit ses vêtements royaux et se tint dans la cour intérieure du palais, face au palais. Le roi était assis sur son trône royal, au palais royal, face à la porte d'entrée.
2Alors, quand le roi vit Esther, la reine, se tenir dans la cour, elle suscita sa bienveillance : le roi tendit à Esther le sceptre d'or qu'il tenait à la main ; Esther s'approcha et toucha l'extrémité du sceptre.
3Kαὶ εἶπεν ὁ βασιλεύς Τί θέλεις, Εσθηρ, καὶ τί σού ἐστιν τὸ ἀξίωμα; ἕως τοῦ ἡμίσους τῆς βασιλείας μου καὶ ἔσται σοι.Alors le roi lui dit : « Que désires-tu Esther ? Quelle est ta demande ? Jusqu'à la moitié de mon royaume, tu l'auras. »Alors le roi lui dit : « Qu'est-ce que tu as, Esther, ô reine ? Quelle est ta requête ? Jusqu'à la moitié de mon royaume cela te sera accordé ! »
4εἶπεν δὲ Εσθηρ Ἡμέρα μου ἐπίσημος σήμερόν ἐστιν· εἰ οὖν δοκεῖ τῷ βασιλεῖ, ἐλθάτω καὶ αὐτὸς καὶ Αμαν εἰς τὴν δοχήν, ἣν ποιήσω σήμερον.Mais Esther répondit : « Pour moi, aujourd'hui, c'est un grand jour. S'il plaît au roi, qu'il vienne, lui avec Haman, au banquet que j'organiserai aujourd'hui. »Mais Esther répondit : « S'il plaît au roi, que le roi vienne avec Haman, aujourd'hui, au banquet que j'ai organisé pour lui. »
5καὶ εἶπεν ὁ βασιλεύς Κατασπεύσατε Αμαν, ὅπως ποιήσωμεν τὸν λόγον Εσθηρ· καὶ παραγίνονται ἀμφότεροι εἰς τὴν δοχήν, ἣν εἶπεν Εσθηρ.Alors le roi dit : « Faites presser Haman, pour que nous obéissions à l'invitation d'Esther ! » Tous deux furent présents au banquet auquel Esther les avait invités.Alors le roi dit : « Faites presser Haman pour obéir à l'invitation d'Esther ! » Le roi vint avec Haman au banquet organisé par Esther.
6ἐν δὲ τῷ πότῳ εἶπεν ὁ βασιλεὺς πρὸς Εσθηρ Τί ἐστιν, βασίλισσα Εσθηρ; καὶ ἔσται σοι ὅσα ἀξιοῖς.Or à la fin du festin, le roi s'adressa à Esther : « Qu'y a-t-il, reine Esther ? Tout ce que tu demanderas, tu l'auras. »Or, à la fin du banquet, le roi s'adressa à Esther : « Quelle est ta demande ? Cela te sera accordé ! Quelle est ta requête ? Jusqu'à la moitié du royaume, ce sera fait ! »
7καὶ εἶπεν Τὸ αἴτημά μου καὶ τὸ ἀξίωμά μου·Elle répondit : « Ma requête... ? Ma demande ?Esther répondit : « Ma demande... ? Ma requête... ?
8εἰ εὗρον χάριν ἐνώπιον τοῦ βασιλέως, ἐλθάτω ὁ βασιλεὺς καὶ Αμαν ἐπὶ τὴν αὔριον εἰς τὴν δοχήν, ἣν ποιήσω αὐτοῖς, καὶ αὔριον ποιήσω τὰ αὐτά.Si j'ai gagné la faveur du roi, qu'il vienne encore demain avec Haman au banquet que je vais organiser pour eux, et demain j'agirai de même. »Si j'ai rencontré la bienveillance du roi, et s'il plaît au roi d'accorder ma demande et d'exécuter ma requête, qu'il vienne avec Haman au banquet que je vais organiser pour eux, et demain j'agirai selon l'ordre du roi. »
9Καὶ ἐξῆλθεν ὁ Αμαν ἀπὸ τοῦ βασιλέως ὑπερχαρὴς εὐφραινόμενος· ἐν δὲ τῷ ἰδεῖν Αμαν Μαρδοχαῖον τὸν Ιουδαῖον ἐν τῇ αὐλῇ ἐθυμώθη σφόδρα.Haman était sorti de chez le roi, très heureux, bien content. Mais lorsque Haman vit Mardochée le Juif dans la cour, il fut rempli d'une grande fureur.Haman était sorti ce jour-là réjoui et gai. Mais lorsque Haman vit à la porte royale Mardochée qui ne se levait pas et ne tremblait pas devant lui, alors Haman fut rempli de fureur contre Mardochée.
10καὶ εἰσελθὼν εἰς τὰ ἴδια ἐκάλεσεν τοὺς φίλους καὶ Ζωσαραν τὴν γυναῖκα αὐτοῦRentré chez lui, il appela ses amis et Zôsara sa femme ;Cependant Haman se domina, et il rentra chez lui. Puis il envoya chercher ses amis et Zèresh sa femme.
11καὶ ὑπέδειξεν αὐτοῖς τὸν πλοῦτον αὐτοῦ καὶ τὴν δόξαν, ἣν ὁ βασιλεὺς αὐτῷ περιέθηκεν, καὶ ὡς ἐποίησεν αὐτὸν πρωτεύειν καὶ ἡγεῖσθαι τῆς βασιλείας.il leur montra sa richesse et la gloire dont le roi l'avait entouré, et comment il l'avait fait Premier ministre et comment il lui avait confié la direction du royaume.Haman leur conta ses glorieuses richesses, la multitude de ses fils, tout ce que le roi avait fait pour sa haute situation, et comment il l'avait élevé au-dessus des ministres et des serviteurs du roi.
12καὶ εἶπεν Αμαν Οὐ κέκληκεν ἡ βασίλισσα μετὰ τοῦ βασιλέως οὐδένα εἰς τὴν δοχὴν ἀλλ ἢ ἐμέ, καὶ εἰς τὴν αὔριον κέκλημαι·Puis Haman ajouta : « Au banquet, la reine n'a convié que moi avec le roi. Je suis convié aussi pour demain.Puis Haman ajouta : « De plus, au banquet qu'elle a organisé, Esther, la reine, n'a fait venir que moi avec le roi. Et demain encore, c'est moi qui suis convié auprès d'elle avec le roi.
13καὶ ταῦτά μοι οὐκ ἀρέσκει, ὅταν ἴδω Μαρδοχαῖον τὸν Ιουδαῖον ἐν τῇ αὐλῇ.Mais cela ne me plaît pas, chaque fois que je vois Mardochée le Juif dans la cour. »Mais tout cela n'a pas de valeur pour moi, chaque fois que je vois Mardochée le Juif assis à la porte royale. »
14καὶ εἶπεν πρὸς αὐτὸν Ζωσαρα ἡ γυνὴ αὐτοῦ καὶ οἱ φίλοι Κοπήτω σοι ξύλον πηχῶν πεντήκοντα, ὄρθρου δὲ εἰπὸν τῷ βασιλεῖ καὶ κρεμασθήτω Μαρδοχαῖος ἐπὶ τοῦ ξύλου· σὺ δὲ εἴσελθε εἰς τὴν δοχὴν σὺν τῷ βασιλεῖ καὶ εὐφραίνου. καὶ ἤρεσεν τὸ ῥῆμα τῷ Αμαν, καὶ ἡτοιμάσθη τὸ ξύλον.Alors Zôsara sa femme et ses amis lui dirent : « Qu'on abatte pour toi un tronc haut de vingt-cinq mètres ; et demain matin, dis au roi qu'on pende Mardochée à ce gibet. Quant à toi, va au banquet avec le roi et amuse-toi bien ! » La chose plut à Haman, et le gibet fut préparé.Alors Zèresh sa femme et tous ses amis lui dirent : « Qu'on fasse un gibet haut de vingt-cinq mètres, et demain matin dis au roi qu'on y pende Mardochée ; puis, joyeux, va au banquet avec le roi. » La chose plut à Haman, et il fit faire le gibet.

Chapitre 6

1Ὁ δὲ κύριος ἀπέστησεν τὸν ὕπνον ἀπὸ τοῦ βασιλέως τὴν νύκτα ἐκείνην, καὶ εἶπεν τῷ διδασκάλῳ αὐτοῦ εἰσφέρειν γράμματα μνημόσυνα τῶν ἡμερῶν ἀναγινώσκειν αὐτῷ.Cette nuit-là, le Seigneur éloigna du roi le sommeil ; celui-ci dit alors à son précepteur de lui apporter le livre des « Mémoires des Jours » pour lui en donner lecture.Cette nuit-là, le sommeil fuyait le roi. Il dit alors d'apporter le livre des mémoires, les Annales, et on en fit lecture devant le roi.
2εὗρεν δὲ τὰ γράμματα τὰ γραφέντα περὶ Μαρδοχαίου, ὡς ἀπήγγειλεν τῷ βασιλεῖ περὶ τῶν δύο εὐνούχων τοῦ βασιλέως ἐν τῷ φυλάσσειν αὐτοὺς καὶ ζητῆσαι ἐπιβαλεῖν τὰς χεῖρας Ἀρταξέρξῃ.Il trouva le texte écrit à propos de Mardochée : comment celui-ci avait fait au roi des révélations concernant les deux eunuques royaux, lorsque, pendant leur service de garde, ils avaient cherché à porter la main sur Artaxerxès.On trouva le texte où Mardochée faisait des révélations concernant les deux eunuques royaux Bigtân et Tèresh, de la garde du seuil, qui avaient cherché à porter la main sur le roi Xerxès.
3εἶπεν δὲ ὁ βασιλεύς Τίνα δόξαν ἢ χάριν ἐποιήσαμεν τῷ Μαρδοχαίῳ; καὶ εἶπαν οἱ διάκονοι τοῦ βασιλέως Οὐκ ἐποίησας αὐτῷ οὐδέν.« Quel honneur, dit le roi, ou quelle faveur avons-nous décerné à Mardochée ? » Les officiels à son service répondirent : « Tu ne lui as rien décerné. »« Quel honneur, dit le roi, et quelle distinction a-t-on décernés à Mardochée pour cela ? » Les courtisans à son service répondirent : « On ne lui a rien décerné. »
4ἐν δὲ τῷ πυνθάνεσθαι τὸν βασιλέα περὶ τῆς εὐνοίας Μαρδοχαίου ἰδοὺ Αμαν ἐν τῇ αὐλῇ· εἶπεν δὲ ὁ βασιλεύς Τίς ἐν τῇ αὐλῇ; ὁ δὲ Αμαν εἰσῆλθεν εἰπεῖν τῷ βασιλεῖ κρεμάσαι τὸν Μαρδοχαῖον ἐπὶ τῷ ξύλῳ, ᾧ ἡτοίμασεν.Or, tandis que le roi s'informait des bons offices de Mardochée, voici Haman dans la cour. Le roi dit alors : « Qui est dans la cour ? » Haman était venu pour dire au roi de pendre Mardochée au gibet qu'il avait fait préparer.Le roi dit alors : « Qui est dans la cour ? » – Or Haman était venu dans la cour extérieure du palais pour dire au roi de pendre Mardochée au gibet qu'il avait fait préparer pour lui.
5καὶ εἶπαν οἱ διάκονοι τοῦ βασιλέως Ἰδοὺ Αμαν ἕστηκεν ἐν τῇ αὐλῇ· καὶ εἶπεν ὁ βασιλεύς Καλέσατε αὐτόν.Les officiels au service du roi dirent : « C'est Haman qui se tient dans la cour. » Le roi déclara : « Appelez-le ! »Les courtisans dirent au roi : « C'est Haman qui se tient dans la cour. » Le roi déclara : « Qu'il entre ! »
6εἶπεν δὲ ὁ βασιλεὺς τῷ Αμαν Τί ποιήσω τῷ ἀνθρώπῳ, ὃν ἐγὼ θέλω δοξάσαι; εἶπεν δὲ ἐν ἑαυτῷ Αμαν Τίνα θέλει ὁ βασιλεὺς δοξάσαι εἰ μὴ ἐμέ;Puis le roi dit à Haman : « Que vais-je faire à quelqu'un que je désire honorer ? » Haman se dit alors : « Qui le roi désire-t-il honorer, sinon moi ? »Haman entra. Le roi lui dit : « Que faut-il faire à quelqu'un que le roi désire honorer ? » Haman se dit alors : « A qui plus qu'à moi le roi peut-il désirer faire honneur ? »
7εἶπεν δὲ πρὸς τὸν βασιλέα Ἄνθρωπον, ὃν ὁ βασιλεὺς θέλει δοξάσαι,Il répondit donc au roi : « Quelqu'un que le roi désire honorer ?Haman répondit donc au roi : « Quelqu'un que le roi désire honorer ?
8ἐνεγκάτωσαν οἱ παῖδες τοῦ βασιλέως στολὴν βυσσίνην, ἣν ὁ βασιλεὺς περιβάλλεται, καὶ ἵππον, ἐφ ὃν ὁ βασιλεὺς ἐπιβαίνει,Que les valets royaux apportent un vêtement de lin dont s'enveloppe le roi, et un cheval que monte le roi.On apportera un vêtement royal dont le roi s'est vêtu, et un cheval que le roi a monté et sur la tête duquel est mis un diadème royal ;
9καὶ δότω ἑνὶ τῶν φίλων τοῦ βασιλέως τῶν ἐνδόξων καὶ στολισάτω τὸν ἄνθρωπον, ὃν ὁ βασιλεὺς ἀγαπᾷ, καὶ ἀναβιβασάτω αὐτὸν ἐπὶ τὸν ἵππον καὶ κηρυσσέτω διὰ τῆς πλατείας τῆς πόλεως λέγων Οὕτως ἔσται παντὶ ἀνθρώπῳ, ὃν ὁ βασιλεὺς δοξάζει.Qu'il les remette à l'un des amis nobles du roi et que celui-ci revête l'homme que le roi préfère. Qu'il le fasse monter sur le cheval et proclame à travers la grand-rue de la ville : Ainsi en sera-t-il pour tout homme que le roi honore ! »on remettra alors le vêtement et le cheval à l'un des ministres nobles du roi, on revêtira l'homme que le roi désire honorer ; on le fera monter sur le cheval tout au long de la grand-rue de la ville ; et on proclamera devant lui : Ainsi est-il fait à l'homme que le roi désire honorer ! »
10εἶπεν δὲ ὁ βασιλεὺς τῷ Αμαν Καθὼς ἐλάλησας, οὕτως ποίησον τῷ Μαρδοχαίῳ τῷ Ιουδαίῳ τῷ θεραπεύοντι ἐν τῇ αὐλῇ, καὶ μὴ παραπεσάτω σου λόγος ὧν ἐλάλησας.Alors le roi dit à Haman : « Tu as bien parlé. Fais ainsi pour Mardochée, le Juif qui sert à la Cour. Que rien ne soit négligé de ce que tu as proposé ! »Alors le roi dit à Haman : « Vite ! Prends le vêtement et le cheval comme tu l'as dit et fais ainsi pour Mardochée, le Juif qui est assis à la porte royale ; ne néglige rien de tout ce que tu as proposé ! »
11ἔλαβεν δὲ Αμαν τὴν στολὴν καὶ τὸν ἵππον καὶ ἐστόλισεν τὸν Μαρδοχαῖον καὶ ἀνεβίβασεν αὐτὸν ἐπὶ τὸν ἵππον καὶ διῆλθεν διὰ τῆς πλατείας τῆς πόλεως καὶ ἐκήρυσσεν λέγων Οὕτως ἔσται παντὶ ἀνθρώπῳ, ὃν ὁ βασιλεὺς θέλει δοξάσαι.Haman prit le vêtement et le cheval ; il revêtit Mardochée et le fit monter sur le cheval. Puis il circula à travers la grand-rue de la ville en proclamant : « Ainsi en sera-t-il pour tout homme que le roi désire honorer ! »Haman prit le vêtement et le cheval ; il revêtit Mardochée, le fit chevaucher tout au long de la grand-rue de la ville et proclama devant lui : « Ainsi est-il fait à l'homme que le roi désire honorer ! »
12ἐπέστρεψεν δὲ ὁ Μαρδοχαῖος εἰς τὴν αὐλήν, Αμαν δὲ ὑπέστρεψεν εἰς τὰ ἴδια λυπούμενος κατὰ κεφαλῆς.Mardochée retourna à la Cour, tandis que Haman revenait chez lui, abattu, la tête basse.Puis Mardochée retourna à la porte royale, tandis que Haman se précipitait chez lui, abattu, la tête basse.
13καὶ διηγήσατο Αμαν τὰ συμβεβηκότα αὐτῷ Ζωσαρα τῇ γυναικὶ αὐτοῦ καὶ τοῖς φίλοις, καὶ εἶπαν πρὸς αὐτὸν οἱ φίλοι καὶ ἡ γυνή Εἰ ἐκ γένους Ιουδαίων Μαρδοχαῖος, ἦρξαι ταπεινοῦσθαι ἐνώπιον αὐτοῦ, πεσὼν πεσῇ· οὐ μὴ δύνῃ αὐτὸν ἀμύνασθαι, ὅτι θεὸς ζῶν μετ αὐτοῦ.Haman raconta à Zôsara sa femme et à ses amis ce qui lui était arrivé. Ses amis et sa femme lui dirent : « Si Mardochée est de la race des Juifs, c'est le commencement de ton humiliation devant lui ; tu vas sûrement continuer de déchoir. Tu ne pourras absolument pas le repousser, car il y a un Dieu vivant avec lui. »Haman raconta à Zèresh sa femme et à tous ses amis tout ce qui lui était arrivé. Ses sages et sa femme lui dirent : « Si Mardochée, devant qui tu as commencé à déchoir, est de la race des Juifs, tu ne pourras rien contre lui, mais tu vas sûrement continuer de déchoir devant lui ! »
14ἔτι αὐτῶν λαλούντων παραγίνονται οἱ εὐνοῦχοι ἐπισπεύδοντες τὸν Αμαν ἐπὶ τὸν πότον, ὃν ἡτοίμασεν Εσθηρ.Ils parlaient encore quand se présentèrent les eunuques, pressant Haman pour le festin préparé par Esther.Ils parlaient encore avec lui quand des eunuques royaux se présentèrent et se dépêchèrent de faire venir Haman au banquet organisé par Esther.

Chapitre 7

1Εἰσῆλθεν δὲ ὁ βασιλεὺς καὶ Αμαν συμπιεῖν τῇ βασιλίσσῃ.Le roi et Haman vinrent festoyer avec la reine.Le roi et Haman vinrent banqueter avec Esther, la reine.
2εἶπεν δὲ ὁ βασιλεὺς Εσθηρ τῇ δευτέρᾳ ἡμέρᾳ ἐν τῷ πότῳ Τί ἐστιν, Εσθηρ βασίλισσα, καὶ τί τὸ αἴτημά σου καὶ τί τὸ ἀξίωμά σου; καὶ ἔστω σοι ἕως τοῦ ἡμίσους τῆς βασιλείας μου.En ce second jour, à la fin du festin, le roi dit à Esther : « Qu'y a-t-il, reine Esther ? Quelle est ta requête ? Quelle est ta demande ? Que soit à toi jusqu'à la moitié de mon royaume. »En ce second jour, à la fin du banquet, le roi redit à Esther : « Quelle est ta demande, Esther, ô reine ? Cela te sera accordé ! Quelle est ta requête ? Jusqu'à la moitié du royaume, ce sera fait ! »
3καὶ ἀποκριθεῖσα εἶπεν Εἰ εὗρον χάριν ἐνώπιον τοῦ βασιλέως, δοθήτω ἡ ψυχή μου τῷ αἰτήματί μου καὶ ὁ λαός μου τῷ ἀξιώματί μου·En réponse, elle déclara : « Si j'ai gagné la faveur du roi, que me soient accordées ma propre vie – telle est ma requête – et celle de mon peuple – telle est ma demande.En réponse Esther, la reine, déclara : « Si j'ai rencontré ta bienveillance, ô roi, et s'il plaît au roi, que me soient accordées ma propre vie, telle est ma demande – et celle de mon peuple, telle est ma requête.
4ἐπράθημεν γὰρ ἐγώ τε καὶ ὁ λαός μου εἰς ἀπώλειαν καὶ διαρπαγὴν καὶ δουλείαν, ἡμεῖς καὶ τὰ τέκνα ἡμῶν εἰς παῖδας καὶ παιδίσκας, καὶ παρήκουσα· οὐ γὰρ ἄξιος ὁ διάβολος τῆς αὐλῆς τοῦ βασιλέως.En effet, nous avons été vendus, moi et mon peuple pour l'anéantissement, le pillage, l'esclavage, nous et nos enfants, pour devenir valets et servantes ; mais j'avais fait la sourde oreille, car un tel calomniateur n'est pas digne de la Cour Royale. »En effet nous avons été vendus, moi et mon peuple : A exterminer ! à tuer ! à anéantir ! Bien sûr, si nous avions été vendus comme esclaves et comme servantes, je me tairais, car cette oppression-là ne mériterait pas qu'on importune le roi ! »
5εἶπεν δὲ ὁ βασιλεύς Τίς οὗτος, ὅστις ἐτόλμησεν ποιῆσαι τὸ πρᾶγμα τοῦτο;Le roi dit alors : « Qui est-ce qui a osé faire cette chose-là ? »Alors le roi s'adressa à Esther la reine en disant : « Qui est-ce et où est-il, celui qui a conçu d'agir ainsi ? »
6εἶπεν δὲ Εσθηρ Ἄνθρωπος ἐχθρὸς Αμαν ὁ πονηρὸς οὗτος. Αμαν δὲ ἐταράχθη ἀπὸ τοῦ βασιλέως καὶ τῆς βασιλίσσης.Esther répondit : « Un ennemi ! Haman, ce pervers ! » Haman fut alors bouleversé en face du roi et de la reine.Esther répondit : « L'oppresseur et l'ennemi, c'est Haman, ce pervers ! » Haman fut alors bouleversé en face du roi et de la reine.
7ὁ δὲ βασιλεὺς ἐξανέστη ἐκ τοῦ συμποσίου εἰς τὸν κῆπον· ὁ δὲ Αμαν παρῃτεῖτο τὴν βασίλισσαν, ἑώρα γὰρ ἑαυτὸν ἐν κακοῖς ὄντα.Le roi quitta le festin pour aller dans le jardin. Haman se mit à implorer la reine, car il se voyait dans une mauvaise situation.Dans sa fureur, le roi quitta le banquet pour aller dans le jardin du pavillon. Haman resta pour demander la vie sauve à Esther, la reine, car il voyait que par le roi son malheur était décidé.
8ἐπέστρεψεν δὲ ὁ βασιλεὺς ἐκ τοῦ κήπου, Αμαν δὲ ἐπιπεπτώκει ἐπὶ τὴν κλίνην ἀξιῶν τὴν βασίλισσαν· εἶπεν δὲ ὁ βασιλεύς Ὥστε καὶ τὴν γυναῖκα βιάζῃ ἐν τῇ οἰκίᾳ μου; Αμαν δὲ ἀκούσας διετράπη τῷ προσώπῳ.Quand le roi revint du jardin, Haman était effondré sur le divan, en train de supplier la reine. Du coup le roi dit : « Tu veux donc en plus violer ma femme dans ma maison ! » Haman comprit et détourna la tête par confusion.Quand le roi revint du jardin du pavillon à la salle du banquet, Haman était effondré sur le divan où se tenait Esther ! Du coup, le roi dit : « Veut-il, en plus, violer la reine, moi étant dans la maison ? » Un ordre sortit de la bouche du roi, et on passa une cagoule sur le visage de Haman.
9εἶπεν δὲ Βουγαθαν εἷς τῶν εὐνούχων πρὸς τὸν βασιλέα Ἰδοὺ καὶ ξύλον ἡτοίμασεν Αμαν Μαρδοχαίῳ τῷ λαλήσαντι περὶ τοῦ βασιλέως, καὶ ὤρθωται ἐν τοῖς Αμαν ξύλον πηχῶν πεντήκοντα. εἶπεν δὲ ὁ βασιλεύς Σταυρωθήτω ἐπ αὐτοῦ.Or Bougathân, l'un des eunuques, dit au roi : « Il y a justement ce gibet que Haman a fait préparer pour Mardochée, qui a parlé en ce qui concerne le roi ; c'est un gibet haut de vingt-cinq mètres qui se dresse chez Haman ! » Le roi dit : « Qu'il y soit crucifié ! »Or, Harbona, l'un des eunuques, dit en présence du roi : « Il y a justement ce gibet que Haman a fait faire pour Mardochée, dont la parole a été si utile au roi ; il se dresse haut de vingt-cinq mètres chez Haman. » Le roi dit : « Qu'on l'y pende ! »
10καὶ ἐκρεμάσθη Αμαν ἐπὶ τοῦ ξύλου, ὃ ἡτοίμασεν Μαρδοχαίῳ. καὶ τότε ὁ βασιλεὺς ἐκόπασεν τοῦ θυμοῦ.Et Haman fut pendu au gibet préparé pour Mardochée. A ce moment-là, la fureur du roi se calma.Et l'on pendit Haman au gibet qu'il avait préparé pour Mardochée. Alors la fureur du roi se calma.

Chapitre 8

1Καὶ ἐν αὐτῇ τῇ ἡμέρᾳ ὁ βασιλεὺς Ἀρταξέρξης ἐδωρήσατο Εσθηρ ὅσα ὑπῆρχεν Αμαν τῷ διαβόλῳ, καὶ Μαρδοχαῖος προσεκλήθη ὑπὸ τοῦ βασιλέως, ὑπέδειξεν γὰρ Εσθηρ ὅτι ἐνοικείωται αὐτῇ.Le jour même, le roi Artaxerxès fit don à Esther de toutes les possessions de Haman le calomniateur. De plus Mardochée fut appelé par le roi, car Esther avait révélé qu'il avait des liens de parenté avec elle.Le jour même, le roi Xerxès donna à Esther, la reine, toutes les possessions de Haman, l'oppresseur des Juifs. De plus, Mardochée vint en présence du roi, car Esther avait révélé ce qu'il était pour elle.
2ἔλαβεν δὲ ὁ βασιλεὺς τὸν δακτύλιον, ὃν ἀφείλατο Αμαν, καὶ ἔδωκεν αὐτὸν Μαρδοχαίῳ, καὶ κατέστησεν Εσθηρ Μαρδοχαῖον ἐπὶ πάντων τῶν Αμαν.Prenant la bague qu'il avait enlevée à Haman, le roi la donna à Mardochée. Et Esther établit Mardochée sur toutes les possessions de Haman.Enlevant son anneau qu'il avait retiré à Haman, le roi le donna à Mardochée. Et Esther établit Mardochée sur toutes les possessions de Haman.
3καὶ προσθεῖσα ἐλάλησεν πρὸς τὸν βασιλέα καὶ προσέπεσεν πρὸς τοὺς πόδας αὐτοῦ καὶ ἠξίου ἀφελεῖν τὴν Αμαν κακίαν καὶ ὅσα ἐποίησεν τοῖς Ιουδαίοις.A nouveau, Esther parla au roi ; elle tomba à ses pieds, lui demandant d'écarter le malheur voulu par Haman et tout ce qu'il avait fait contre les Juifs.A nouveau, Esther parla en présence du roi : elle se jeta à ses pieds, elle pleura, elle le supplia d'écarter le malheur voulu par Haman l'Agaguite et la machination qu'il avait combinée contre les Juifs.
4ἐξέτεινεν δὲ ὁ βασιλεὺς Εσθηρ τὴν ῥάβδον τὴν χρυσῆν, ἐξηγέρθη δὲ Εσθηρ παρεστηκέναι τῷ βασιλεῖ.Le roi tendit à Esther le sceptre d'or ; alors Esther se releva et se tint debout près du roi.Le roi tendit à Esther le sceptre d'or. Alors Esther se releva et se tint debout devant le roi.
5καὶ εἶπεν Εσθηρ Εἰ δοκεῖ σοι καὶ εὗρον χάριν, πεμφθήτω ἀποστραφῆναι τὰ γράμματα τὰ ἀπεσταλμένα ὑπὸ Αμαν τὰ γραφέντα ἀπολέσθαι τοὺς Ιουδαίους, οἵ εἰσιν ἐν τῇ βασιλείᾳ σου·« S'il te plaît et si j'ai gagné ta faveur, dit-elle, qu'on envoie révoquer les lettres expédiées par Haman, celles qui ont été écrites pour anéantir les Juifs de ton royaume.Elle dit : « S'il plaît au roi et si j'ai rencontré sa bienveillance – si la chose convient au roi et si je lui plais –, qu'on écrive pour révoquer les lettres de la machination que Haman, le fils de Hammedata, l'Agaguite, a écrites pour anéantir les Juifs de toutes les provinces royales.
6πῶς γὰρ δυνήσομαι ἰδεῖν τὴν κάκωσιν τοῦ λαοῦ μου καὶ πῶς δυνήσομαι σωθῆναι ἐν τῇ ἀπωλείᾳ τῆς πατρίδος μου;Comment pourrai-je en effet supporter la vue du malheur de mon peuple ? Comment pourrai-je être sauvée quand sera anéantie ma parenté ? »Comment pourrai-je en effet supporter la vue du malheur qui va atteindre mon peuple ? Comment pourrai-je supporter la vue de l'anéantissement de ma parenté ? »
7καὶ εἶπεν ὁ βασιλεὺς πρὸς Εσθηρ Εἰ πάντα τὰ ὑπάρχοντα Αμαν ἔδωκα καὶ ἐχαρισάμην σοι καὶ αὐτὸν ἐκρέμασα ἐπὶ ξύλου, ὅτι τὰς χεῖρας ἐπήνεγκε τοῖς Ιουδαίοις, τί ἔτι ἐπιζητεῖς;Le roi répondit à Esther : « Si je t'ai donné tous les biens de Haman, si j'ai cherché à te faire plaisir et si je l'ai fait pendre au gibet parce qu'il avait porté la main sur les Juifs, que désires-tu obtenir encore ?Le roi Xerxès répondit à Esther, la reine, et à Mardochée, le Juif : « Voilà, j'ai donné tous les biens de Haman à Esther ; lui, on l'a pendu au gibet parce qu'il avait porté la main sur les Juifs.
8γράψατε καὶ ὑμεῖς ἐκ τοῦ ὀνόματός μου ὡς δοκεῖ ὑμῖν καὶ σφραγίσατε τῷ δακτυλίῳ μου· ὅσα γὰρ γράφεται τοῦ βασιλέως ἐπιτάξαντος καὶ σφραγισθῇ τῷ δακτυλίῳ μου, οὐκ ἔστιν αὐτοῖς ἀντειπεῖν.A votre tour, écrivez en mon nom, comme bon vous semble, et cachetez avec ma bague. Car tout ce qui a été écrit sur ordre du roi et cacheté avec ma bague, il est impossible de le contester. »A votre tour, écrivez aux Juifs comme bon vous semble, au nom du roi, et cachetez avec l'anneau royal. Car un texte qui a été écrit au nom du roi et cacheté avec l'anneau royal, il est impossible de le révoquer. »
9ἐκλήθησαν δὲ οἱ γραμματεῖς ἐν τῷ πρώτῳ μηνί, ὅς ἐστι Νισα, τρίτῃ καὶ εἰκάδι τοῦ αὐτοῦ ἔτους, καὶ ἐγράφη τοῖς Ιουδαίοις ὅσα ἐνετείλατο τοῖς οἰκονόμοις καὶ τοῖς ἄρχουσιν τῶν σατραπῶν ἀπὸ τῆς Ἰνδικῆς ἕως τῆς Αἰθιοπίας, ἑκατὸν εἴκοσι ἑπτὰ σατραπείαις κατὰ χώραν καὶ χώραν, κατὰ τὴν ἑαυτῶν λέξιν.Les secrétaires furent donc convoqués le vingt-trois du premier mois – c'est-à-dire Nisan – de la même année. Aux Juifs, on écrivit les ordres donnés aux intendants et aux superpréfets, depuis l'Inde jusqu'à l'Ethiopie, pour les cent vingt-sept régions, à chaque province selon sa langue.Les secrétaires royaux furent donc convoqués au moment même ; c'est le troisième mois, c'est-à-dire le mois de Siwân, le vingt-trois, qu'on écrivit, en conformité totale avec les ordres de Mardochée, aux Juifs, aux préfets, aux gouverneurs et aux ministres des provinces, des cent vingt-sept provinces, depuis l'Inde jusqu'à la Nubie, à chaque province selon son écriture, à chaque peuple selon sa langue, et aux Juifs selon leur écriture et leur langue.
10ἐγράφη δὲ διὰ τοῦ βασιλέως καὶ ἐσφραγίσθη τῷ δακτυλίῳ αὐτοῦ, καὶ ἐξαπέστειλαν τὰ γράμματα διὰ βιβλιαφόρων,On écrivit au nom du roi et on cacheta avec sa bague ; puis ils expédièrent les lettres par des porteurs de dépêches :On écrivit au nom du roi Xerxès et on cacheta avec l'anneau royal , puis on expédia les lettres par des courriers montant des équipages de l'administration, aux chevaux issus de juments sélectionnées.
11ὡς ἐπέταξεν αὐτοῖς χρῆσθαι τοῖς νόμοις αὐτῶν ἐν πάσῃ πόλει βοηθῆσαί τε αὑτοῖς καὶ χρῆσθαι τοῖς ἀντιδίκοις αὐτῶν καὶ τοῖς ἀντικειμένοις αὐτῶν ὡς βούλονται,il prescrivait aux Juifs de suivre leurs propres lois en chaque ville, aussi bien pour se porter secours que pour traiter leurs adversaires et leurs opposants à leur gré,En voici le contenu : « Le roi octroie aux Juifs qui sont dans chaque ville de s'unir, de se tenir sur le qui-vive, d'exterminer, de tuer et d'anéantir toute bande armée, d'un peuple ou d'une province, qui les opprimerait, enfants et femmes, et de piller leurs biens,
12ἐν ἡμέρᾳ μιᾷ ἐν πάσῃ τῇ βασιλείᾳ Ἀρταξέρξου, τῇ τρισκαιδεκάτῃ τοῦ δωδεκάτου μηνός, ὅς ἐστιν Αδαρ.en un seul jour dans tout le royaume d'Artaxerxès, le treize du douzième mois, c'est-à-dire Adar.en un seul jour, dans toutes les provinces du roi Xerxès, le treize du douzième mois, c'est-à-dire Adar.

Chapitre E

1Ὧν ἐστιν ἀντίγραφον τῆς ἐπιστολῆς τὰ ὑπογεγραμμένα· Βασιλεὺς μέγας Ἀρταξέρξης τοῖς ἀπὸ τῆς Ἰνδικῆς ἕως τῆς Αἰθιοπίας ἑκατὸν εἴκοσι ἑπτὰ σατραπείαις χωρῶν ἄρχουσι καὶ τοῖς τὰ ἡμέτερα φρονοῦσι χαίρειν.Le texte ci-dessous est une copie de la lettre : « Le Grand Roi Artaxerxès aux ministres de provinces des cent vingt-sept régions depuis l'Inde jusqu'à l'Ethiopie, à tous nos partisans, salut !
2πολλοὶ τῇ πλείστῃ τῶν εὐεργετούντων χρηστότητι πυκνότερον τιμώμενοι μεῖζον ἐφρόνησαν « Bien des gens, trop souvent honorés par l'extrême générosité de leurs bienfaiteurs, ont nourri trop d'ambition ;
3καὶ οὐ μόνον τοὺς ὑποτεταγμένους ἡμῖν ζητοῦσι κακοποιεῖν, τόν τε κόρον οὐ δυνάμενοι φέρειν καὶ τοῖς ἑαυτῶν εὐεργέταις ἐπιχειροῦσι μηχανᾶσθαι·non seulement ils cherchent à nuire à nos sujets, mais, incapables de supporter ce qui devrait les contenter, ils entreprennent de comploter contre leurs propres bienfaiteurs.
4καὶ τὴν εὐχαριστίαν οὐ μόνον ἐκ τῶν ἀνθρώπων ἀνταναιροῦντες, ἀλλὰ καὶ τοῖς τῶν ἀπειραγάθων κόμποις ἐπαρθέντες τοῦ τὰ πάντα κατοπτεύοντος ἀεὶ θεοῦ μισοπόνηρον ὑπολαμβάνουσιν ἐκφεύξεσθαι δίκην.Non seulement ils suppriment la reconnaissance du milieu des hommes, mais de plus, exaltés par les fanfaronnades de ceux qui n'ont aucune expérience du bien, ils se figurent qu'ils échapperont à une justice ennemie du mal, celle de Dieu qui, sans cesse, discerne tout.
5πολλάκις δὲ καὶ πολλοὺς τῶν ἐπ ἐξουσίαις τεταγμένων τῶν πιστευθέντων χειρίζειν φίλων τὰ πράγματα παραμυθία μεταιτίους αἱμάτων ἀθῴων καταστήσασα περιέβαλε συμφοραῖς ἀνηκέστοις« En de nombreux cas aussi, nombre de gens placés au pouvoir, sous la pression d'amis en qui ils avaient mis leur confiance pour la prise en main des affaires, ont été rendus complices du sang innocent et entraînés dans des catastrophes irrémédiables :
6τῷ τῆς κακοηθείας ψευδεῖ παραλογισμῷ παραλογισαμένων τὴν τῶν ἐπικρατούντων ἀκέραιον εὐγνωμοσύνην.c'est que ces amis, par les fourberies mensongères de la malice, avaient trompé l'entière bonne foi des souverains.
7σκοπεῖν δὲ ἔξεστιν, οὐ τοσοῦτον ἐκ τῶν παλαιοτέρων ὧν παρεδώκαμεν ἱστοριῶν, ὅσα ἐστὶν παρὰ πόδας ὑμᾶς ἐκζητοῦντας ἀνοσίως συντετελεσμένα τῇ τῶν ἀνάξια δυναστευόντων λοιμότητι,« Or il est possible de constater, sans remonter aux récits assez anciens que nous avons transmis, en examinant ce qui se passe sous vos yeux, toutes les profanations commises par des individus véreux qui exercent indignement leur pouvoir.
8καὶ προσέχειν εἰς τὰ μετὰ ταῦτα εἰς τὸ τὴν βασιλείαν ἀτάραχον τοῖς πᾶσιν ἀνθρώποις μετ εἰρήνης παρεξόμεθα« A l'avenir, nous nous efforcerons d'amener le royaume à la tranquillité dans l'intérêt de tous pacifiquement,
9χρώμενοι ταῖς μεταβολαῖς, τὰ δὲ ὑπὸ τὴν ὄψιν ἐρχόμενα διακρίνοντες ἀεὶ μετ ἐπιεικεστέρας ἀπαντήσεως.en effectuant les changements et en jugeant toujours les affaires qui seront soumises à notre examen, avec un abord suffisamment équitable.
10ὡς γὰρ Αμαν Αμαδαθου Μακεδών, ταῖς ἀληθείαις ἀλλότριος τοῦ τῶν Περσῶν αἵματος καὶ πολὺ διεστηκὼς τῆς ἡμετέρας χρηστότητος, ἐπιξενωθεὶς ἡμῖν« En effet, c'est ainsi que Haman, fils de Hamadathos, un Macédonien, en réalité étranger au sang perse, bien éloigné de notre générosité, avait bénéficié de notre hospitalité ;
11ἔτυχεν ἧς ἔχομεν πρὸς πᾶν ἔθνος φιλανθρωπίας ἐπὶ τοσοῦτον ὥστε ἀναγορεύεσθαι ἡμῶν πατέρα καὶ προσκυνούμενον ὑπὸ πάντων τὸ δεύτερον τοῦ βασιλικοῦ θρόνου πρόσωπον διατελεῖν,il avait rencontré l'amitié que nous portons à toute nation, au point d'être proclamé notre “père” et de devenir la seconde personnalité du trône royal, devant laquelle tous se prosternaient.
12οὐκ ἐνέγκας δὲ τὴν ὑπερηφανίαν ἐπετήδευσεν τῆς ἀρχῆς στερῆσαι ἡμᾶς καὶ τοῦ πνεύματοςMais il n'a pas contenu son orgueil, il s'est employé à nous priver du pouvoir et de la vie ;
13τόν τε ἡμέτερον σωτῆρα καὶ διὰ παντὸς εὐεργέτην Μαρδοχαῖον καὶ τὴν ἄμεμπτον τῆς βασιλείας κοινωνὸν Εσθηρ σὺν παντὶ τῷ τούτων ἔθνει πολυπλόκοις μεθόδων παραλογισμοῖς αἰτησάμενος εἰς ἀπώλειαν·par un tissu de mensonges frauduleux, il a réclamé, pour les anéantir, notre propre sauveur et constant bienfaiteur, Mardochée, et Esther, l'irréprochable compagne de notre royauté, ainsi que leur nation tout entière.
14διὰ γὰρ τῶν τρόπων τούτων ᾠήθη λαβὼν ἡμᾶς ἐρήμους τὴν τῶν Περσῶν ἐπικράτησιν εἰς τοὺς Μακεδόνας μετάξαι.Par ces moyens, en effet, il s'est imaginé, en nous tenant isolé, faire passer aux Macédoniens l'empire des Perses.
15ἡμεῖς δὲ τοὺς ὑπὸ τοῦ τρισαλιτηρίου παραδεδομένους εἰς ἀφανισμὸν Ιουδαίους εὑρίσκομεν οὐ κακούργους ὄντας, δικαιοτάτοις δὲ πολιτευομένους νόμοις,Mais nous, nous trouvons que les Juifs, livrés à la disparition par cette triple crapule, ne sont pas des malfaiteurs ; au contraire, ils s'administrent par des lois très justes ;
16ὄντας δὲ υἱοὺς τοῦ ὑψίστου μεγίστου ζῶντος θεοῦ τοῦ κατευθύνοντος ἡμῖν τε καὶ τοῖς προγόνοις ἡμῶν τὴν βασιλείαν ἐν τῇ καλλίστῃ διαθέσει. en outre, ils sont fils du Dieu vivant, le Très-Haut, le Très-Grand, qui gouverne le royaume avec droiture pour nous comme pour nos ancêtres dans les meilleures conditions.
17καλῶς οὖν ποιήσετε μὴ προσχρησάμενοι τοῖς ὑπὸ Αμαν Αμαδαθου ἀποσταλεῖσι γράμμασιν« Vous ferez donc bien de ne pas utiliser les lettres envoyées par Haman, le fils de Hamadathos,
18διὰ τὸ αὐτὸν τὸν ταῦτα ἐξεργασάμενον πρὸς ταῖς Σούσων πύλαις ἐσταυρῶσθαι σὺν τῇ πανοικίᾳ, τὴν καταξίαν τοῦ τὰ πάντα ἐπικρατοῦντος θεοῦ διὰ τάχους ἀποδόντος αὐτῷ κρίσιν, attendu que leur auteur a été crucifié à l'entrée de Suse avec toute sa famille. Dieu, souverain de toutes choses, lui a rendu ainsi sans délai le verdict qu'il méritait.
19τὸ δὲ ἀντίγραφον τῆς ἐπιστολῆς ταύτης ἐκθέντες ἐν παντὶ τόπῳ μετὰ παρρησίας ἐᾶν τοὺς Ιουδαίους χρῆσθαι τοῖς ἑαυτῶν νομίμοις« Après publication de la copie de cette lettre en tout lieu, laissez la liberté aux Juifs de suivre leurs propres coutumes ;
20καὶ συνεπισχύειν αὐτοῖς ὅπως τοὺς ἐν καιρῷ θλίψεως ἐπιθεμένους αὐτοῖς ἀμύνωνται τῇ τρισκαιδεκάτῃ τοῦ δωδεκάτου μηνὸς Αδαρ τῇ αὐτῇ ἡμέρᾳ·prêtez-leur main-forte afin que, ceux qui se seront attaqués à eux en un moment de détresse, ils les repoussent le treize du douzième mois (Adar), le même jour.
21ταύτην γὰρ ὁ πάντα δυναστεύων θεὸς ἀντ ὀλεθρίας τοῦ ἐκλεκτοῦ γένους ἐποίησεν αὐτοῖς εὐφροσύνην.Car Dieu qui exerce son pouvoir sur l'univers entier a transformé ce jour-là pour eux en jubilation au lieu de l'extermination de la race élue.
22καὶ ὑμεῖς οὖν ἐν ταῖς ἐπωνύμοις ὑμῶν ἑορταῖς ἐπίσημον ἡμέραν μετὰ πάσης εὐωχίας ἄγετε,Vous donc aussi, parmi vos fêtes commémoratives, célébrez ce grand jour par des réjouissances de toute sorte,
23ὅπως καὶ νῦν καὶ μετὰ ταῦτα σωτηρία ᾖ ἡμῖν καὶ τοῖς εὐνοοῦσιν Πέρσαις, τοῖς δὲ ἡμῖν ἐπιβουλεύουσιν μνημόσυνον τῆς ἀπωλείας.afin que, maintenant et pour l'avenir, ce soit le salut pour nous et pour les partisans des Perses, mais pour ceux qui conspirent contre nous un rappel de l'anéantissement.
24πᾶσα δὲ πόλις ἢ χώρα τὸ σύνολον, ἥτις κατὰ ταῦτα μὴ ποιήσῃ, δόρατι καὶ πυρὶ καταναλωθήσεται μετ ὀργῆς· οὐ μόνον ἀνθρώποις ἄβατος, ἀλλὰ καὶ θηρίοις καὶ πετεινοῖς εἰς τὸν ἅπαντα χρόνον ἔχθιστος κατασταθήσεται.Toute ville ou province en général, qui n'agira pas conformément à ces prescriptions, sera furieusement ravagée par la lance et le feu ; elle deviendra non seulement tabou pour les hommes, mais exécrable aussi pour les animaux sauvages et les oiseaux définitivement.

Chapitre 8

13τὰ δὲ ἀντίγραφα ἐκτιθέσθωσαν ὀφθαλμοφανῶς ἐν πάσῃ τῇ βασιλείᾳ, ἑτοίμους τε εἶναι πάντας τοὺς Ιουδαίους εἰς ταύτην τὴν ἡμέραν πολεμῆσαι αὐτῶν τοὺς ὑπεναντίους.« Que les copies soient affichées bien en vue dans tout le royaume, pour qu'au jour dit tous les Juifs soient prêts à faire la guerre à leurs adversaires. »Copie de l'écrit sera promulguée comme décret dans toute province et communiquée à tous les peuples, pour qu'au jour dit les Juifs soient prêts à se venger de leurs ennemis. »
14Οἱ μὲν οὖν ἱππεῖς ἐξῆλθον σπεύδοντες τὰ ὑπὸ τοῦ βασιλέως λεγόμενα ἐπιτελεῖν· ἐξετέθη δὲ τὸ πρόσταγμα καὶ ἐν Σούσοις.Les cavaliers sortirent donc en toute hâte exécuter les ordres du roi ; et le décret fut promulgué, même à Suse.Sur l'ordre du roi, les courriers montant les équipages de l'administration sortirent en toute hâte, à toute vitesse , et le décret fut promulgué à Suse-la-citadelle.
15ὁ δὲ Μαρδοχαῖος ἐξῆλθεν ἐστολισμένος τὴν βασιλικὴν στολὴν καὶ στέφανον ἔχων χρυσοῦν καὶ διάδημα βύσσινον πορφυροῦν· ἰδόντες δὲ οἱ ἐν Σούσοις ἐχάρησαν.Mardochée sortit alors, vêtu du vêtement royal, portant une couronne d'or et un diadème de lin écarlate. Lorsqu'ils le virent, les habitants de Suse furent en joie.Mardochée sortit alors de chez le roi, portant un vêtement royal de pourpre et de dentelle, une grande couronne d'or et un manteau de lin et d'écarlate. La ville de Suse criait et se réjouissait.
16τοῖς δὲ Ιουδαίοις ἐγένετο φῶς καὶ εὐφροσύνη·Pour les Juifs, ce fut lumière et jubilation.Pour les Juifs c'était lumière et joie, jubilation et honneur.
17κατὰ πόλιν καὶ χώραν, οὗ ἂν ἐξετέθη τὸ πρόσταγμα, οὗ ἂν ἐξετέθη τὸ ἔκθεμα, χαρὰ καὶ εὐφροσύνη τοῖς Ιουδαίοις, κώθων καὶ εὐφροσύνη, καὶ πολλοὶ τῶν ἐθνῶν περιετέμοντο καὶ ιουδάιζον διὰ τὸν φόβον τῶν Ιουδαίων.En chaque ville et en chaque province, là où était promulguée l'ordonnance, où était affiché l'édit, ce fut joie et jubilation pour les Juifs, ivresse et jubilation. Beaucoup de païens se soumettaient à la circoncision et se faisaient juifs par peur des Juifs.En chaque province et en chaque ville où étaient parvenus l'ordonnance du roi et son décret, c'était joie et jubilation pour les Juifs, c'était le banquet et la fête. Beaucoup de gens du pays se faisaient Juifs, car la terreur des Juifs tombait sur eux.

Chapitre 9

1Ἐν γὰρ τῷ δωδεκάτῳ μηνὶ τρισκαιδεκάτῃ τοῦ μηνός, ὅς ἐστιν Αδαρ, παρῆν τὰ γράμματα τὰ γραφέντα ὑπὸ τοῦ βασιλέως.En effet, le douzième mois, c'est-à-dire Adar, le treize du mois, les lettres écrites par le roi étaient arrivées à destination.Le douzième mois, c'est-à-dire Adar, le treize, jour où l'on devait exécuter l'ordonnance du roi et son décret, où les ennemis des Juifs espéraient dominer sur eux, il y eut un renversement de situation : ce sont les Juifs qui dominèrent sur ceux qui les détestaient.
2ἐν αὐτῇ τῇ ἡμέρᾳ ἀπώλοντο οἱ ἀντικείμενοι τοῖς Ιουδαίοις· οὐδεὶς γὰρ ἀντέστη φοβούμενος αὐτούς.Le jour même, furent anéantis les adversaires des Juifs. Personne ne tenait : on avait peur d'eux.Les Juifs s'unissaient en leurs villes, dans toutes les provinces du roi Xerxès, pour porter la main sur ceux qui cherchaient à leur faire du mal. Personne ne tenait devant eux, car leur terreur tombait sur tout le monde.
3οἱ γὰρ ἄρχοντες τῶν σατραπῶν καὶ οἱ τύραννοι καὶ οἱ βασιλικοὶ γραμματεῖς ἐτίμων τοὺς Ιουδαίους· ὁ γὰρ φόβος Μαρδοχαίου ἐνέκειτο αὐτοῖς.Les superpréfets, les princes et les secrétaires royaux avaient des égards pour les Juifs ; car leur peur de Mardochée les y poussait.Et tous les ministres des provinces, les satrapes, les gouverneurs et les fonctionnaires du roi soutenaient les Juifs, car la terreur de Mardochée était tombée sur eux.
4προσέπεσεν γὰρ τὸ πρόσταγμα τοῦ βασιλέως ὀνομασθῆναι ἐν πάσῃ τῇ βασιλείᾳ.L'ordonnance royale avait eu pour effet de répandre son nom dans tout le royaume.Oui, Mardochée était grand au palais, et sa réputation se répandait dans toutes les provinces. Oui, cet homme, Mardochée, allait grandissant.
5Les Juifs frappèrent alors tous leurs ennemis à coups d'épée, tuant et anéantissant. A ceux qui les détestaient, ils firent selon leur bon plaisir.
6καὶ ἐν Σούσοις τῇ πόλει ἀπέκτειναν οἱ Ιουδαῖοι ἄνδρας πεντακοσίουςDans la ville de Suse, les Juifs tuèrent cinq cents hommesA Suse-la-citadelle, les Juifs tuèrent, anéantissant cinq cents hommes ;
7τόν τε Φαρσαννεσταιν καὶ Δελφων καὶ Φασγαainsi que Pharsannestaïn, Delphôn, Phasga,et Parshândata, et Dalfôn, et Aspata,
8καὶ Φαρδαθα καὶ Βαρεα καὶ ΣαρβαχαPhardatha, Baréa, Sarbakha,et Porata, et Adalya, et Aridata
9καὶ Μαρμασιμα καὶ Αρουφαιον καὶ Αρσαιον καὶ Ζαβουθαιθαν,Marmasim, Arouphaïos, Arsaïos et Zabouthaïos,et Parmashta, et Arisaï et Waïzata,
10τοὺς δέκα υἱοὺς Αμαν Αμαδαθου Βουγαίου τοῦ ἐχθροῦ τῶν Ιουδαίων, καὶ διήρπασαν. ἐν αὐτῇ τῇ ἡμέρᾳles dix fils de Haman le Bougaïos, fils de Hamadathos, l'ennemi des Juifs. Puis ils se livrèrent au pillage. Le jour même,les dix fils de Haman, le fils de Hammedata, l'oppresseur des Juifs, ils les tuèrent. Mais ils ne cherchèrent pas à mettre la main sur le butin.
11ἐπεδόθη ὁ ἀριθμὸς τῷ βασιλεῖ τῶν ἀπολωλότων ἐν Σούσοις.on donna au roi le nombre des tués dans Suse.Le jour même le nombre des tués dans Suse-la-citadelle parvint jusqu'au roi.
12εἶπεν δὲ ὁ βασιλεὺς πρὸς Εσθηρ Ἀπώλεσαν οἱ Ιουδαῖοι ἐν Σούσοις τῇ πόλει ἄνδρας πεντακοσίους· ἐν δὲ τῇ περιχώρῳ πῶς οἴει ἐχρήσαντο; τί οὖν ἀξιοῖς ἔτι καὶ ἔσται σοι;Le roi dit alors à Esther : « A Suse, les Juifs ont tué cinq cents hommes. Comment, à ton avis, ont-ils procédé aux alentours ?... Que demandes-tu donc encore ? Tu l'auras aussi. »Le roi dit alors à Esther, la reine : « A Suse-la-citadelle, les Juifs ont tué, anéantissant cinq cents hommes plus les dix fils de Haman. Dans le reste des provinces royales, qu'est-ce qu'ils ont dû faire ! Mais quelle est ta demande ? Elle te sera accordée ! Quelle est encore ta requête ? Ce sera fait ! »
13καὶ εἶπεν Εσθηρ τῷ βασιλεῖ Δοθήτω τοῖς Ιουδαίοις χρῆσθαι ὡσαύτως τὴν αὔριον ὥστε τοὺς δέκα υἱοὺς κρεμάσαι Αμαν.Esther répondit au roi : « Qu'on accorde aux Juifs de procéder pareillement demain, de façon à pendre les dix fils de Haman. »Esther répondit : « S'il plaît au roi, que demain aussi il soit accordé aux Juifs de Suse d'agir selon le décret en vigueur aujourd'hui, et qu'on pende les dix fils de Haman au gibet. »
14καὶ ἐπέτρεψεν οὕτως γενέσθαι καὶ ἐξέθηκε τοῖς Ιουδαίοις τῆς πόλεως τὰ σώματα τῶν υἱῶν Αμαν κρεμάσαι.Il permit qu'il en soit ainsi, et, pour les Juifs de la ville, il promulgua un édit afin qu'ils pendent les corps des fils de Haman.– « Ainsi soit fait », dit le roi. Le décret fut promulgué à Suse. On pendit les dix fils de Haman.
15καὶ συνήχθησαν οἱ Ιουδαῖοι ἐν Σούσοις τῇ τεσσαρεσκαιδεκάτῃ τοῦ Αδαρ καὶ ἀπέκτειναν ἄνδρας τριακοσίους καὶ οὐδὲν διήρπασαν.Les Juifs de Suse se rassemblèrent donc le quatorze Adar ; ils tuèrent trois cents hommes, sans se livrer à aucun pillage.Les Juifs de Suse se rassemblèrent donc aussi le quatorze du mois d'Adar. A Suse, ils tuèrent trois cents hommes ; mais ils ne cherchèrent pas à mettre la main sur le butin.
16οἱ δὲ λοιποὶ τῶν Ιουδαίων οἱ ἐν τῇ βασιλείᾳ συνήχθησαν καὶ ἑαυτοῖς ἐβοήθουν καὶ ἀνεπαύσαντο ἀπὸ τῶν πολεμίων· ἀπώλεσαν γὰρ αὐτῶν μυρίους πεντακισχιλίους τῇ τρισκαιδεκάτῃ τοῦ Αδαρ καὶ οὐδὲν διήρπασαν.Quant à tous les autres Juifs du royaume, ils se rassemblèrent, se portant secours. Ils obtinrent de leurs attaquants le repos ; en effet ils avaient anéanti quinze mille personnes le treize Adar, sans se livrer à aucun pillage.Quant aux autres Juifs des provinces royales, ils se rassemblèrent, se tenant sur le qui-vive, obtenant de leurs ennemis le repos et tuant 75 000 de ceux qui les détestaient ; mais ils ne cherchèrent pas à mettre la main sur le butin.
17καὶ ἀνεπαύσαντο τῇ τεσσαρεσκαιδεκάτῃ τοῦ αὐτοῦ μηνὸς καὶ ἦγον αὐτὴν ἡμέραν ἀναπαύσεως μετὰ χαρᾶς καὶ εὐφροσύνης.Ils se reposèrent donc le quatorze du même mois et passèrent ce jour de repos en joie et jubilation,C'était le treize du mois d'Adar ; le quatorze ils se reposèrent et on en fit un jour de banquet et de joie,
18οἱ δὲ Ιουδαῖοι οἱ ἐν Σούσοις τῇ πόλει συνήχθησαν καὶ τῇ τεσσαρεσκαιδεκάτῃ καὶ οὐκ ἀνεπαύσαντο· ἦγον δὲ καὶ τὴν πεντεκαιδεκάτην μετὰ χαρᾶς καὶ εὐφροσύνης.tandis que les Juifs de la ville de Suse qui s'étaient rassemblés aussi le quatorze, sans prendre de repos, passèrent alors le quinze en joie et jubilation.tandis que les Juifs de Suse, qui s'étaient rassemblés le treize et le quatorze, se reposèrent le quinze dont on fit un jour de banquet et de joie.
19διὰ τοῦτο οὖν οἱ Ιουδαῖοι οἱ διεσπαρμένοι ἐν πάσῃ χώρᾳ τῇ ἔξω ἄγουσιν τὴν τεσσαρεσκαιδεκάτην τοῦ Αδαρ ἡμέραν ἀγαθὴν μετ εὐφροσύνης ἀποστέλλοντες μερίδας ἕκαστος τῷ πλησίον, οἱ δὲ κατοικοῦντες ἐν ταῖς μητροπόλεσιν καὶ τὴν πεντεκαιδεκάτην τοῦ Αδαρ ἡμέραν εὐφροσύνην ἀγαθὴν ἄγουσιν ἐξαποστέλλοντες μερίδας τοῖς πλησίον.– C'est pourquoi les Juifs, dispersés dans toutes les provinces à l'étranger, célèbrent donc le quatorze Adar comme un jour faste dans la jubilation, en s'envoyant mutuellement des portions. Mais les habitants des métropoles célèbrent aussi le quinze Adar comme un jour faste et de jubilation, en s'envoyant des portions.C'est pourquoi les Juifs ruraux, habitant les bourgades rurales, font du quatorze du mois d'Adar un jour de joie, de banquet, de fête, en s'envoyant mutuellement des portions.
20Ἔγραψεν δὲ Μαρδοχαῖος τοὺς λόγους τούτους εἰς βιβλίον καὶ ἐξαπέστειλεν τοῖς Ιουδαίοις, ὅσοι ἦσαν ἐν τῇ Ἀρταξέρξου βασιλείᾳ, τοῖς ἐγγὺς καὶ τοῖς μακράν,Mardochée mit ces choses par écrit dans un livre qu'il envoya à tous les Juifs qui se trouvaient dans le royaume d'Artaxerxès, aux plus éloignés comme aux plus proches,Mardochée mit ces choses par écrit, et il envoya des lettres à tous les Juifs de toutes les provinces du roi Xerxès, aux plus éloignés comme aux plus proches,
21στῆσαι τὰς ἡμέρας ταύτας ἀγαθὰς ἄγειν τε τὴν τεσσαρεσκαιδεκάτην καὶ τὴν πεντεκαιδεκάτην τοῦ Αδαρafin d'instituer la célébration de ces jours fastes, le quatorze et le quinze Adar –afin d'instituer pour eux la célébration annuelle du quatorze du mois d'Adar, ainsi que du quinze –
22ἐν γὰρ ταύταις ταῖς ἡμέραις ἀνεπαύσαντο οἱ Ιουδαῖοι ἀπὸ τῶν ἐχθρῶν αὐτῶν – καὶ τὸν μῆνα, ἐν ᾧ ἐστράφη αὐτοῖς [ὃς ἦν Αδαρ] ἀπὸ πένθους εἰς χαρὰν καὶ ἀπὸ ὀδύνης εἰς ἀγαθὴν ἡμέραν, ἄγειν ὅλον ἀγαθὰς ἡμέρας γάμων καὶ εὐφροσύνης ἐξαποστέλλοντας μερίδας τοῖς φίλοις καὶ τοῖς πτωχοῖς. car en ces jours-là les Juifs avaient obtenu de leurs ennemis le repos – ainsi que de ce mois d'Adar où la situation avait été renversée en leur faveur, passant du deuil à la joie et du tourment à un jour faste ; ce mois serait célébré tout entier comme jours fastes de noces et de jubilation, avec envoi de portions aux amis et aux pauvres.comme jours où les Juifs avaient obtenu de leurs ennemis le repos et mois où il y avait eu pour eux le renversement de situation, le passage du tourment à la joie et du deuil à la fête : il en faisait des jours de banquet et de joie, avec envoi de portions les uns aux autres et de cadeaux aux pauvres.
23καὶ προσεδέξαντο οἱ Ιουδαῖοι, καθὼς ἔγραψεν αὐτοῖς ὁ Μαρδοχαῖος,Les Juifs acceptèrent en conformité avec ce que Mardochée leur avait écrit :Les Juifs acceptèrent la tradition de ce qu'ils avaient commencé à faire et de ce que Mardochée leur avait écrit :
24πῶς Αμαν Αμαδαθου ὁ Μακεδὼν ἐπολέμει αὐτούς, καθὼς ἔθετο ψήφισμα καὶ κλῆρον ἀφανίσαι αὐτούς,comment le Macédonien Haman, fils de Hamadathos, leur avait fait la guerre, comment il avait posé un décret et tiré au sort pour les faire disparaître,que Haman le fils de Hammedata, l'Agaguite, oppresseur de tous les Juifs, avait combiné contre les Juifs de les anéantir ; qu'il avait tiré au Destin, c'est-à-dire au sort, pour leur amener le trouble et les anéantir ;
25καὶ ὡς εἰσῆλθεν πρὸς τὸν βασιλέα λέγων κρεμάσαι τὸν Μαρδοχαῖον· ὅσα δὲ ἐπεχείρησεν ἐπάξαι ἐπὶ τοὺς Ιουδαίους κακά, ἐπ αὐτὸν ἐγένοντο, καὶ ἐκρεμάσθη αὐτὸς καὶ τὰ τέκνα αὐτοῦ.comment il était venu chez le roi pour lui dire de faire pendre Mardochée ; mais tous les malheurs qu'il avait entrepris d'amener sur les Juifs, c'est sur lui qu'ils s'étaient produits et il avait été pendu, lui et ses enfants.mais que, lorsque c'était venu devant le roi, celui-ci avait déclaré par écrit que la machination méchante que Haman avait combinée contre les Juifs retomberait sur sa tête et qu'on le pendrait au gibet, lui et ses fils.
26διὰ τοῦτο ἐπεκλήθησαν αἱ ἡμέραι αὗται Φρουραι διὰ τοὺς κλήρους, ὅτι τῇ διαλέκτῳ αὐτῶν καλοῦνται Φρουραι, διὰ τοὺς λόγους τῆς ἐπιστολῆς ταύτης καὶ ὅσα πεπόνθασιν διὰ ταῦτα καὶ ὅσα αὐτοῖς ἐγένετο·C'est pourquoi ces jours-là ont été appelés Destinées : à cause des sorts (car dans leur dialecte, on les appelle des « destinées »), vu les termes de cette lettre, du fait de tout ce qu'ils avaient souffert pour cette raison et de tout ce qui leur était arrivé.C'est pourquoi on a appelé ces jours-là : Destinées, du mot Destin. C'est pourquoi à cause de tous les termes de cette missive, de ce qu'ils avaient vu à ce sujet et de ce qui leur était arrivé,
27καὶ ἔστησεν καὶ προσεδέχοντο οἱ Ιουδαῖοι ἐφ ἑαυτοῖς καὶ ἐπὶ τῷ σπέρματι αὐτῶν καὶ ἐπὶ τοῖς προστεθειμένοις ἐπ αὐτῶν οὐδὲ μὴν ἄλλως χρήσονται· αἱ δὲ ἡμέραι αὗται μνημόσυνον ἐπιτελούμενον κατὰ γενεὰν καὶ γενεὰν καὶ πόλιν καὶ πατριὰν καὶ χώραν·Mardochée en a fait une institution et les Juifs ont accepté pour eux-mêmes, pour leur descendance et pour leurs adeptes. Sans aucun doute, ils ne procéderont pas autrement. Ces jours seront un rappel accompli de génération en génération, en chaque ville, chaque famille, chaque province.les Juifs en ont fait une institution et l'ont acceptée pour eux-mêmes, pour leur descendance et pour tous leurs adeptes : on ne manquera pas d'observer chaque année ces deux jours selon leurs prescriptions et selon leurs dates.
28αἱ δὲ ἡμέραι αὗται τῶν Φρουραι ἀχθήσονται εἰς τὸν ἅπαντα χρόνον, καὶ τὸ μνημόσυνον αὐτῶν οὐ μὴ ἐκλίπῃ ἐκ τῶν γενεῶν.Ces jours des Destinées seront célébrés tout au long des temps. Surtout, que le rappel ne s'en efface pas de la postérité !Ces jours sont commémorés et observés de génération en génération, dans chaque famille, chaque province, chaque ville. Ces jours des Destinées ne s'effaceront pas du milieu des Juifs, et la commémoration en sera sans fin dans la race des Juifs.
29καὶ ἔγραψεν Εσθηρ ἡ βασίλισσα θυγάτηρ Αμιναδαβ καὶ Μαρδοχαῖος ὁ Ιουδαῖος ὅσα ἐποίησαν τό τε στερέωμα τῆς ἐπιστολῆς τῶν Φρουραι.Esther, la reine, la fille d'Aminadab, et Mardochée, le Juif, mirent par écrit tous leurs actes ainsi que la confirmation de la lettre des Destinées.Esther, la reine, la fille d'Avihaïl, et Mardochée, le Juif, écrivirent très instamment, pour confirmer cette missive des Destinées.
30Et l'on envoya des lettres à tous les Juifs, aux cent vingt-sept provinces royales de Xerxès : paroles de paix et de fidélité,
31καὶ Μαρδοχαῖος καὶ Εσθηρ ἡ βασίλισσα ἔστησαν ἑαυτοῖς καθ ἑαυτῶν καὶ τότε στήσαντες κατὰ τῆς ὑγιείας αὐτῶν καὶ τὴν βουλὴν αὐτῶν·Mardochée et Esther, la reine, avaient fait une institution pour eux en ce qui les concerne, faisant aussi alors de leur résolution une institution en vue de leur propre santé.instituant ces jours des Destinées à leurs dates ainsi que les avaient institués pour eux Mardochée le Juif et Esther la reine ; ils les avaient institués pour eux-mêmes et pour leur descendance, ordonnant des jeûnes et des clameurs.
32καὶ Εσθηρ λόγῳ ἔστησεν εἰς τὸν αἰῶνα, καὶ ἐγράφη εἰς μνημόσυνον.Par sa parole, Esther en a fait une institution perpétuelle ; puis on l'a mise par écrit pour qu'on en garde mémoire.La parole d'Esther institua les ordonnances des Destinées : cela a été inscrit dans le Livre.

Chapitre 10

1Ἔγραψεν δὲ ὁ βασιλεὺς τέλη ἐπὶ τὴν βασιλείαν τῆς τε γῆς καὶ τῆς θαλάσσης.Le roi légiférait pour le royaume, sur terre et sur mer.Le roi Xerxès fixa un impôt sur le continent et sur les îles de la mer.
2καὶ τὴν ἰσχὺν αὐτοῦ καὶ ἀνδραγαθίαν πλοῦτόν τε καὶ δόξαν τῆς βασιλείας αὐτοῦ, ἰδοὺ γέγραπται ἐν βιβλίῳ βασιλέων Περσῶν καὶ Μήδων εἰς μνημόσυνον.Sa puissance et sa vaillance, la richesse et la gloire de son royaume, voilà qu'on les mettait par écrit dans le livre des rois de Perse et de Médie, pour qu'on en garde mémoire.Tous ses actes de puissance et de vaillance, ainsi que les détails de la grandeur de Mardochée à qui le roi avait donné une haute situation, ces choses ne sont-elles pas inscrites dans le livre des Annales des rois de Médie et de Perse ?
3ὁ δὲ Μαρδοχαῖος διεδέχετο τὸν βασιλέα Ἀρταξέρξην καὶ μέγας ἦν ἐν τῇ βασιλείᾳ καὶ δεδοξασμένος ὑπὸ τῶν Ιουδαίων· καὶ φιλούμενος διηγεῖτο τὴν ἀγωγὴν παντὶ τῷ ἔθνει αὐτοῦ.Or Mardochée succéda au roi Artaxerxès. C'était un grand homme dans le royaume, et il était glorifié par les Juifs. Bien-aimé de toute sa nation, il leur racontait quelle avait été sa conduite.Oui, Mardochée le Juif était le second du royaume, après Xerxès. Pour les Juifs il était un grand homme, aimé de la multitude de ses frères, cherchant le bien de son peuple et déclarant la paix à toute sa race.

Chapitre F

1Καὶ εἶπεν Μαρδοχαῖος Παρὰ τοῦ θεοῦ ἐγένετο ταῦτα·Et Mardochée disait : « C'est de Dieu que ces événements sont venus.
2ἐμνήσθην γὰρ περὶ τοῦ ἐνυπνίου, οὗ εἶδον περὶ τῶν λόγων τούτων· οὐδὲ γὰρ παρῆλθεν ἀπ αὐτῶν λόγος.Je me rappelle en effet le songe que j'ai vu à ce sujet ; et, de fait, rien n'en a été omis :
3ἡ μικρὰ πηγή, ἣ ἐγένετο ποταμὸς καὶ ἦν φῶς καὶ ἥλιος καὶ ὕδωρ πολύ· Εσθηρ ἐστὶν ὁ ποταμός, ἣν ἐγάμησεν ὁ βασιλεὺς καὶ ἐποίησεν βασίλισσαν.« La petite source, qui est devenue fleuve ; puis il y a eu une lumière en plus du soleil, et une eau abondante. Le fleuve, c'est Esther, que le roi a épousée et faite reine.
4οἱ δὲ δύο δράκοντες ἐγώ εἰμι καὶ Αμαν.Les deux dragons, c'est Haman et moi.
5τὰ δὲ ἔθνη τὰ ἐπισυναχθέντα ἀπολέσαι τὸ ὄνομα τῶν Ιουδαίων.Les nations sont celles qui se sont rassemblées pour anéantir le nom des Juifs.
6τὸ δὲ ἔθνος τὸ ἐμόν, οὗτός ἐστιν Ισραηλ οἱ βοήσαντες πρὸς τὸν θεὸν καὶ σωθέντες· καὶ ἔσωσεν κύριος τὸν λαὸν αὐτοῦ, καὶ ἐρρύσατο κύριος ἡμᾶς ἐκ πάντων τῶν κακῶν τούτων, καὶ ἐποίησεν ὁ θεὸς τὰ σημεῖα καὶ τὰ τέρατα τὰ μεγάλα, ἃ οὐ γέγονεν ἐν τοῖς ἔθνεσιν.La nation qui est la mienne, c'est Israël, ceux qui ont crié vers Dieu et qui ont été sauvés. Le Seigneur a sauvé son peuple ! Le Seigneur nous a arrachés à tous ces malheurs-là ! Dieu a accompli des signes et des prodiges magnifiques, qui ne se sont pas produits chez les païens !
7διὰ τοῦτο ἐποίησεν κλήρους δύο, ἕνα τῷ λαῷ τοῦ θεοῦ καὶ ἕνα πᾶσι τοῖς ἔθνεσιν·C'est pourquoi il a fait deux sorts, un pour le peuple de Dieu, un autre pour tous les païens.
8καὶ ἦλθον οἱ δύο κλῆροι οὗτοι εἰς ὥραν καὶ καιρὸν καὶ εἰς ἡμέραν κρίσεως ἐνώπιον τοῦ θεοῦ καὶ ἐν πᾶσι τοῖς ἔθνεσιν,Or ces deux sorts sont advenus à l'heure, au temps et au jour du jugement devant Dieu et pour tous les païens.
9καὶ ἐμνήσθη ὁ θεὸς τοῦ λαοῦ αὐτοῦ καὶ ἐδικαίωσεν τὴν κληρονομίαν αὐτοῦ.Dieu s'est rappelé son peuple et a rendu justice à son propre patrimoine.
10καὶ ἔσονται αὐτοῖς αἱ ἡμέραι αὗται ἐν μηνὶ Αδαρ τῇ τεσσαρεσκαιδεκάτῃ καὶ τῇ πεντεκαιδεκάτῃ τοῦ αὐτοῦ μηνὸς μετὰ συναγωγῆς καὶ χαρᾶς καὶ εὐφροσύνης ἐνώπιον τοῦ θεοῦ κατὰ γενεὰς εἰς τὸν αἰῶνα ἐν τῷ λαῷ αὐτοῦ Ισραηλ.Donc ces jours, au mois d'Adar, le quatorze et le quinze du même mois, comporteront pour eux une assemblée, des manifestations de joie et jubilation devant Dieu, à chaque génération, pour toujours, chez son peuple, Israël. »
11Ἔτους τετάρτου βασιλεύοντος Πτολεμαίου καὶ Κλεοπάτρας εἰσήνεγκεν Δωσίθεος, ὃς ἔφη εἶναι ἱερεὺς καὶ Λευίτης, καὶ Πτολεμαῖος ὁ υἱὸς αὐτοῦ τὴν προκειμένην ἐπιστολὴν τῶν Φρουραι, ἣν ἔφασαν εἶναι καὶ ἑρμηνευκέναι Λυσίμαχον Πτολεμαίου τῶν ἐν Ιερουσαλημ.La quatrième année du règne de Ptolémée et de Cléopâtre, Dosithos, se déclarant prêtre et lévite, ainsi que son fils Ptolémée apportèrent la lettre ci-dessus. Ils affirmaient que celle-ci était la lettre des Destinées et qu'elle avait été traduite par Lysimaque, fils de Ptolémée, de ceux de Jérusalem.

empire perseau 6e s. av. J.C.

Empire perse (- 550 à 330) à son apogée

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